Droit

La filière droit à l'université reste la voie royale pour travailler dans le secteur juridique ou dans l’immobilier, mais il existe aussi des filières courtes avec poursuite d’études. Tout dépend du métier visé !

Droit

Attractive, la filière juridique est, avec la médecine, l'une des plus cotées à l'université. Elle attire majori­tairement des bacheliers ES, qui constituent près la moitié des nouveaux inscrits. Cette voie exigeante assure des débouchés variés : les professions judiciaires classiques, comme avocat ou juge, le métier de juriste d'entreprise, mais aussi le secteur de la fonction publique. Il s'agit en plus d'une bonne formation intellectuelle pour rebondir vers d'autres filières.

Université : passer le cap de la première année

L'entrée à la fac constitue une épreuve de taille : matières nouvelles, terminologie particulière, exercices inédits et amphithéâtres bondés. Le nombre d'abandons à la fin de la L1 est particulièrement élevé.

Au programme de la licence : droit privé, public, européen, histoire du droit et des institutions, relations internationales, droit fiscal, droit des affaires, du travail...

À noter : il existe une trentaine de cursus permettant d'obtenir un double diplôme associant le droit et une autre discipline (économie, histoire, langues, philosophie...).

Certaines universités ont également ouvert des “collèges” de droit qui proposent un parcours renforcé à suivre parallèlement à la licence et au master, et réservés aux meilleurs étudiants. Sélectionnés sur leurs résultats scolaires ou universitaires, ceux-ci bénéficient de cours complémentaires pour atteindre rien moins que... l'excellence !

Dernière étape cruciale : le master, soit deux années qui déterminent votre insertion professionnelle en vous apportant une spécialisation.

Lire aussi : les tests métiers banque, audit, RH, droit 

DUT : pour travailler ou continuer ses études

Plus d'une dizaine d'établissements proposent des DUT (diplômes universitaires de technologie) carrières juridiques, dont certains en apprentissage. La majorité des admis viennent des filières ES  et STMG.

Ces DUT mettent l'accent sur les disciplines juridiques mais ils abordent aussi l'éco­nomie, la gestion, la comptabilité, la fiscalité. Les étudiants peuvent se spécialiser via des options banque-assurance, juriste d'entreprise, administration publique. Les débouchés sont les services juridiques ou RH (ressources humaines) des entreprises, les cabinets juridiques ou le secteur des banques et assurances.

À noter : la poursuite d'études après le DUT concerne une importante proportion d'étudiants. Il existe de nombreuses licences pro ouvertes aux titulaires d'un bac+2 : par exemple, le notariat, les activités juridiques, la gestion des RH…

Avocat : dix-huit mois d'études après un master 1

Pour rejoindre l'un des métiers prestigieux de la filière juri­dique, celui d'avocat, il faut passer un examen accessible après un master 1 en droit. Toutefois il s'avère que la majorité des candidats sont titulaires d'un master 2.

Au sein des universités, les IEJ (instituts d’études judiciaires) dispensent des préparations à cet examen d’entrée aux écoles des avocats. En 2017, l’examen est devenu national et comprend plusieurs épreuves écrites d’admissibilité ainsi que deux oraux d’admission (langue étrangère et “grand oral”).

Une fois le candidat admis, ­­­la formation se déroule sur dix-huit mois, avec plusieurs stages dans des cabinets d’avocats ou des ­services juridiques d’entreprise. À la clé : le CAPA (certificat d’aptitude à la profession d’avocat).

Magistrature : un master 2 vivement souhaité

Située à Bordeaux, l'ENM (École nationale de la magistrature) forme les magistrats (juges, procureurs...) pendant deux ans et demi. Très sélectif, le concours externe est accessible après un master 1, mais la majorité des admis ont un master 2. Au programme : trois épreuves de dissertation (culture générale, droit pénal, droit civil), deux cas pratiques (droit pénal et droit civil) et un questionnaire à réponses courtes (organisation de l’État et de la justice, libertés publiques, droit public). Ensuite, l'admission repose sur une note de synthèse, une épreuve de langue, deux oraux de droit, une mise en situation et un entretien.

Bon à savoir : l'ENM a ouvert des classes préparatoires au concours gratuites à Paris, Douai et Bordeaux, pour les étudiants défavorisés (bac+4 en droit).

Notariat : plusieurs chemins y mènent

Pour accéder aux métiers du notariat, il existe tout d'abord le BTS notariat. Acces­sible en alternance, il forme en deux ans des assistants collaborateurs de notaires (notamment les secrétaires des études notariales et les assistants formalistes).

Au programme : droit général, droit notarial, techniques notariales, environnement économique et managérial du notariat, culture générale, langue vivante étrangère. Douze semaines de stage sont prévues.

Ce BTS peut être suivi d'une licence pro en métiers du notariat.

Pour devenir notaire, deux voies sont possibles en passant par un master juridique.

La voie universitaire en suivant, après un M1 en droit, un M2 en droit notarial, dispensé dans une trentaine d’universités. L’entrée est très sélective. Viennent ensuite deux années de stage dans un office notarial, et en parallèle des modules d’enseignement dans un CFPN (centre de formation professionnelle des notaires) et à l’université pour préparer le DSN (diplôme supérieur de notariat).

La voie professionnelle. Après un M2 de droit, vous intégrez un CFPN sur dossier et entretien. La formation comporte des modules d’enseignement et un stage en alternance de trente mois dans un office notarial. Elle se termine par un rapport de stage et est validée par un diplôme de notaire.

Immobilier : mi-commercial, mi-juridique

Pour travailler dans les agences immobilières, les cabinets d’administration de biens, les sociétés propriétaires d’immeubles ou de promotion-construction, les profils commerciaux assortis de solides connaissances juridiques sont les plus recherchés.

En deux ans, le BTS professions immobilières mêle le droit et les techniques de l’immobilier (transaction, gestion), les techniques de communication, le bâtiment (réglementation et sécurité, construction, technologies du bâtiment).


Après un bac+2 en droit, gestion ou commerce, près d'une cinquantaine de licences pro offrent des parcours en gestion et administration de biens, développement de patrimoine immobilier ou commercialisation de biens immobiliers.

Les masters permettent aux titulaires d’une licence de droit ou de gestion de se spécialiser en droit immobilier et de la construction, en droit de l’urbanisme, en gestion du patrimoine.

L’ICH (Institut de la construction et de l'habitat) dépend du CNAM et prépare à trois titres enregistrés au RNCP (répertoire national des certifications professionnelles) : gestionnaire immobilier, responsable de programme immobilier et évaluateur immobilier.

Des écoles privées spécialisées dans les métiers de l’immobilier proposent des cursus de un à trois ans, accessibles du bac à bac+4, mais la majorité de ces formations s’adressent aux titulaires d’un bac+2 et durent généralement un an. L’ESPI (École supérieure des professions immobilières) recrute des bacheliers, qui, à l’issue d’une formation de trois ans, obtiennent un titre de gestionnaire d’affaires immobilières, enregistré au RNCP.

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