Santé

La première année commune aux études de santé (PACES) conduit à quatre concours : médecine, pharmacie, chirurgie dentaire et école de sages-femmes.

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Médecine, dentaire, sage-femme et pharmacie : ces quatre filières distinctes ont de nombreux points communs, à commencer par la première année d'études, appelée PACES (première année commune aux études de santé). Ensuite, vous serez très vite en situation professionnelle grâce aux stages. C'est là que vous découvrirez des métiers exigeants mais gratifiants et variés.

De la chirurgie à la prothèse, de la salle de naissance au laboratoire, du généraliste au spécialiste… il existe millle et une manières d'exercer dans le domaine de la santé.

Vous ne rencontrerez pas de problèmes de débouchés, mais pour parvenir à vos fins, il vous faudra de bonnes bases scientifiques, de la motivation, de la patience et souvent une grande capacité d'écoute.
 

PACES : l'obstacle incontournable

Les étudiants qui choisissent une filière de santé (médecine, sage-femme, dentaire ou pharmacie) passent par la première année commune aux études de santé (PACES), année sanctionnée par un concours très sélectif.

Près de 90 % des étudiants qui s'inscrivent en PACES sont issus de S. Depuis 2015, une dizaine d’universités expérimentent des admissions parallèles hors PACES, pour des étudiants de licence notamment. Leur objectif : diversifier les profils.

Au premier semestre de la PACES, tous les étudiants suivent les mêmes cours (anatomie, physiologie, biologie, physique…). Puis ils passent un concours unique, mais les coefficients appliqués aux matières varient selon les filières. Ces résultats permettront de savoir si l'étudiant a le niveau pour présenter de un à quatre concours en fin d'année.

Au second semestre, les étudiants gardent un tronc commun, mais doivent suivre un module spécifique à la filière choisie (soit quatre matières). En fin de semestre, les étudiants passent des épreuves communes et des épreuves spécifiques à leur filière.

La PACES se clôt par un concours géré par le numerus clausus (nombre de places offertes au concours pour intégrer la deuxième année). À titre informatif, voici les chiffres de 2016 : 7.646 places en médecine, 1.199 places en dentaire, 1.005 en filière sage-femme et 3.0957 en pharmacie. Avec le classement final, la procédure de choix se met en place.

Les meilleurs candidats réussissent le concours de leur choix. Mais attention, les statistiques ne jouent pas seulement en faveur des bons élèves du lycée. En première année, la plupart des enseignements sont nouveaux. Certains élèves se remobilisent et se révèlent à l'université.

Peut-on entrer dans l'université de son choix ? Chaque faculté s'organise à sa façon ; mieux vaut donc se renseigner auprès de l'établissement visé. Par exemple, certaines universités n'acceptent pas d'inscrire des bacheliers hors académie. D'autres demandent aux étudiants qui n'ont pas le bac de l'année en cours de passer devant une commission de réorientation…

Les candidats non classés peuvent redoubler (sous conditions) ou se réorienter (avec la possibilité de retenter leur chance plus tard). Les principales réorientations s'effectuent vers des filières paramédicales ou des licences scientifiques de l'université.

Médecine : de neuf à onze ans d'études

Le premier cycle des études médicales dure trois ans. Il mène à l'obtention du DFGSM (diplôme de formation générale en sciences médicales) et inclut, en plus de la PACES, le DFGSM2 et le DFGSM3. Les étudiants y approfondissent les bases théoriques et entament la pratique.

À partir du deuxième cycle des études médiacles, d'une durée de trois ans, sanctionné par le DFASM (diplôme de formation approfondie en sciences médicales) et reconnu au grade de master, les externes apprennent les manifestations cliniques, les mécanismes physiopathologiques et les démarches thérapeutiques appliquées à chaque pathologie d'une discipline (cardiologie, ophtalmologie, dermatologie, etc.). Ils partagent leur temps entre la fac, les stages à l'hôpital et les gardes.

En ligne de mire : les ECNi (épreuves classantes nationales informatisées). La dernière année de ce deuxième cycle est essentiellement consacrée à leur prépa­ration.

En fonction de leur rang de classement aux ECNi et des postes disponibles, les étudiants choisissent un lieu de formation et une spécialité parmi la trentaine proposées (anesthésie-réanimation, neurochirurgie, cardiologie, médecine générale, pédiatrie, psychiatrie, santé publique…).

L'internat dure ensuite entre trois ans (généralistes) et quatre ou cinq ans (autres spécialités). À la clé : un DES (diplôme d'études spécialisées) dans une discipline.

Pour obtenir le titre de docteur en médecine, les internes doivent soutenir une thèse puis prononcer le serment d'Hippocrate.

Lire aussi : médecine : prêt pour une dizaine d'années d'études ?

Dentaire : au moins cinq années de formation

Pratique et professionnalisée, la formation d'odontologie ou dentaire dure au moins cinq ans après la PACES. Les études sont dispensées dans 16 universités, au sein des facs d'odontologie et de chirurgie dentaire.

La PACES et les deux années d'études suivantes constituent le premier cycle de dentaire, sanctionné par le DFGSO (di­plôme de formation générale en sciences odontologiques). Dès la deuxième année (DFGSO2), les étudiants effectuent un stage d'initiation aux soins à l'hôpital et se retrouvent en contact avec des patients. Comme en médecine, les cours magistraux en amphi cèdent la place à diverses méthodes d'enseignement interactives par petits groupes. En troisième année, la formation devient encore plus pratique.

