DOSSIER : EGALITÉ DES CHANCES : CES FILIÈRES QUI FONT DES MIRACLES
- « Une école d’ingénieurs, pourquoi pas moi ? »
- « Je pensais que l’IEP, ce n’était pas pour moi »
- « Le bac pro, bien mieux qu’un BEP »
- « Une école d’informatique après mon bac STI »
- « Grâce au tutorat en fac, on comprend ce que les profs attendent »
- « Passer du BEP à la prépa TSI, il faut le faire ! »
- Taux de boursiers dans les grandes écoles de commerce : l’autre palmarès
- Hervé Hamon, écrivain : « On sait mieux hisser les élèves d’origine modeste vers les filières courtes »
- Stéphane Beaud, sociologue : « Ce qui pose problème à l’université, c’est la difficulté à franchir le premier cycle »
Il existe en France des filières où l’ascenseur social fonctionne encore, où il est possible à un jeune d’origine modeste de progresser. Ces formations, inscrites dans le paysage éducatif depuis longtemps, concernent des milliers d’élèves chaque année. Et leur mérite est tout aussi appréciable que les dispositifs d’égalité des chances créés par Sciences po Paris, Henri-IV ou l’ESSEC. Reportage dans ces filières cachées de la diversité.
Témoignage - Jennifer : «Tenter le concours de Sciences po Lille, seulement, c’était déjà idyllique !»
Jennifer est étudiante en première année à Sciences-Po Lille. Elle a suivi le programme PEI (programme d’études intégrées).
Quel a été le moment clé de votre orientation ?"Lorsqu’un professeur et un ancien élève de mon lycée, à Arras, m’ont parlé du "programme d’études intégrées", une prépa pour passer les concours des Instituts d’études politiques. Cela paraissait inabordable pour des lycéens comme nous. Il y avait un fossé énorme entre ce qu’on apprend au lycée et l’IEP. Tenter le concours, seulement, c’était déjà idyllique ! Pendant la prépa, nous avons passé une semaine à l’IEP de Lille pour suivre des cours magistraux et des TD. Ca m’a redonné l’espoir. A cette époque, j’étais complètement démoralisée, démotivée. Je suis d’une nature stressée, anxieuse. Je m’étais inscrite en hypokhâgne, et j’avais très peur de l’après-bac."
Où en êtes-vous aujourd’hui ?
"Je viens de rentrer en première année à l’IEP de Lille. Je suis un peu dans le flou quant à mon orientation professionnelle. Ce qui me rassure, c’est que j’en ai discuté avec d’autres élèves, et que je ne suis pas la seule ! La seule chose que je sais, c’est que je souhaiterais partir étudier en Afrique du Sud, pour ma troisième année obligatoire à l’étranger."
Si c’était à refaire ?
"Je recommencerai, bien sûr, puisque ça a porté ces fruits ! "PEI", c’est une chance qu’on nous donne, il faut la saisir. La prépa permet d’acquérir une méthode, de rencontrer d’autres personnes, de s’ouvrir à d’autres univers. Sans ça, je ne serais pas là aujourd’hui. Et je n’ai toujours pas l’impression que je suis vraiment étudiante à l’IEP !"











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