1. PACES vs AlterPACES : le match des concours
Décryptage

PACES vs AlterPACES : le match des concours

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PACES ou AlterPACES : pour faire médecine, pharmacie, sage-femme ou dentaire, on peut aujourd'hui choisir. // © plainpicture/Cultura/Henry Arden
PACES ou AlterPACES : pour faire médecine, pharmacie, sage-femme ou dentaire, on peut aujourd'hui choisir. // © plainpicture/Cultura/Henry Arden

PACES ou AlterPACES ? L'Etudiant a comparé les deux principales voies d’accès aux études de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique. Durée, difficulté, profil des étudiants, mode d'admission : tout différencie ces deux parcours.

D’un côté, la PACES (première année commune aux études de santé), des concours très difficilesseulement 37 % de réussite en un ou deux ans toutes filières confondues – organisés en deux temps sur toute une année. Si la PACES accueille tous les profils, les bacheliers scientifiques représentent 90 % des effectifs.

De l’autre, les expérimentations AlterPACES, mises en place à partir de 2014 pour encourager les vocations tardives et diversifier le profil des futurs professionnels de la santé. Cette voie d’accès implique de valider, haut la main, une deuxième ou troisième année de licence, ainsi que de nombreux enseignements scientifiques complémentaires. Le dispositif AlterPACES n’offre qu’une seule et unique chance, bien que les primants de la PACES puissent candidater.

Une quinzaine d'universités permettent ainsi à tous les étudiants ayant validé leur licence d’intégrer la deuxième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques, maïeutiques. La part des places attribuées aux étudiants AlterPACES varie d’une université à l’autre. Par exemple, pour la rentrée 2018, cette part s’élève à 7 % pour chacune des quatre filières (médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique) de l’université Aix-Marseille, mais à 30 % en pharmacie à la faculté de Reims.

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Pour le moment, les places AlterPACES sont rarement toutes attribuées. "Nous offrons chaque année sept places en médecine et trois en pharmacie, indique Nathalie Perek, responsable PACES et AlterPACES à l'université Jean-Monnet de Saint-Étienne. Jusqu'à présent, nous ne remplissons pas parce que les candidats ne sont pas assez nombreux et pas toujours au niveau."

PACES et AlterPACES, même combat ?

L'admission au dispositif AlterPACES est à elle seule un parcours du combattant. De manière générale, il faut tout d'abord obtenir une lettre d'appui du responsable de sa licence pour pouvoir déposer un dossier de candidature en deuxième ou troisième année de licence. Pour convaincre le jury, mieux vaut se situer dans le premier quartile de sa promotion, mais aussi faire preuve d'une motivation et d'une capacité de travail sans faille. Contrairement à la PACES, les candidats ne peuvent prétendre qu'à une seule des quatre filières de santé.

Les étudiants autorisés à suivre le dispositif AlterPACES – parfois après un stage obligatoire – doivent valider plusieurs UEC (unités d'enseignements complémentaires), dont le nombre et la nature varient selon le type de licence suivie. Ces UEC sont regroupées en quatre modules : sciences exactes (physique, chimie), sciences biologiques (biochimie, génétique), science de la santé (anatomie, physiologie), sciences humaines et santé publique (droit de la santé, sociologie). Il faut en moyenne compter entre 200 et 300 heures de cours en plus.

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La charge de travail supplémentaire par rapport à une licence classique est donc très importante, et ce afin de permettre aux étudiants AlterPACES d'acquérir quasiment autant de connaissances scientifiques que les étudiants en PACES. Il est donc préférable, pour ne pas dire indispensable, de commencer à suivre (à distance et à son rythme) les cours AlterPACES dès le début de la deuxième année de fac.

Par ailleurs, les contraintes de temps sont très différentes d'une trajectoire à l'autre. La PACES suppose d'être capable d'assimiler rapidement un grand nombre de notions et de les restituer dans des épreuves de rapidité comme des QCM (questionnaires à choix multiples). À l'inverse, AlterPACES offre la possibilité d'apprendre et de comprendre sur plusieurs années, avec une pression bien moins importante et des examens composés d'exercices rédactionnels.

Où réussit-on le mieux ?

En PACES, le passage en deuxième année dépend uniquement du classement au concours. En fin de troisième année de licence, les étudiants AlterPACES se présentent devant un jury. Les connaissances scientifiques sont alors mises de côté pour sonder la motivation et la personnalité de chaque candidat. Des critères qui n'entrent pas en ligne de compte dans le concours PACES. "Pour valider une licence en plus des UEC et défendre son parcours devant le jury final, il faut avoir de l'intérêt pour la licence suivie", constate Valentine Auzary, 22 ans, étudiante en deuxième année de médecine à l'université Paris-Diderot, passée par la PACES, une licence de psychologie clinique et AlterPACES. "Pour moi, AlterPACES ne peut donc pas être un choix postbac, mais une réorientation en cours de route", ajoute-t-elle.

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Difficile de comparer le pourcentage de réussite aux épreuves, d'autant plus que les universités se montrent réticentes à le communiquer. "Sur le papier, la voie alternative semble plus facile", explique Anh Tuan Dinh-Xuan, responsable AlterPACES à l'université Paris-Descartes, avant de comparer les taux de réussite en médecine dans sa faculté : environ 15 % pour les primants de la PACES, et près de 55 % via AlterPACES (dont une majorité de bacheliers S).

"Le dispositif AlterPACES est encore peu connu et son taux de réussite est calculé à partir d'un nombre de candidats très faible, avoue Anh Tuan Dinh-Xuan. Pour le moment, il ne veut donc pas dire grand-chose." Le dispositif AlterPACES va se poursuivre en 2018. Au cours de cette même année, le ministère de l'Enseignement supérieur présentera un rapport au Parlement afin de pérenniser les expérimentations jugées pertinentes.