Santé

La première année commune aux études de santé, ou PACES, conduit à quatre concours qui permettent de poursuivre en médecine, pharmacie, chirurgie dentaire et école de sages-femmes.

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Médecine, pharmacie, dentaire, sage-femme et masseur-kinésithérapeute : ces cinq filières distinctes ont de nombreux points communs, à commencer par la PACES (première année commune aux études de santé). C'est ensuite, grâce aux stages, que vous découvrirez des métiers exigeants mais gratifiants et variés.

De la chirurgie à la prothèse, de la salle de naissance au laboratoire, du généraliste au spécialiste… il existe millle et une manières d'exercer dans le domaine de la santé.

Vous ne rencontrerez pas de problèmes de débouchés, mais, pour réussir vos études dans cette voie, il vous faudra de bonnes bases scientifiques, de la motivation, de la patience et souvent une grande capacité d'écoute.
 

PACES : l'obstacle incontournable

Les étudiants qui choisissent une filière de santé (médecine, pharmacie, dentaire ou sage-femme) doivent effectuer une PACES (première année commune aux études de santé), qui se conclut par un concours sélectif.

Près de 90 % des étudiants qui s'inscrivent en PACES sont issus de S.

Au premier semestre de la PACES, tous les étudiants suivent les mêmes cours (anatomie, physiologie, biologie, physique…). Puis ils passent des épreuves communes, mais auxquelles des coefficients différents sont appliqués selon l'université et la filière visée. Les résultats aident les étudiants à déterminer leur niveau et à décider de présenter de un à quatre concours en fin d'année.

Au second semestre, les étudiants gardent un tronc commun, mais doivent reprendre un module spécifique à la (ou aux) filière(s) choisie(s) (soit quatre matières). En fin de semestre, ils passent des épreuves communes et des épreuves spécifiques à leur(s) filière(s).

La procédure de choix se met en place selon leur classement final. Les candidats non classés peuvent redoubler (sous conditions) ou se réorienter (avec la possibilité de retenter leur chance plus tard). Ces réorientations s'effectuent principalement vers des filières paramédicales ou des licences scientifiques de l'université.

La PACES se clôt par un concours régi par le numerus clausus (nombre de places offertes au concours pour intégrer la deuxième année). En 2017, il y avait ainsi 8.124 places en médecine, 3.107 en pharmacie, 1.202 places en dentaire et 1.000 en maïeutique (sage-femme).

Les meilleurs candidats réussiront le concours de leur choix. Mais attention, les statistiques ne jouent pas seulement en faveur des bons élèves. En première année, la plupart des enseignements sont nouveaux. Les compteurs sont donc remis à zéro. Certains élèves se remobilisent et se ­révèlent à l'université.

Peut-on choisir son université ?
La PACES étant une filière universitaire en tension, un examen du dossier scolaire sera réalisé par chaque faculté. Les candidats qui remplissent les “attendus” seront prioritaires. Un quota pourra être défini pour les candidats hors académie.

De plus en plus d'universités expérimentent des admissions parallèles hors PACES, pour des étudiants de licence notamment. Leur objectif : diversifier les profils.

Il existe désormais deux dispositifs permettant d’éviter la PACES :
– AlterPACES, proposé à la rentrée 2017 dans une quinzaine de facs (Aix-Marseille, Angers, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon 1, Paris 5, Paris 7, Paris 13, Poitiers, Reims, Rennes 1, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, Tours) pour les étudiants de certaines L2 ou L3 souhaitant rejoindre une deuxième ou troisième année d’une filière santé.

PluriPass, à l’université d’Angers, qui a remplacé la PACES par une L1 spécifique donnant accès aux épreuves d’admission en deuxième année d’études de santé. Les universités de Caen, de Brest ainsi que l’UPEC devraient lancer des expérimentations à la rentrée 2018.

Médecine : de neuf à onze ans d'études

Le premier cycle des études médicales dure trois ans. Il mène à l'obtention du DFGSM (diplôme de formation générale en sciences médicales) et inclut, en plus de la PACES, le DFGSM2 et le DFGSM3. Les étudiants y approfondissent les bases théoriques et entament la pratique.

À partir du deuxième cycle des études médiacles, d'une durée de trois ans, sanctionné par le DFASM (diplôme de formation approfondie en sciences médicales) et reconnu au grade de master, les étudiants appelés à ce stade externes apprennent les manifestations cliniques, les mécanismes physiopathologiques et les démarches thérapeutiques dans les différentes spécialités (cardiologie, ophtalmologie, dermatologie, etc.). Ils partagent leur temps entre la fac, les stages à l'hôpital et les gardes.

En ligne de mire : les ECNi (épreuves classantes nationales informatisées). La dernière année de ce deuxième cycle est essentiellement consacrée à leur prépa­ration.

En fonction de leur rang de classement aux ECNi et des postes disponibles, les étudiants choisissent un lieu de formation et une spécialité parmi la quarantaine proposées (anesthésie-réanimation, neurochirurgie, cardiologie, médecine générale, gériatrie, pédiatrie, allergologie, psychiatrie, santé publique…).

Le troisième cycle ou internat, réformé à la rentrée 2017, est composé de trois phases : socle, ­approfondissement et consolidation. L’étudiant signe un contrat de formation en vue d’obtenir un DES (diplôme d’études spécialisées) au bout de trois ou six ans suivant la spécialité.

Après la soutenance de leur thèse avec succès, les internes obtiennent le titre de docteur en médecine.

Lire aussi : médecine : prêt pour une dizaine d'années d'études ?

Pharmacie : pour les amateurs de chimie

Les études de pharmacie durent de six à neuf ans selon la filière (officine, industrie-recherche, internat).

