Santé : les formations.

Santé

La PACES (première année commune aux études de santé) conduit à quatre concours en médecine, en pharmacie, en chirurgie dentaire ou en école de sages-femmes.

Médecine, dentaire, maïeutique (sage-femme) et pharmacie : ces quatre filières distinctes ont de nombreux points communs, à commencer par la première année d'études, appelée PACES (première année commune aux études de santé). Puis, dans l'une comme dans l'autre, vous serez très vite dans le bain grâce aux stages. C'est là que vous découvrirez des métiers-passion exigeants mais gratifiants et variés.

De la chirurgie à la prothèse, de la salle de naissance au laboratoire, du généraliste au spécialiste… il existe millle et une manières d'exercer dans le domaine de la santé. Si vous ne rencontrerez pas de soucis de débouchés, il vous faudra, pour parvenir à vos fins, de bonnes bases scientifiques, de la motivation, de la patience et souvent une grande capacité d'écoute.
 

PACES : l'obstacle obligatoire

Les étudiants qui choisissent une filière de santé (médecine, maïeutique, dentaire et pharmacie) passent par une première année commune aux études de santé, la PACES, sanctionnée par un concours très sélectifs. En première année, 90 % des étudiants sont issus de S.


Au premier semestre, tous les étudiants suivent les mêmes cours (anatomie, physiologie, biologie, physique…). Puis ils passent un concours unique, mais les coefficients appliqués aux matières varient selon les filières. Ces résultats permettront de savoir si l'étudiant a le niveau pour présenter de un à quatre concours en fin d'année.


Au second semestre, les étudiants gardent un tronc commun, mais doivent suivre un module spécifique à la filière choisie (soit quatre matières). En fin de semestre, les étudiants passent les mêmes épreuves de tronc commun et les épreuves spécifiques liées à leur filière. Selon leur classement final, la procédure de choix se met en place. Les candidats non classés peuvent redoubler (sous conditions) ou se réorienter (avec la possibilité de retenter leur chance plus tard).
Les principales réorientations s'effectuent vers des filières paramédiacles ou des licences scientifiques de l'université. 


La PACES se clôt par un concours géré par le numerus clausus (nombre de places offertes au concours pour intégrer la deuxième année). À titre informatif, voici les chiffres de 2015 : 7.497 places en médecine, 1.198 places en dentaire, 1.011 en maïeutique et 3.097 en pharmacie.
Les meilleurs candidats réussiront le concours de leur choix. Mais attention, les statistiques ne jouent pas qu'en faveur des bons élèves. En première année, la plupart des enseignements sont nouveaux. Les compteurs sont donc “remis à zéro”. Certains élèves se remobilisent et se révèlent à l'université. Évidemment, cela sera plus difficile si vous étiez déjà à fond en terminale.


Peut-on choisir son université ? Chaque faculté s'organise à sa façon ; mieux vaut donc se renseigner auprès de l'établissement visé. Par exemple, certaines universités n'acceptent pas d'inscription de bacheliers hors académie. D'autres demandent aux étudiants qui n'ont pas le bac de l'année de passer devant une commission de réorientation…

 

Médecine : de neuf à onze ans d'études

Le premier cycle des études médicales dure trois ans, et mène à l'obtention du DFGSM (diplôme de formation générale en sciences médicales). Il inclut, en plus de la PACES, le DFGSM2 et le DFGSM3. Les étudiants y approfondissent les bases théoriques et entament la pratique.

À partir du deuxième cycle des études, et pendant trois ans, les externes apprennent les manifestations cliniques, les mécanismes physiopathologiques et les démarches thérapeutiques appliquées à chaque pathologie d'une discipline (cardiologie, ophtalmologie, dermatologie, etc.). Ils partagent leur temps entre la fac, les stages à l'hôpital et les gardes. En ligne de mire : l'ECN (examen classant national).

La dernière année de ce cycle est essentiellement consacrée à leur prépa­ration. En fonction de leur rang de classement et des postes disponibles, les étudiants choisissent un lieu de formation et une spécialité parmi la trentaine proposées (anesthésie-réanimation, neurochirurgie, cardiologie, médecine générale, pédiatrie, psychiatrie, santé publique…).

L'internat dure ensuite entre trois ans (généralistes) et quatre ou cinq ans (autres spécialités). À la clé : un DES (diplôme d'études spécialisées) dans une discipline. Pour obtenir le titre de docteur en médecine, les internes doivent soutenir une thèse puis prononcer le serment d'Hippocrate.
 

Dentaire : 90 % des professionnels en libéral

Pratique et professionnalisée, la formation d'odontologie ou dentaire dure au minimum cinq ans après la PACES. Les études sont dispensées dans seize universités, au sein des facs d'odontologie et de chirurgie dentaire.

La PACES et les deux années d'études suivantes constituent le premier cycle de dentaire, sanctionné par le DFGSO (di­plôme de formation générale en sciences odontologiques).


Dès la deuxième année (DFGSO2), les étudiants effectuent un stage d'initiation aux soins à l'hôpital et se retrouvent en contact avec des patients. Comme en médecine, les cours magistraux en amphi cèdent la place à diverses méthodes d'enseignement interactives par petits groupes. En troisième année, la formation devient encore plus pratique.


