1. La rentrée en PACES : "On a renversé mon café. Devinez quoi, c'était une primante !"
Reportage

La rentrée en PACES : "On a renversé mon café. Devinez quoi, c'était une primante !"

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Il reste des places... ou pas. Les petits papiers marquent celles qui sont réservées. // © Martin Rhodes
Il reste des places... ou pas. Les petits papiers marquent celles qui sont réservées. // © Martin Rhodes

Deux semaines après la rentrée, les bacheliers s'habituent peu à peu aux us et coutumes de la PACES. Entre taquineries des "doublants" et courses aux places en amphi, reportage à l'UFR des sciences de la santé de l'université de Versailles–Saint-Quentin-en-Yvelines.

En ce lundi matin, il fait à peine jour mais l'amphi 1 de l'UFR (unité de formation et de recherche) des sciences de la santé Simone-Veil de l'UVSQ (université de Versailles–Saint-Quentin-en-Yvelines) est déjà quasiment plein. Les bacheliers de l'année, appelés "primants", ont pris place au plus près de l'estrade pour ne pas être dérangés par les "hurluberlus du fond", c'est-à-dire "les doublants", les étudiants qui tentent à nouveau les concours de la PACES (première année commune aux études de santé). L'un d'eux se faufile dans une rangée sous une pluie de rires et de boulettes en papier. Une doublante entre en criant : "On a renversé mon café. Devinez quoi, c'était une primante". Malgré l'heure matinale, l'amphi est déjà bien animé.

Les primants devant

Anne-Lise, qui a obtenu son bac S en juillet 2017, occupe une place au troisième rang. Elle vise médecine et ne regrette pas d'avoir mis l'UVSQ en vœu 1 sur APB (Admission-postbac). "Depuis le début des cours (le 5 septembre), je n'ai pas vu un seul étudiant assis dans les marches ou debout. Contrairement à certaines facs, on trouve toujours de la place, en TD (travaux dirigés) comme en amphi", assure-t-elle. Un constat partagé par l'ensemble des étudiants avec lesquels nous avons échangé.

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"Ces conditions sont favorables pour assimiler l'énorme quantité d'informations sans prendre de retard", ajoute Anne-Lise. Les connaissances acquises en début d'année seront évaluées fin décembre, lors de la première partie des concours PACES, barrage pour accéder aux études de médecine, odontologie, maïeutique (sage-femme) et pharmacie.

Anne-Lise : "À l'UVSQ, on trouve toujours de la place en amphi". // © Martin Rhodes
Anne-Lise : "À l'UVSQ, on trouve toujours de la place en amphi". // © Martin Rhodes

Lénaïg, quant à elle, n'en revient toujours pas d'être assise dans cet amphi. La jeune femme, qui se rêve pharmacienne, a fait partie des 857 étudiants sur liste d'attente lors de la première phase d'APB. Suite à cette mauvaise nouvelle, elle a envisagé plusieurs plans B : licence de biologie à l'UVSQ (son vœu 2), expatriation en Belgique, et même année sabbatique. Heureusement, la deuxième phase d'APB a exaucé son vœu 1.

Certains cours sont à la fois denses et pointus, comme celui de ce matin, et elle attend les premières colles pour se situer par rapport aux autres. Dans tous les cas, l'ambiance lui plaît beaucoup : "Les chansons paillardes et autres taquineries des doublants ne m'empêchent pas de travailler".

Places réservées et coup de théâtre

Perchés sur une table tout en haut de la salle, Antoine et deux autres "doublants" sont aux aguets. Ils sont arrivés à 6 h 30, soit plus d'une heure avant le début du cours magistral sur le cytosquelette ("un réseau de filaments assurant plusieurs fonctions dans les cellules eucaryotes") pour disposer des cartes à jouer sur une trentaine de places préalablement réservées.

Antoine s'est levé à 6 h 30 pour réserver les places de son groupe. // © Martin Rhodes
Antoine s'est levé à 6 h 30 pour réserver les places de son groupe. // © Martin Rhodes

"Notre groupe de réservation est bien rodé", fanfaronne le jeune homme en indiquant la dame de cœur à l'une de ses camarades. On retrouve cette combine dans l'ensemble des sept UFR de médecine franciliennes. Le principe est simple : "Les membres d'un même groupe se relaient pour réserver des places dans le meilleur amphi, c'est à dire celui dans lequel l'enseignant est physiquement présent", explique Antoine.

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L'UVSQ compte cette année 950 étudiants en PACES. Le cours magistral est généralement dispensé dans le plus grand amphi, l'amphi 1, et retransmis en visioconférence dans les deux autres salles. À 8 h pétantes, coup de théâtre : l'enseignant-chercheur opte finalement pour le plus petit amphi, l'amphi 3. Antoine est ses camarades sont verts de rage. Ils se sont levés très tôt pour rien. Les étudiants s'échangent très vite des SMS. Il reste quelques places dans l'amphi 2, mais l'amphi 3 est "archi-complet".

Prof invisible

La lumière se tamise, le vidéoprojecteur et les enceintes s'allument. "Bonjour à tous, je suis Bernard Mignotte, le directeur du laboratoire de génétique et biologie cellulaire…" La voix de l'enseignant résonne dans l'amphi, mais l'estrade est vide. Les étudiants s'entendent pour dire que cela fait bizarre au début, mais que l'on s'habitue vite.

Depuis le fond de la salle, une poignée de doublants demandent aux primants, sages comme des images, de faire moins de bruit et de s'asseoir. Ces derniers annotent déjà les cours qu'ils ont récupérés auprès du tutorat. L'amphi retrouvera (ou plutôt trouvera) son calme au bout de cinq minutes de cours. La PACES est un concours et les redoublants ont eux aussi intérêt à pouvoir suivre.