DOSSIER : SAMUEL : ÉCOLE SPÉCIALISÉE OU PRÉPA, POUR DEVENIR INGÉNIEUR ?

À 17 ans, Samuel, en terminale S spécialité physique-chimie, est bien décidé à devenir ingénieur. A-t-il intérêt pour cela à intégrer une école spécialisée après son bac, ou bien à passer d’abord par deux ans de prépa ?

"Peut-être la prépa me pousserait à donner le meilleur de moi-même"

"Je suis fixé depuis le collège sur la dominante de mon bac", se rappelle Samuel, 17 ans, élève de terminale S au lycée David, ­d’Angers (49). Le choix de sa spécialité s’est fait tout aussi naturellement. "J’ai opté pour la physique-chimie, car c’est plus concret que les maths et que j’y suis meilleur", explique-t-il. Physique-chimie, anglais, maths, SVT (sciences de la vie et de la Terre) : telles sont les matières préférées de Samuel. Une sélection bien adaptée aux cursus qu’il a choisis après son bac, car en classe prépa scientifique comme en école d’ingénieurs, les langues aussi sont importantes.

Compétiteur en sport, pas encore à l’école
Samuel a des résultats honorables qui, au vu de son emploi du temps de ministre, trahissent même quelques facilités ! Du lundi au samedi, ce fana de sport enchaîne tous les soirs deux heures d’entraînement de judo ou de natation, auxquelles s’ajoutent les compétitions le week-end et son cours de tuba ! "J’en ai besoin, se justifie le jeune homme. Et puis, j’ai la chance d’assimiler assez facilement les cours par rapport à d’autres élèves qui triment sans avoir de résultats…" Samuel pense réussir à bien concilier loisirs et temps de travail. Mais il a tendance à bûcher dans l’urgence et reconnaît qu’il pourrait faire mieux s’il étudiait un peu plus. "Je suis dans la première moitié de la classe et ça me suffit, alors qu’en sport, je suis un grand compé­titeur. Peut-être la prépa me pousserait-elle à donner le meilleur de moi-même…"
C’est en assistant à un forum des métiers que l’envie d’intégrer une prépa a émergé. Comme Samuel n’a pas encore d’idée précise sur le type de poste qu’il aimerait occuper ni sur son futur domaine d’activité, cette voie lui paraît idéale pour prendre le temps de réfléchir, tout en ayant la garantie d’entrer en école, sur concours. Après avoir éliminé la prépa MPSI (maths, physique, scien­ces de l’ingénieur), qu’il juge trop abstraite, Samuel s’est replié sur la prépa PCSI (physique-chimie, sciences de l’ingénieur). "Le programme est plus équilibré, et puis il y a plus de TP (travaux pratiques) !"

Son but : ne pas bouger géographiquement
Le programme de cette filière se partage assez équitablement entre les maths, la physique et la chimie, disciplines auxquelles s’ajoutent des sciences de l’ingénieur, de l’informatique, de la philo et du français, ainsi qu’une langue vivante et de l’EPS (éducation physique et sportive). Pour Samuel, peu importe le classement des prépas, son critère principal est de ne pas s’éloigner de ses pro­ches. "C’est plus pratique, et puis je pense que j’aurais du mal à gérer mon indépendance…"
Le lycée Bergson, à Angers, a accueilli à la rentrée 48 élèves en prépa PCSI sur 433 candidats. La sélection s’effectue à partir des notes de première et des deux premiers trimestres de terminale. "Nous sommes très attentifs aux résultats en maths, physique-chimie et en français, mais ce sont surtout les commentaires des professeurs qui sont déterminants", explique-t-on au lycée Bergson. Parmi les admis, 10 % ont eu une mention très bien au bac, 44 % une mention bien et 26 % une mention assez bien. "Mon dossier n’est pas excellent, mais en multipliant les candidatures, j’espère avoir mes chances", lance le lycéen.

Prêt à faire des sacrifices ?
S’il est reçu, Samuel sait ce qui l’attend : un rythme de travail intense avec une trentaine d’heures de cours par semaine, complétées par des devoirs surveillés et des "colles", séances d’interrogation orales. Sans compter les heures de travail personnel en dehors des cours ! Mais il se dit prêt à faire des sacrifices. "Je conçois un peu la prépa comme une course d’endurance, et je serais curieux de voir ce dont je suis capable !"
Reste qu’une autre possibilité, tout aussi séduisante, est à explorer : entrer en école d’ingénieurs directement après le bac. Il existe environ 70 écoles d’ingénieurs en cinq ans, souvent regroupées en réseaux. Parmi les plus connues, citons, notamment, les INSA (instituts nationaux des sciences appliquées), les INP (instituts nationaux polytechniques), les ENI (écoles nationales d’ingénieurs), ou encore la FESIC (Fédération d’écoles supérieures d’ingénieurs et de cadres). Au programme : deux ans de cycle préparatoire suivis de trois ans de cycle ingénieur (sauf quelques écoles qui proposent un cursus en trois + deux ans), avec une spécialisation progressive.

Partir à l’étranger
Deux écoles, situées à Angers et membres de la FESIC, ont retenu l’attention de Samuel : l’ESA (École supérieure d’agriculture), pour son orientation biologie avec une spécialisation possible en quatrième année en bio-ressources, et l’ESEO (École supérieure d’électronique de l’Ouest), pour ses enseignements en informatique, physique et électronique. Ici, place au concret avec des TP, des études de cas, des visites d’entreprises et de multiples projets en équipe. Un stage est possible dès la première année. Autre atout pour ce passionné d’anglais : pouvoir partir en stage ou en séjour d’études à l’étranger.
Au vu des conditions d’admission, notre lycéen reste confiant. Le dossier du candidat (notes, classement, appréciations, niveau du lycée) compte pour 60 % de la sélection finale, et ses résultats au concours commun (questionnaires à choix multiple basés sur le programme scientifique de terminale S) pour 40 %. Mais finalement, Samuel se voit aussi bien dans l’une ou l’autre filière, même si l’option prépa lui semble plus délicate : "Je vais postuler aux deux cursus, et je trancherai au vu des réponses !"

Samuel commente ses notes
Bac de français : 6/20 à l’écrit, 10/20 à l’oral. Je ne suis pas très bon, donc ça n’a pas été une surprise.
Maths : 11,7/20 : J’ai toujours aimé les maths, alors les résultats suivent.
Physique-chimie : 13/20. J’aime autant la physique que la chimie. Les TP aident à comprendre le cours assez rapidement.
SVT : 14,7/20. C’est passionnant, notamment les cours d’immunologie.
Philosophie : 8/20. Ça m’intéresse beaucoup, même si mes résultats sont souvent décevants par rapport à mon ressenti…
Anglais : 10,9 /20. J’adore, surtout depuis que je suis parti en vacances trois ans de suite au Canada !
Espagnol : 8,3/20. Je n’ai jamais trop accroché.
Histoire-géo : 11,8/20. Je ne suis pas très fan, mais j’ai progressé cette année, surtout en histoire.


Marie-Aline Desvignes

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