Corrigé du Bac ST2S : le sujet de Philosophie sujet 2

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Le sujet de Philosophie sujet 2 :


Une vérité peut-elle être définitive ?

Le corrigé de Philosophie sujet 2, Bac ST2S


Il s'agit là d'un sujet très classique sur la définition de la vérité. Je ne propose pas de plan-type car il n'y en a pas. L'essentiel pour les élèves qui ont pris ce sujet, était de bien réfléchir à tout ce que pouvait impliquer le terme « définitif ».

Commençons par une réflexion sur les termes : la réalité existe. Elle est indépendante de l'homme. La vérité concerne nos jugements sur la réalité. Ceux-ci peuvent être qualifiés de « vrais » ou « faux » selon qu'ils sont conformes ou non à la réalité. Ce qui est qualifié de « définitif » est considéré comme achevé, certain, irrévocable. Cela s'oppose au temporaire, au variable. L'analyse du sujet pourrait partir d'un paradoxe : si la vérité est l'adéquation de mon jugement à la réalité, alors cette vérité est nécessairement définitive. Pourquoi alors poser cette question ?

Est-ce parce que je ne suis jamais certain que mon jugement soit « vrai » ? Cela pose la question du degré de certitude de mon jugement, de ma capacité à prouver ce que j'affirme, à éliminer tout doute. Le problème est alors celui des moyens d'accès à la vérité. Y a-t-il une « méthode » rigoureuse qui me permettrait d'éliminer toute incertitude ? (cf Descartes, le doute méthodique). Ou est-ce parce que lorsque l'on emploie le mot « vérité », on ne parle pas toujours de la même chose ? S'agit-il de certitudes objectives obtenues par la raison ? De certitudes subjectives, convictions personnelles argumentées ? De croyances solidement ancrées ? De préjugés que mon esprit admet pour vrais par « paresse » comme dirait Kant ?

Si l'on parle en toute rigueur, seule la 1ère catégorie de jugement aurait bien « droit » au titre de vérité, elles seules pourraient être qualifiées de définitives. Mais là même, l'erreur est possible : les sciences utilisant de moyens d'observation comme le télescope ou le microscope sont en un sens « vulnérables » car tributaires des progrès techniques. Une vérité scientifique peut donc être en toute bonne foi considérée comme définitive à une époque donnée car à cette époque, il était impossible de « faire mieux ». Seules alors les vérités mathématiques qui sont « l'accord de la pensée avec elle-même » (donc ne dépendant pas de données empiriques) pourraient être qualifiées de définitives ...

Mais la réalité elle-même peut évoluer. La vérité considérée comme définitive, peut alors ne plus l'être. Les hommes appellent peut-être « définitives » les affirmations dont ils ne voudraient pas qu'elles changent. Si nous considérons le 2ème sens attribué au terme de vérité (des certitudes subjectives, argumentées, donc fondées sur la raison), nous aurions là un exemple possible : Si ma conviction est que la paix en Europe de l'Ouest ne sera jamais remise en question (conviction étayée par ma connaissance de l'histoire ou de l'actualité), alors je souhaite que ce soit « vrai ». En ce sens ce n'est peut-être pas « vrai » au sens strict (l'avenir contredira peut-être cette affirmation) mais « je crois, «j'espère » que ce soit vrai. Ceci rejoint les 2 derniers sens cités (les croyances). On peut en effet se demander si tout jugement sur le réel n'est pas une « croyance », une sorte de pari. Seul un être supérieur, omniscient pourrait au sens strict savoir que les jugements formulés par les hommes sont bien vrais.

On peut maintenant observer cet énoncé de manière plus critique et se demander s'il n'est pas dangereux de prétendre qu'un jugement « est » une vérité définitive : C'est ce qu'on appelle le « dogmatisme » : J'impose « ma vérité » comme étant La Vérité. Ce faisant je refuse tout dialogue. J'affirme qu'il n'y a pas à revenir dessus, pas à discuter, que toute nouvelle recherche est inutile. Cette attitude peut être rapprochée de ce que Bachelard appelle « l'instinct conservatif », c'est-à-dire le fait de s'accrocher à une théorie existante considérée comme vraie et de refuser toute remise en question par peur de devoir rompre avec nos habitudes et certitudes.

Conclusion

En apparence affirmer qu'une vérité est temporaire semble contredire l'idée-même de vérité (soit c'est vrai, soit ça ne l'est pas). Cependant ce que les hommes nomment « vérité » est relatif à leur capacité de réflexion, leur état d'esprit, leur culture, leurs moyens techniques etc. D'où il est logique que le statut de leurs affirmations (vraies ou fausses) évoluent avec eux. On peut alors se demander si la possibilité d'une vérité définitive existe bien (cf le scepticisme). D'un autre côté, on a vu que le concept de vérité définitive pouvait en lui-même être problématique car il peut sous-entendre l'absence de débat, de remise en cause, l'appropriation, la confiscation de la vérité par ceux qui prétendent la détenir.

 
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