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Décryptage

PACES : passer le cap de la première année

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L’engouement des jeunes pour la médecine ne faiblissant pas, la première année est très sélective. // © Flickr / CleverCupCakes
L’engouement des jeunes pour la médecine ne faiblissant pas, la première année est très sélective. // © Flickr / CleverCupCakes

Vous rêvez d’endosser la blouse blanche et d’embrasser une carrière médicale ? Avant de vous engager dans des études longues (de neuf à onze ans) marquées par une sélection drastique à l’issue de la première année, demandez-vous si vous avez le profil.

Ne réussit pas les études de médecine qui veut, surtout la première année. Même si tout est possible à un concours, les statistiques jouent en faveur d’un certain profil de candidat. La sélection est sévère : si le nombre de places au concours a régulièrement augmenté (de 5.100 places en 2003 à 8.124 en 2017), l’engouement des jeunes pour la médecine n'a pas non plus vraiment faibli.

La mise en place, à la rentrée 2010, de la PACES (première année commune aux études de santé) pour les futurs médecins, dentistes, pharmaciens et sages-femmes n'a que peu changé la donne en matière de résultats aux concours et n'a pas diversifié le profil des candidats qui suivent des études médicales.

Aujourd’hui, alors que n’importe quel lycéen peut s’inscrire en médecine, environ 90 % des étudiants de première année sont issus de la filière S. Pour tenter de changer cela, dix universités expérimentent des filières alternatives à la PACES depuis la rentrée 2014 ou la rentrée 2015 : Angers, Auvergne, Paris 5, Paris 7, Paris 13, Poitiers, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg et Tours.

Des cours variés

Côté cours, la PACES s’appuie sur un programme national. Certaines facs de méde­cine, très orientées "maths" à l’origine, ont ainsi dû revoir à la baisse le nombre d'heures d’enseignements scientifiques. À l’inverse, d’autres universités réputées pour leur coloration "sciences humaines et sociales et disciplines médicales fondamentales" (biologie cellulaire, embryologie, anatomie…) ont réajusté leur niveau en sciences dures (biochimie, biophysique, chimie, physique…). Une partie "médicaments" est aussi au menu. Chaque établissement publie son programme complet sur Internet.

Lire aussi : PACES : le classement des facs de médecine

Un concours en janvier, quatre en juin

La PACES implique également des méthodes d’enseignement particulières. La vidéotransmission sur un ou plusieurs sites, par exemple, est monnaie courante.

À l’issue du premier semestre, tous les étudiants passent un concours unique. Ils sont jugés sur les cours qu’ils ont suivis en commun. Mais, selon les filières – médecine, maïeutique (formation de sage-femme), pharmacie ou dentaire –, des coefficients différents sont attribués aux matières. Par exemple, l’anatomie peut être affectée d’un coefficient 4 en médecine et 2 en pharmacie, tandis que la connaissance des médicaments peut avoir un coefficient 4 en médecine et 6 en pharmacie. Ainsi, selon leurs  résultats du premier semestre, les étudiants peuvent évaluer leur niveau et leurs chances pour présenter de un seul (la grande majorité) à quatre concours en fin d’année.

Lire aussi : Les concours de PACES, mode d’emploi

Au second semestre, les étudiants conservent un tronc commun, mais suivent un module spécifique à la (ou aux) filière(s) choisie(s) – quatre matières. Toutefois, certaines disciplines peuvent se retrouver dans le programme de filières différentes. Par exemple, le cours "anatomie de la tête et du cou" se trouve à la fois dans le module médecine et dans le module dentaire. Le candidat qui se présente à quatre concours n’est donc pas trop pénalisé par rapport à celui qui n’en passe qu’un.

En fin de second semestre, les étudiants passent les épreuves des matières du tronc commun et les épreuves spécifiques à leur(s) filière(s). Selon leur classement final, la procédure de choix se met en place.

En cas d'échec…

En fin d'année, les candidats qui ne sont pas suffisamment bien classés peuvent redoubler (sous certaines conditions) ou changer d’orientation avec la possibilité de retenter leur chance plus tard.

Des dispositifs de réorientation précoce vers d’autres filières (à la fin du premier semestre) ont été mis en place. Vous ne perdrez donc pas votre temps si les études médicales ne sont pas faites pour vous.

Lire aussi : Quelles études pour travailler dans le secteur paramédical, avec ou sans le bac ?

Une mention au bac n'est pas une garantie

Les meilleurs étudiants réussiront, eux, le concours de leur choix. Mais les statistiques ne jouent pas qu’en faveur des bons élèves. Certes, les titulaires d’une mention passable au bac ne représentent que 5 à 10 % des étudiants de deuxième année, selon les facs, contre environ un tiers des inscrits en première année. Mais, en première année, la plupart des enseignements sont nouveaux. Les compteurs sont donc remis à zéro. Certains élèves, qui étaient lassés des matières du lycée, se révèlent sur les bancs de l’université.

"Le concours reste accessible si l'on a de bonnes capacités de travail et si on les mobilise. Évidemment, cela sera plus difficile si vous étiez déjà à fond en ­terminale", prévient Bertrand Boutillier, médecin généraliste, créateur des sites remede.org et medshake.net. Et ça, il n'y a que vous pour le savoir…

Le "numerus clausus" 2017

Le "numerus clausus" désigne le nombre d'étudiants admis dans une formation. Il est fixé chaque année dans un arrêté publié au Journal officiel. L'objectif est de contrôler le nombre de praticiens de santé et les dépenses de la Sécurité sociale.

Médecine : 8.124
Odontologie : 1.199
Pharmacie : 3.105
Maïeutique (sage-femme) : 1.000

Sommaire du dossier
PACES : le guide de survie en première année Médecine : prêt pour une dizaine d'années d'études ? Pharmacie : de l’amphi aux officines Dentaire : de la théorie au travail manuel Sage-femme : un cursus en quatre ans