Après la PACES, les étudiants font d'abord quatre ans correspondant au premier cycle et au deuxième cycle. Le programme, varié, se présente sous forme de cours théoriques et d'enseignements dirigés ainsi que de travaux pratiques. Deux stages obligatoires et un stage facultatif de préorientation professionnelle sont par ailleurs programmés jusqu'en cinquième année.

Cette cinquième année, dite AHU (année hospitalo-universitaire), met encore davantage l'accent sur la pratique. Les étudiants appliquent leur savoir à l'hôpital pendant un an à mi-temps ou pendant six mois à temps plein.

Ils peuvent ensuite aborder le troisième cycle des études de pharmacie qui leur permettra d’obtenir, après soutenance d’une thèse, leur diplôme d’État de docteur en pharmacie. Les étudiants optent soit pour un cycle court d’un an avec une spécialisation en officine ou en industrie-recherche, soit pour un cycle long de quatre ans, appelé internat, accessible sur concours.

L’internat permet d’obtenir un DES (diplôme d’études spécialisées) en pharmacie, en innovation pharmaceutique et recherche ou en biologie médicale. La filière “officine” débouche, sans surprise, sur le travail en… officine. La filière “industrie” mène à une carrière dans l’industrie pharmaceutique, agroalimentaire ou cosmétique. Quant aux DES, ils permettent de faire carrière dans le privé ou dans le public.

Lire aussi : classement des PACES : où réussit-on le mieux le concours de pharmacie ?

Dentaire : près de 90 % en libéral

Pratique et professionnalisée, la formation d'odontologie ou dentaire dure au moins cinq ans après la PACES. Les études sont dispensées dans 16 universités, au sein des facultés d'odontologie et de chirurgie dentaire.

La PACES et les deux années d'études suivantes constituent le premier cycle de dentaire, sanctionné par le DFGSO (di­plôme de formation générale en sciences odontologiques). Dès la deuxième année (DFGSO2), les étudiants effectuent un stage d'initiation aux soins à l'hôpital et se retrouvent en contact avec des patients. Comme en médecine, les cours magistraux en amphi cèdent la place à diverses méthodes d'enseignement interactives par petits groupes. En troisième année, la formation devient encore plus pratique.

Un deuxième cycle professionnalisant s'étale sur deux ans, durant lesquels se combinent théorie, travaux pratiques et stages. Le programme aborde des matières médicales (pathologies, pharmaco­logie…) et odontologiques (prothèses, parodontologie…) et comprend des ­travaux manuels.

Après l’obtention du CSCT (certificat de synthèse clinique et thérapeutique) et du DFASO (diplôme de formation approfondie en sciences odontologiques de grade master), l’apprenti dentiste doit choisir entre un troisième cycle court ou long.

Le cycle court (un an) est consacré à la préparation de l’exercice autonome de la profession. Le cycle long (trois ou quatre ans) nommé internat, est accessible sur concours : 101 postes en 2017 répartis entre chirurgie orale (quatre ans) et orthodontie ou médecine bucco-dentaire (trois ans).

À  l’issue de la formation et après avoir soutenu une thèse, les étudiants obtiennent le di­plôme d’État de docteur en chirurgie dentaire et peuvent exercer.

Le chirurgien-dentiste soigne les maladies des dents, de la bouche, des os de la mâ­choire et des tissus attenants.

Près de 90 % des professionnels optent pour l’exercice libéral, comme généraliste ou avec une spécialité (ortho­dontie). Les 10 % restants travaillent en milieu hospitalier. Il est également possible d’envisager une carrière de chercheur.

Sage-femme : un cursus en cinq ans

La formation de sage-femme est dispensée dans une quarantaine d'écoles agréées par le ministère de la Santé et dépendantes des CHU (centres hospitaliers universitaires). La plupart des écoles sont rattachées ou liées à une faculté de médecine.

Le cursus comprend cinq années d'études divisées en deux cycles : le premier dure trois ans, et intègre la PACES, le second dure deux ans.

Le premier cycle mêle théorie, pratique et, dans une moindre mesure, clinique. Au programme : sémiologie, gynécologie, obstétrique, pédiatrie, néonatalogie, droit, sciences humaines et sociales, anglais médical, santé publique, pharmacologie, virologie, anatomie et gestes techniques.

Les stages courts en alternance avec les cours, une dizaine de semaines en deuxième année puis une vingtaine en dernière année, abordent les soins infirmiers, le suivi prénatal, la salle d’accouchement et les suites de couches.
Le DFGSMa (diplôme de formation générale en sciences maïeutiques), de niveau licence, sanctionne ce premier cycle.

Le second cycle comprend plus de stages, dont un d’un semestre, à temps plein, en dernière année. Au tronc commun, s’ajoute toute une partie “individualisée ” afin de s’orienter éventuellement vers la recherche ou d’en apprendre davantage en maïeutique ou autre. À la fin de ce second cycle, l’étudiant présente un mémoire de fin d’études et passe un certificat de synthèse clinique et thérapeutique.

L’obtention du DFASMa (diplôme de formation approfondie en sciences maïeutiques) confère un grade de master.

Une fois son diplôme d’État en poche, la sage-femme (ou, pour un homme, le maïeuticien) peut travailler à l’hôpital public, dans des établissements privés, en PMI (protection ­maternelle et infantile) ou à titre libéral, seule ou en maison médicale.

Lire aussi : PACES : le classement 2017 des facs de médecine 

Info plus
www.remede.org, site de la communauté médicale.
www.anepf.org, le site de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France.
www.ordre-chirurgiens-dentistes.fr, le site de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes.
www.ordre-sages-femmes.fr, le site de l’Ordre des sages-femmes.

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