Un deuxième cycle professionnalisant s'étale sur deux ans, durant lesquels se combinent théorie, travaux pratiques et stages. Le programme aborde des matières médicales (pathologies, pharmaco­logie…) et odontologiques (prothèse, parodontologie…) complétées par des ­travaux manuels.


À l'issue du deuxième cycle, l'apprenti dentiste doit choisir entre un troisième cycle court (une année), consacré à la préparation de l'exercice autonome de la profession, et un cycle long (trois ou quatre ans) ou internat. Quelle que soit la durée de ce troisième cycle, les étudiants doivent effectuer des stages hospitaliers et soutenir une thèse.


À l'issue de leur formation, les étudiants obtiennent le diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire et peuvent exercer.
Le chirurgien-dentiste soigne les maladies des dents, de la bouche, des os de la mâchoire et des tissus attenants. Plus de 90 % des professionnels optent pour l'exercice libéral, comme généraliste ou avec une spécialité (ortho­dontie). Les 10 % restants travaillent en milieu hospitalier. Il est également possible d'envisager une carrière de chercheur.
 

Sage-femme : un cursus en cinq ans

La formation de sage-femme est dispensée dans une trentaine d'écoles agréées par le ministère de la Santé et dépendantes des CHU (centres hospitaliers universitaires). La plupart des écoles sont rattachées ou liées à une faculté de médecine.
La reconnaissance du diplôme d'État au grade de master est, quant à elle, effective depuis mars 2013 (les premiers diplômés sont osrtis en 2015).

Un nouveau cursus a été mis en place. Il sanctionne cinq années (la PACES + deux cycles de deux ans chacun).
Le premier cycle mêle théorie, pratique et, dans une moindre mesure, clinique. Au programme : sémiologie, gynécologie, obstétrique, pédiatrie, néonatalogie, droit, sciences humaines et sociales, anglais, santé publique, pharmacologie, etc. Les durées des stages ont été réduites par rapport à l'ancien schéma des études. Les aspects cliniques sont davantage abordés sous forme de simulations, d'études de cas, de lectures critiques d'articles. Le DFGSMa (diplôme de formation générale en sciences maïeutiques), de niveau licence, sanctionne ce premier cycle.


Le second cycle comprend ainsi plus de stages, dont un d'un semestre, à temps plein, en seconde et dernière année. Au tronc commun s'ajoute toute une partie “individualisée” afin de s'orienter éventuellement vers la recherche ou pour en apprendre davantage en maïeutique ou autre. À la fin de ce second cycle, l'étudiant présente un mémoire de fin d'études.


Une fois son diplôme d'État en poche, la sage-femme (ou, pour un homme, le maïeuticien) peut travailler à l'hôpital public, dans des établissements privés, en PMI (protection maternelle et infantile) ou en libéral, seul(e) ou en maison médicale.
 

Pharmacie : pour les amateurs de chimie

Les études de pharmacie durent de six à neuf ans selon la filière (officine, industrie, internat, recherche). Après la PACES, les étudiants font d'abord quatre ans correspondant aux premier et deuxième cycles.

Le programme, varié, se présente sous forme de cours théoriques et d'enseignements dirigés puis, à partir de la deuxième année, de travaux pratiques. Deux stages obligatoires et un stage facultatif de préorientation professionnelle sont par ailleurs programmés jusqu'en cinquième année. Cette année-là, dite année hospitalo-universitaire (AHU), met encore davantage l'accent sur la pratique. Les étudiants appliquent leur savoir à l'hôpital pendant un an à mi-temps ou pendant six mois à temps plein. Et choisissent une voie professionnelle.


Les étudiants peuvent ensuite se diriger vers le troisième cycle court. Ils optent pour une spécialisation (officine ou industrie) et obtiennent leur diplôme d'État de docteur en pharmacie au bout d'un an après avoir soutenu leur thèse. La filière “officine” débouche, sans surprise, sur le travail en… officine. La filière “industrie” mène à une carrière dans l'industrie pharmaceutique, agroalimentaire ou cosmétique.


Les étudiants peuvent également se fixer le cycle long, qui est accessible sur concours. Après quatre années, l'internat débouche sur un DES (diplôme d'études spécialisées) dans trois domaines au choix : pharmacie (option pharmacie hospitalière, pratique et recherche, ou bien option pharmacie industrielle et biomédicale), innovation pharmaceutique et recherche ou biologie médicale (option biologie médicale spécialisée ou option biologie médicale polyvalente).
Ces DES permettent de faire carrière dans le secteur privé comme dans le secteur public. Les études sont rémunérées.

Virginie Bertereau


Ophélie, 20 ans, en troisième année de médecine à l'université Paris-Est-Créteil (94)
Ce qu'elle voulait faire. “Je souhaitais faire de la recherche en génétique. Tout ce qui était lié à la santé m'intéressait. Je me suis lancée dans des études de médecine pour pouvoir faire de la recherche dans les laboratoires.”
Ce qu'elle fait aujourd'hui. “Je suis en L3 de médecine. La première année a été difficile. On fait beaucoup de théorie : physique, chimie, anatomie. Les années suivantes sont plus réservées au domaine médical. J'hésite aujourd'hui entre la génétique et la pédiatrie, car j'aime le contact avec les enfants. L'idéal serait, pour moi, de pouvoir lier les deux.”

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