Un deuxième cycle professionnalisant s'étale sur deux ans, durant lesquels se combinent théorie, travaux pratiques et stages. Le programme aborde des matières médicales (pathologies, pharmaco­logie…) et odontologiques (prothèses, parodontologie…) complétées par des ­travaux manuels.

Après l’obtention du CSCT (certificat de synthèse clinique et thérapeutique) et du DFASO (diplôme de formation approfondie en sciences odontologiques, grade master), l’apprenti dentiste doit choisir entre un troisième cycle court (une année), consacré à la préparation de l’exercice autonome de la profession, et un cycle long (trois ou quatre ans) ou internat, accessible sur concours (109 postes en 2016). Quelle que soit la durée de ce troisième cycle, les étudiants doivent effectuer des stages hospitaliers et soutenir une thèse.

À l’issue de leur formation, les étudiants obtiennent le di­plôme d’État de docteur en chirurgie dentaire et peuvent exercer. Le chirurgien-dentiste soigne les maladies des dents, de la bouche, des os de la mâ­choire et des tissus attenants.

Près de 90 % des professionnels optent pour l’exercice libéral, comme généraliste ou avec une spécialité (ortho­dontie). Les 10 % restants travaillent en milieu hospitalier. Il est également possible d’envisager une carrière de chercheur.

Sage-femme : un cursus en cinq ans

La formation de sage-femme est dispensée dans une quarantaine d'écoles agréées par le ministère de la Santé et dépendantes des CHU (centres hospitaliers universitaires). La plupart des écoles sont rattachées ou liées à une faculté de médecine.

Le cursus se fait en cinq ans divisés en deux cycles : le premier dure trois ans, et comprend la PACES, le second dure deux ans.

Le premier cycle mêle théorie, pratique et, dans une moindre mesure, clinique. Au programme : sémiologie, gynécologie, obstétrique, pédiatrie, néonatalogie, droit, sciences humaines et sociales, anglais, santé publique, pharmacologie, etc. Les durées des stages ont été réduites par rapport à l'ancien schéma des études. Les aspects cliniques sont davantage abordés sous forme de simulations, d'études de cas, de lectures critiques d'articles. Le DFGSMa (diplôme de formation générale en sciences maïeutiques), de niveau licence, sanctionne ce premier cycle.

Le second cycle comprend davantage de stages, dont l'un d'un semestre à temps plein en dernière année. Au tronc commun s'ajoute toute une partie “individualisée” afin de s'orienter éventuellement vers la recherche ou en apprendre davantage en maïeutique ou autre. À la fin de ce second cycle, l'étudiant présente un mémoire de fin d'études. L'obtention du DFASMa (diplôme en formations approfondie en sciences maïeutiques) confère le grade de master.

Une fois son diplôme d'État en poche, la sage-femme (ou, pour un homme, le maïeuticien) peut travailler à l'hôpital public, dans des établissements privés, en PMI (protection maternelle et infantile) ou en libéral, seul(e) ou en maison médicale.

Pharmacie : de six à neuf ans selon la filière

Les études de pharmacie durent de six à neuf ans selon la filière (officine, industrie, internat, recherche).

Lire aussi : classement des PACES : où réussit-on le mieux le concours de pharmacie ?

Après la PACES, les étudiants font d'abord quatre ans correspondant au premier cycle et au deuxième cycle. Le programme, varié, se présente sous forme de cours théoriques et d'enseignements dirigés puis, à partir de la deuxième année, de travaux pratiques. Deux stages obligatoires et un stage facultatif de préorientation professionnelle sont par ailleurs programmés jusqu'en cinquième année.

Cette cinquième année, dite année hospitalo-universitaire (AHU), met encore davantage l'accent sur la pratique. Les étudiants appliquent leur savoir à l'hôpital pendant un an à mi-temps ou pendant six mois à temps plein. Et choisissent une voie professionnelle.

Les étudiants peuvent ensuite se diriger vers le troisième cycle court. Ils optent pour une spécialisation (officine ou industrie) et obtiennent leur diplôme d'État de docteur en pharmacie au bout d'un an après avoir soutenu leur thèse. La filière “officine” débouche, sans surprise, sur le travail en… officine. La filière “industrie” mène à une carrière dans l'industrie pharmaceutique, agroalimentaire ou cosmétique.

Les étudiants peuvent également choisir le cycle long, appelé internat, qui est accessible sur concours. Ces quatre années d'études sont validées par le DES (diplôme d'études spécialisées) dans trois domaines au choix : pharmacie (option pharmacie hospitalière, pratique et recherche, ou bien option pharmacie industrielle et biomédicale), innovation pharmaceutique et recherche ou biologie médicale (option biologie médicale spécialisée ou option biologie médicale polyvalente).

Ces DES permettent de faire carrière dans le secteur privé comme dans le secteur public. Les études sont rémunérées.

Lire aussi : PACES : le classement 2016 des facs de médecine 

Victor, 21 ans, en quatrième année de pharmacie, à Reims (51)

Ce qu'il voulait faire. Pharmacie. “J'ai su ce que je voulais faire dès le lycée. Intéressé par la chimie et les sciences humaines, j'ai décidé, après mon bac S, de m'inscrire en PACES [première année commune aux études de santé], à l'université de Reims-Champagne-Ardenne, avec la ferme intention de rejoindre la filière pharmacie. C'était l'occasion de lier les métiers de la santé et de la chimie.”
Ce qu'il fait aujourd'hui. Pharmacie. “Comme prévu, après la PACES, j'ai rejoint le département pharmacie de la fac. Je suis en quatrième année. Je serai diplômé en 2019 et j'espère pouvoir exercer en officine.”

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