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Enquête

Sur les réseaux sociaux, les étudiants angoissent avant les partiels

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En fin d'année, les vacances ne sont pas pour tout le monde. De leur côté, les étudiants planchent. // © twitter/Capture d'écran
En fin d'année, les vacances ne sont pas pour tout le monde. De leur côté, les étudiants planchent. // © twitter/Capture d'écran

De Facebook à SnapChat, les étudiants déballent tout. Les réseaux sociaux sont devenus le miroir grossissant de leurs galères. Épisode 3, la peur des partiels.

Pour tâter le pouls des étudiants avant les examens, rien ne vaut un tour sur les réseaux sociaux. "Si au partiel j'ai un 2, je peux même pas me plaindre parce que ce sera 2 points de plus que ce que je mérite." Coline, le 16 décembre, ne fait pas de chichis sur la page Facebook "Galères étudiantes". Une vitrine virtuelle qui porte bien son nom. Depuis quelques jours, chacun y va de son petit commentaire dépité. Tous les désarrois y convergent alors que, en cette fin décembre, les étudiants ont les yeux rivés sur leurs partiels qui vont sanctionner tout un semestre.

Sur la page, le message ci-dessus compte 550 commentaires et 3.600 réactions. Paradoxalement, l'échec aux examens s'envisage chez les étudiants plutôt avec un bel état d'esprit. "Je cherche toujours le pouls de mon diplôme, il y a rien", ironise Margaux, étudiante en psycho à Rennes 2, dans un mélange de peur de l'échec et d'espoir de réussir tout de même. "J'ai déjà abandonné moi", désespère Claire. 

C'est devenu aussi traditionnel que les fêtes de fin d'année : l'avalanche de mèmes, de scènes de films détournés ("sur un malentendu ça peut marcher") et de billets humoristiques ("8 conseils pour réviser 5 minutes avant un examen") pour conjurer l'angoisse avant les partiels. Et pour ceux qui découvrent les joies de ces révisions hivernales pour la première fois, cela peut coincer :

Des BU "blindées"

Qui dit veille de partiels, dit BU saturées. Des files d'attente devant les bibliothèques avant l'ouverture, des places assises qui valent chères... "Tu dois arriver à l'aube pour avoir le privilège de bosser des partiels que tu vas rater"ironise cet étudiant en management à l'IAE de Lyon

Malgré des horaires d'ouverture allongés les BU sont chaque année confrontées à cette difficulté. Les groupes Facebook deviennent des agoras où s'échangent des solutions de repli. Ici, celui d'étudiants de Toulouse :

Le pure player étudiant local, Aparté.com, propose lui une sélection de lieux pour réviser "hors BU"

Le "talent" aux examens

Tout le monde ne prend pas la peine de réviser, et le fait savoir. Pourquoi être studieux quand on peut y aller "au talent" ? Cette expression, qui signifie que l'on juge avoir assez de capacités pour réussir ses partiels sans ouvrir ses cahiers, renaît toujours de ses cendres avant les examens. 

Le problème, c'est que ces aventuriers découvrent souvent le jour de l'épreuve qu'ils n'en ont guère. 

Lire aussi : Facs, premiers partiels : même pas peur !

La peur de l'échec

Les moins optimistes redoutent le pire. Et déversent leur crainte à coups de gazouillis sur Twitter. Comme cette étudiante en licence de droit-économie à l'Université de Lorraine.

Ne soyons pas alarmistes, mais en moyenne seuls 4 étudiants sur 10 obtiennent leur licence au bout de trois ou quatre ans.

Procrastiner pour ne pas angoisser

Ennemie n°1 des étudiants (et de la réussite), la procrastination

Des études très sérieuses soulèvent le fait qu'elle serait très répandue chez les étudiants. Compliquée à chiffrer, elle affecterait environ 50 % d'entre eux, selon une psychothérapeute interrogée par "Le Monde". Face à des tâches qui nous paraissent insurmontables (une pile de cours de droit administratif), on se réfugie dans des besognes moins pénibles.

Mais des remèdes existent : faire une to-do list, utiliser des "starters" (réveils, alarmes), couper toute source de distraction... 

Le piège de l'absence en cours

Travailler, c'est dur. Quitter son oreiller pour aller en cours aussi. Ne pas avoir pointé en amphithéâtre durant le semestre procure sa dose d'anxiété :

L'absentéisme est une des causes de l'échec. Selon une enquête de l'EM Strasbourg, conduite en 2012, 8,3 % des étudiants ne fréquentait pas assidûment les salles de cours. L'année suivante, ce chiffre montait à 12,4 %. 

Cela étant dit, tenez le coup et bon courage à tous !

Découvrez les premiers épisodes de la série :
- Épisode 1. Sur les réseaux sociaux, la sous-alimentation des étudiants s'exprime sans fard.
- Épisode 2. "Gouffre à temps libre", "l'enfer"... Quand les étudiants taclent leur administration.