Dossier : Réussir ses études de santé : 40 questions - réponses

Est-ce risqué d’aller en médecine sans bac S ? En quoi consiste le concours de PAES ? En cas d’échec, quelles possibilités ? En choisissant pharmacie, sage-femme ou odontologie, quels sont les débouchés ? Pour quelque 40 questions posées par des jeunes et leurs parents sur les salons de l’Etudiant, l’auteure de "Réussir ses études santé" (éditions l’Etudiant) apporte ses réponses expertes. Extraits.

Le bac S prépare-t-il mieux que les autres bacs aux études de santé ?

Réussir ses études de santé : 40 questions - réponses

À partir du moment où un étudiant est titulaire du baccalauréat – quelle que soit la série –, il peut s’inscrire en 1ère année à l’université, en économie, en droit, en langues ou en santé. Dans les faits, les bacheliers issus de certaines séries – notamment les bacs généraux – s’adaptent et réussissent mieux leur parcours universitaire que d’autres. Dans les études de santé, on constate que ce sont les bacheliers S qui occupent en grande majorité les bancs de l’université. Cela signifie-t-il que les bacheliers issus du bac ES, du bac L ou du bac ST2S n’ont aucune chance de réussir en 1ère année de médecine ?

"Wanted" : bac S
Pour commencer des études universitaires, pas de sélection, une simple inscription suffit… à condition d’avoir le bac. Oui, mais quel bac ? En santé, les bacheliers S ont les meilleures chances de réussite. La 1ère année à l’université est tellement difficile que la spécialité du bac S et une éventuelle mention doivent être prises en compte pour évaluer vos chances de passer le difficile cap de la 1ère année. Avant de vous inscrire, mieux vaut savoir où vous mettez les pieds. En santé, la 1ère année d’études est sanctionnée par un concours. Ce concours comporte un numerus clausus, c’est-à-dire un nombre de places fixé chaque année par arrêté ministériel pour chaque UFR (unité de formation et de recherche). Ce numerus clausus donne le nombre d’étudiants autorisés à poursuivre leurs études en médecine, odontologie, maïeutique, pharmacie et kinésithérapie entre autres. Le nombre important d’étudiants qui tentent le concours et le peu de places disponibles rendent ce concours très difficile.

S pour bac, pour santé et pour… sésame, ouvre-toi !
Quand on étudie précisément le profil des étudiants qui réussissent en L1 santé (PACES, ex-PCEM1 - 1ère année du 1er cycle des études médicales) et en PCEP1 (1ère année du 1er cycle des études pharmaceutiques) à l’échelle nationale, le résultat est sans appel : dans la quasi-totalité des cas, il s’agit de bacheliers S. "Si vous n’avez pas de bac S, ce n’est pas la peine de venir chez nous", tranche le professeur Luc Dubreuil, vice-doyen de la faculté de pharmacie de Lille. De son côté, le professeur Jean-Marie Gazengel, doyen de l’université de pharmacie de Caen, pondère : "Ce n’est pas fermé aux autres bacs, mais c’est déjà difficile pour les bacheliers S, qui ont des bases scientifiques. Atomes, molécules, tissus, cellules, fonctionnement des appareils circulatoires, respiratoires, etc., ils vont être initiés à un enseignement qu’ils n’ont pas eu l’habitude d’avoir. Et en première année, tout est à revoir, même les matières qu’ils ont suivies au lycée. Comprendre ce qu’est un rayon X ou gamma nécessite obligatoirement des bases en physique, par exemple."

Une spécialité prépare-t-elle mieux qu’une autre ?
"Certains lycées continuent à conseiller à leurs élèves de série S qui souhaitent se diriger vers ces études de suivre la filière SVT [science de la vie et de la Terre]. Mais ce n’est pas le meilleur conseil que l’on puisse leur donner. L’absence de physique dans les cours est un gros inconvénient pour la poursuite des études en 1ère année", déplore Dominique Poirier, directeur d’Objectif Concours, une prépa lyonnaise. Les cours de SVT ne correspondent pas à l’enseignement de médecine et les bacheliers S spécialité SVT peinent plus que les autres, mais peuvent réussir s’ils s’accrochent. Pour réussir la 1ère année, il vaut mieux être bon en physique, en chimie et en mathématiques. "Je savais qu’il y avait beaucoup de chimie, mais je n’imaginais pas qu’elle couvrait la moitié de l’enseignement en PCEP1 ! Je trouvais déjà qu’on en faisait beaucoup au lycée. J’ai donc été assez surpris", se souvient Mickaël, étudiant en 6ème année de pharmacie et titulaire d’un bac S. On constate aussi que les étudiants qui ont choisi la spécialité maths au lycée s’en sortent aussi bien que ceux issus de la spécialité physique-chimie.

"Mention or not mention ?"
Selon une enquête de la faculté de médecine de Pierre-et- Marie-Curie (Paris-VI), les bacheliers S avec mention très bien réussissent à 57,1 % à leur 1ère présentation au concours et à 100 % en doublant. Pour ceux qui ont obtenu leur bac avec une mention bien, le taux de réussite est de 19,1 % pour une 1ère présentation contre 73 % pour une 2ème. Ceux qui ont décroché une mention assez bien réussissent le concours du 1er coup à 6,5 % contre 38,5 % au 2ème. Pour les bacheliers S qui n’ont pas eu de mention, le taux d’étudiants réussissant le concours s’élève à 0,5 % pour la 1ère présentation contre 12,8 % en redoublant. Malgré cette étude, le professeur Pierre Champsaur, de l’université de médecine de Marseille, reste mesuré sur l’importance d’avoir eu une mention au bac pour réussir au concours de 1ère année : "La série du bac est déjà en elle-même une sélection : 90 % des inscrits sont des bacs S. Les mentions peuvent jouer ou pas. Il faut se souvenir que nous parlons de jeunes de 16, 17 ou 18 ans, qui sont en pleine évolution. À leur âge, une année équivaut à vivre une tranche de vie en accéléré. Ils peuvent donc se révéler bien meilleurs étudiants qu’ils n’étaient, lycéens." Un élève moyen au lycée peut se montrer beaucoup plus motivé et studieux en 1ère année de fac. Outre les matières étudiées au lycée, les bacheliers S ont appris à travailler régulièrement et ils sont souvent rigoureux. Des atouts précieux pour entamer des études de santé.

> Le classement de l’Etudiant des facs de médecine
> Médecine, sage-femme, dentaire, pharmacie : la L1 santé en clair
> Les clés pour réussir la première année de médecine (PACES, ex-PCEM1)
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> Le tutorat de médecine dans chaque fac
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Réussir ses études de santéToutes ces questions et leurs réponses sont extraites du livre "Réussir ses études de santé", par Ludivine Coste, aux éditions l’Etudiant. Commandez-le sur la librairie en ligne de l’Etudiant.


Vendredi 27 Août 2010

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