1. Masters, mastères et MBA : soyez stratégiques !
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Masters, mastères et MBA : soyez stratégiques !

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Avec un niveau d'entrée dans la vie active qui ne cesse de s'élever et des entreprises de plus en plus exigeantes vis-à-vis de leurs nouvelles recrues, décrocher un bac+5 (ou plus) est devenu quasi incontournable pour occuper des fonctions à responsabilité (avec un salaire à la hauteur). Sans doute la meilleure arme pour intégrer le marché de l'emploi et optimiser sa carrière, une formation au-delà de bac+4 est une condition nécessaire, mais pas suffisante pour autant.

Haut degré de spécialisation, contacts prolongés avec le milieu professionnel, connaissances pointues et reconnues... un troisième cycle, à l'université comme dans une école, est un véritable atout pour démarrer sa carrière.

Masters, mastères et MBA : un accès à l'emploi dans de meilleures conditions

Poursuivre ses études jusqu'à bac+5 ou plus permet d'évoluer plus facilement dans la vie professionnelle et avec un meilleur statut. Pour les pessimistes qui auraient tendance à se dire "à quoi bon ?", rappelons que toutes les enquêtes réalisées sur ce sujet confirment ce constat.

Bac+5 : les statistiques sont de votre côté

Le CÉREQ (Centre d'études et de recherche sur les qualifications), par exemple, réalise tous les 3 ans une grande enquête sur la situation professionnelle des diplômés de l'enseignement supérieur 3 ans après la fin de leurs études.

La dernière enquête disponible témoigne donc de la situation de jeunes sortis diplô- més de l'enseignement supérieur en 2010. D'une manière générale, le diplôme reste le meilleur atout pour accéder à l'emploi dans de bonnes conditions (poste avec des responsabilités et gratifié d’un bon salaire).

Ainsi malgré la crise, 87 % des diplômés du supérieur de la génération 2010 sont en poste trois ans après leur sortie du système éducatif.

Évolution majeure : les diplômés de niveau bac+5 et plus représentent désormais près d'un tiers des sortants du supérieur, la part des masters universitaires atteignant 19 % (contre 13 % en 2004). Cette croissance s'explique aussi en partie par une baisse mécanique des niveaux de sortie à niveau master 1 (bac+4). Il faut toutefois noter que les niveaux d'insertion de la génération 2010 diplômée d'un master sont moins bons qu'il y a 3 ans. Leur taux de chômage s'élève ainsi tout de même à 12 % contre 6 % pour la dernière enquête. Mais ce taux n'est pas identique pour toutes les filières. Le CEREQ indique en effet que "certaines spécialités font jeu égal avec les écoles de commerce comme le droit et l'économie (avec un taux de chômage de 9,5 %), et les sciences de l'ingénieur (8 %), sans rivaliser pour autant avec les écoles d'ingénieurs (3,5 %)".

Une plus-value salariale... mais pas toujours

Au-delà de ces chiffres, l'insertion professionnelle dépend avant tout de la date à laquelle vous arrivez sur le marché de l'emploi et de la conjoncture économique du moment.

Ainsi l'actuelle période de crise rend les jeunes diplômés plus vulnérables, même si le fait de poursuivre ses études reste un véritable atout pour décrocher un poste. Prudence malgré tout, même si les meilleures formations continuent à afficher des enquêtes d'insertion professionnelle très prometteuses.

Pour ceux qui sont en reprise d'études, attention aussi aux miroirs aux alouettes ! En effet, la plus-value salariale n'est pas toujours au rendez-vous : tout dépend de l'état du marché de l'emploi, de la qualité de la formation... et de votre capacité à la faire valoir devant les recruteurs ! (Lire aussi : Négocier son premier salaire : 12 erreurs à ne pas commettre.)

Professionnaliser les étudiants universitaires

Depuis quelques années, l'aide à l'insertion professionnelle des étudiants fait explicitement partie des missions de l'université.

Force est de constater que les choses avancent au sein des universités, puisque l'on observe de plus en plus de formations professionnalisantes, une participation accrue des acteurs socio-économiques dans les formations, un meilleur encadrement des stages, plus d'enquêtes sur la réussite aux examens et l'insertion professionnelle des étudiants, la création dans toutes les universités des BAIP (Bureaux d'aide à l'insertion professionnelle), chargés notamment de diffuser des offres de stages et d'emplois...

