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Décryptage

PACES : passer le cap de la première année

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L’engouement des jeunes pour la médecine ne faiblissant pas, la première année est très sélective. // © Flickr / CleverCupCakes
L’engouement des jeunes pour la médecine ne faiblissant pas, la première année est très sélective. // © Flickr / CleverCupCakes

Vous rêvez d’endosser la blouse blanche et d’embrasser une carrière médicale ? Avant de vous engager dans des études longues (de neuf à onze ans) marquées par une sélection drastique à l’issue de la première année, demandez-vous si vous avez le profil.

Ne réussit pas les études de médecine qui veut, surtout la première année. Même si tout est possible à un concours, les statistiques jouent en faveur d’un certain profil de candidat. La sélection est sévère : si le nombre de places au concours a régulièrement augmenté (de 5.100 places en 2003 à 7.676 en 2016), l’engouement des jeunes pour la médecine n'a pas non plus vraiment faibli.

La mise en place, à la rentrée 2010, de la PACES (première année commune aux études de santé) pour les futurs médecins, dentistes, pharmaciens et sages-femmes n'a que peu changé la donne en matière de résultats aux concours et n'a pas diversifié le profil des candidats qui suivent des études médicales.

Aujourd’hui, alors que n’importe quel lycéen peut s’inscrire en médecine, plus de 95 % des étudiants de première année sont issus de la filière S. Et ce pourcentage s’élève même à 99 % en deuxième année. Pour tenter de changer cela, dix universités expérimentent des filières alternatives à la PACES depuis la rentrée 2014 ou la rentrée 2015 : Angers, Auvergne, Paris 5, Paris 7, Paris 13, Poitiers, Tours, Saint-Étienne, Rouen et Strasbourg.

Des cours variés

Côté cours, la PACES s’appuie sur un programme national. Certaines facs de méde­cine, très "matheuses" à l’origine, ont ainsi dû revoir à la baisse le nombre d'heures d’enseignements scientifiques. À l’inverse, d’autres universités réputées pour leur coloration "sciences humaines et sociales et disciplines médicales fondamentales (biologie cellulaire, embryologie, anatomie…)" ont réajusté leur niveau en sciences dures (biochimie, biophysique, chimie, physique…). Une partie "médicaments" a également été ajoutée. Chaque établissement publie son programme complet sur Internet.

À lire aussi : Le classement 2016 des facs de médecine

Un concours en janvier, quatre en juin

La PACES implique également des méthodes d’enseignement particulières. La vidéotransmission sur un ou plusieurs sites, par exemple, est monnaie courante.

La principale révolution concerne le concours. À l’issue du premier semestre, tous les étudiants en passent un seul et unique. Ils sont jugés sur les cours qu’ils ont suivis en commun. Mais, selon les filières (médecine, sage-femme, pharmacie ou dentaire), des coefficients différents sont attribués aux matières. Par exemple, l’anatomie peut être affectée d’un coefficient 4 en médecine et 2 en pharmacie, tandis que la connaissance des médicaments peut avoir un coefficient 4 en médecine et 6 en pharmacie. Ainsi, selon leurs  résultats du premier semestre, les étudiants peuvent évaluer leur niveau et leurs chances pour présenter de un seul (la grande majorité) à quatre concours en fin d’année.

Au second semestre, les étudiants conservent un tronc commun, mais suivent un module spécifique à la (ou les) filière(s) choisie(s) (quatre matières). Toutefois, certaines disciplines peuvent se retrouver dans le programme de filières différentes. Par exemple, le cours "anatomie de la tête et du cou" se trouve à la fois dans le module médecine et dans le module dentaire. Le candidat qui passe quatre concours n’est donc pas trop pénalisé par rapport à celui qui n’en passe qu’un.

En fin de second semestre, les étudiants passent les épreuves des matières du tronc commun et leurs épreuves spécifiques à leur filière. Selon leur classement final, la procédure de choix se met en place.

En cas d'échec…

En fin d'année, les candidats qui ne sont pas suffisamment bien classés peuvent redoubler (sous certaines conditions) ou changer d’orientation avec la possibilité de retenter leur chance plus tard.

Des dispositifs de réorientation précoce vers d’autres filières (à la fin du premier semestre) ont été mis en place. Vous ne perdrez donc pas votre temps si les études médicales ne sont pas faites pour vous.

Une mention au bac n'est pas une garantie

Les meilleurs réussiront, eux, le concours de leur choix. Mais les statistiques ne jouent pas qu’en faveur des bons élèves. Certes, les titulaires d’une mention passable au bac ne représentent qu'environ un tiers des inscrits en première année et 5  à 10 % seulement des étudiants de deuxième année, selon les facs. Mais, en première année, la plupart des enseignements sont nouveaux. Les compteurs sont donc "remis à zéro".

Certains élèves, lassés du lycée, se révèlent sur les bancs de l’université. "Le concours reste accessible si l'on a de bonnes capacités de travail et si on les mobilise. Évidemment, cela sera plus difficile si vous étiez déjà à fond en ­terminale", prévient Bertrand Boutillier, médecin généraliste, créateur du site remede.org.

Six métiers paramédicaux après une PACES

Dans six filières paramédicales, les écoles ont la pos­sibilité – quand ce n'est pas l'obligation – de recruter des étudiants issus de PACES. C'est le cas pour les ergothérapeutes, les manipulateurs en électrora­diologie médicale, les masseurs-kinésithérapeutes, les pédicures-podologues, les psychomotriciens et les techniciens en analyses biomé­dicales.
Chacune des écoles reste libre de sa procédure de recrutement. Il existe d'autres métiers paramédicaux qui peuvent également vous intéresser : infirmier, orthophoniste, orthoptiste... Ces formations accessibles sur concours durent trois ans (cinq pour orthophoniste).

Sommaire du dossier
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