Mais le combat n'est pas gagné : si certains programmes universitaires ont acquis leurs lettres de noblesse auprès des recruteurs, ceux-ci préfèrent encore majoritairement embaucher des diplômés d'écoles de commerce ou d'ingénieurs.

Bac+5 et plus : se spécialiser... mais pas trop !

Acquérir une spécialisation est généralement la première motivation invoquée par les étudiants qui se lancent dans un troisième cycle. Après avoir acquis une bonne culture générale dans leur domaine d'études, ils ont besoin de se former à un métier.

Un choix qui vous singularise

Tandis que jusqu'en licence vous suiviez la voie empruntée par le plus grand nombre, en vous distinguant surtout par le choix de certaines matières optionnelles, le troisième cycle est le moment d'individualiser votre parcours et de vous déterminer en fonction d'un projet lié à une vocation profonde ou simplement à la découverte, lors de vos études (cours, stages, rencontres...), d'un domaine professionnel qui vous intéresse.

Une spécialisation progressive à l'université

À l'université, cette spécialisation intervient progressivement et à différents moments selon les cursus. Certains masters restent assez généralistes en M1 et n'offrent un choix entre différentes spécialités qu'en M2. D'autres sont déjà très spécialisés dès la première année.

Gare aux spécialisations trop pointues

Prudence cependant, une spécialisation poussée est à double tranchant : mal choisie, elle risque aussi de limiter vos débouchés, ou vos possibilités d'évolution en cours de carrière.

Choisissez-la donc avec minutie, en cohérence avec votre projet professionnel et en étudiant à l'avance les opportunités d'embauches qu'elle offre. Dans le contexte actuel, mieux vaut par exemple choisir un master généraliste de gestion avec une option marketing, plutôt qu'un master en marketing, car cette spécialisation très forte peut ensuite réduire vos débouchés.

Acquérir une double compétence

La double compétence a le vent en poupe. Les entreprises sont de plus en plus demandeuses de techniciens ayant des connaissances en gestion et management, ou à l'inverse, de commerciaux ayant des compétences dans un domaine technique.

Les écoles et les universités l'ont compris et proposent donc de très nombreux programmes à ceux qui souhaitent "ajouter une corde à leur arc". La double compétence est aussi une bonne arme pour assurer ses arrières et trouver un nouveau souffle en cours de carrière.

Une opportunité pour se réorienter

Rebondir en cours de carrière ou simplement changer d'orientation à la fin de ses études : les étudiants n'y pensent pas assez, mais beaucoup de troisièmes cycles représentent une formidable opportunité de vous ouvrir à de nouveaux horizons, si la voie toute tracée dans votre filière ne vous satisfait pas.

"Les étudiants ont malheureusement tendance à s'autocensurer, s'interdisant de présenter leur candidature à un master parce qu'ils estiment ne pas avoir le bon profil", regrette Thomas Motte, psychologue et conseiller d'orientation. "Je passe beaucoup de temps à les convaincre d'oser, sans craindre les filières dites sélectives. En réalité, cette sélection n'est souvent pas si terrible, et les jurys tiennent plus compte de la qualité globale du dossier que du contenu des connaissances de l'étudiant."

Des candidats aux profils très variés

Une opinion confirmée par le témoignage de Pierre Louart, professeur des universités à l'Institut d'administration des entreprises de Lille : "Dans les IAE, nous ne sommes pas hostiles à varier les origines, au contraire : entre un étudiant moyen qui a suivi une licence dans le domaine de la gestion des entreprises et un très bon étudiant venant d'un autre secteur, je préfère recruter le second, en lui donnant quelques devoirs de vacances, histoire qu'il se mette à niveau dans les matières qu'il n'a pas étudiées. Dernièrement par exemple, nous avons accepté un étudiant de psycho dans un master de gestion des ressources humaines."

Autre exemple, Cédric a suivi un master franco-américain d'affaires internationales après des études de droit : "J'appréhendais mon handicap dans des matières comme la finance. J'ai donc beaucoup travaillé, et finalement j'ai eu les meilleures notes de ma promo !"

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Masters, mastères et MBA : comment faire le bon choix