Corrigé du Bac STMG : le sujet de Français

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Le sujet de Français

publié par LEtudiant.fr

Le corrigé de Français

CORRIGE NON OFFICIEL DES EPREUVES ANTICIPEES DE FRANÇAIS
BACCALAUREAT 2015 – SERIES TECHNOLOGIQUES.

1 – Question de corpus.

A) rappel des principes. • La question de corpus porte sur les trois textes proposés. Il faut donc bien répondre à la question en évoquant les trois textes : chacun d’eux doit être cité au moins une fois. • Structurer sa réponse : intro, développement (deux ou trois parties), conclusion. • Ne pas entrer dans le détail d’un commentaire, mais expliciter les grandes idées. • Eviter les plans du genre « premier texte, second texte, troisième texte », mais parler des textes ensemble, en essayant plutôt de trouver en quoi ils sont similaires (1ere partie) puis en quoi ils sont différents (2eme partie), ou l’inverse. • Appuyer ses affirmations par des citations du ou des textes concernés. • Eviter de parler de « Texte A », « Texte B », « texte C »...
B) Pistes de réponse.

Question 1 : Les trois textes ont en commun de mettre en scène
une relation entre homme et animal ; mais pas n’importe quel animal. En effet, il s’agit dans les trois cas d’un animal sauvage (par opposition à animal domestique, chien ou chat par exemple) et, de plus, d’un animal dangereux pour l’homme (lion, ours ou, pour le texte de Hugo, une vision fantasmatique de la pieuvre présentée comme dangereuse).
Cependant, les rapports sont très différents. Chez Hugo, la relation est une lutte à mort, puisque Gilliatt est une proie pour la pieuvre. Chez Kessel, au contraire, la relation est amicale, affectueuse : Bullitt a élevé le lion et il a avec lui un rapport presque paternel (il l’appelle « garçon » et « mon fils »). Enfin, chez Sorman, la relation est une domination avilissante : l’ours est réduit à l’état d’une marionnette dérisoire que le dompteur mène à sa guise (« me fait avancer », « me demande ») et que la foule traite avec méchanceté (« masse survoltée », « une pierre », « une canne »...).

Question 2 : Chacun des extraits nous présente un animal sauvage et cherche à en faire un véritable personnage. C’est très net pour le texte de Sorman : l’ours (ou plutôt, l’homme changé en ours) est le héros du roman. La narration est faite par lui, à la première personne, en focalisation interne, et c’est pas ses yeux que les événements nous sont montrés. Pour le texte de Kessel, le lion est l’un des personnages principaux (il fournit d’ailleurs le titre) : il a un nom (King), des particularités physiques (l’œil gauche « un peu plus fendu et rétréci que le droit »), un caractère, des désirs (« Bullitt savait ce que le lion attendait »), une intelligence « égale à celle de Bullitt » ; en somme tous les attributs d’un véritable personnage. Kessel ne recule d’ailleurs pas devant la focalisation interne (« King comprenait », « King savait qu’il s’agissait d’un jeu »...) pour accentuer encore cette personnalisation. Enfin, dans le texte de Hugo, le procédé est tout différent : il s’agit de faire de la pieuvre un véritable monstre. L’auteur commence donc par nous présenter son action en usant d’un champ lexical    de    terreur    et    de    souffrance    (« horreur    indescriptible », « épouvantablement », « repoussantes    formes »,    « affreuse    et    bizarre douleur »...) avant de nous révéler l’identité de l’animal. Mais il nous la révèle en employant un article défini. Ce n’est pas « une » pieuvre mais « la »    pieuvre,    comme    on    dirait    d’un    monstre    mythologique    « la Gorgone » ou « le Sphinx ». Cet article permet de particulariser l’animal, d’en faire une sorte d’entité puissante et effrayante, ce que confirme le mot    « reconnut » :    on    dirait    que    tous    les    marins    comme    Gilliatt connaissent et craignent ce monstre, dont ils ont tous entendu parler.

2 – Commentaire composé.

Les axes de lecture sont donnés. L’introduction doit donc situer l’auteur (Hugo, figure majeure de notre littérature, écrivain et poète romantique du milieu du XIXeme siècle), l’œuvre (Les Travailleurs de la mer, écrit à Jersey en 1866), le passage... et annoncer le plan.

A) Organisation et développement de la tension dramatique. • Elle s’organise d’abord par la montée graduelle de la capture de Gilliatt, chaque nouveau tentacule ajoutant un degré au drame: « Quelque chose », « une deuxième lanière », « une troisième lanière », « une quatrième ligature », « un cinquième allongement »... • A chaque degré de cette montée, Hugo nous décrit la montée correspondante des émotions chez son héros : il est d’abord surpris et horrifié par un contact répugnant (« horreur indescriptible », « se rejeta en    arrière »)    mais    aussi    immobilisé    (« il    était    comme    cloué »)    et, circonstance aggravante, c’est son bras droit qui est pris (« sa main
gauche restée libre »). Avec le deuxième tentacule, l’horreur continue (« lécha épouvantablement ») et la douleur s’y ajoute (« une souffrance inouïe »). Les deux tentacules suivants accroissent encore cette peur et cette douleur : l’angoisse de Gilliatt est « à son paroxysme »    et il ressent sur tout le corps « une affreuse et bizarre douleur »...
• Hugo insiste également sur l’impuissance de son héros face à l’attaque : Gilliatt « put à peine remuer », puis « effort désespéré », puis « Gilliatt    pouvait    à    peine    respirer »    et    « impossible    de    couper    ni d’arracher ces courroies visqueuses ».
• Enfin, la progression dramatique culmine avec la révélation du monstre. Jusque là, Hugo nous a décrit l’attaque sans nous révéler son origine (« Quelque chose », « cela », « on ne sait quelle spirale »...). Mais la fin nous fait voir une tête « immonde » avant que ne vienne la révélation : « Gilliatt reconnut la pieuvre », avec l’emploi de l’article défini (« la ») qui fait de l’animal une sorte de monstre mythique et le « reconnut » qui lui confère une sorte de célébrité effrayante.

B) Expression de l’angoisse et de l’horreur. • Recours au champ lexical de la peur : « horreur indescriptible », « épouvantablement », « angoisse à son paroxysme » ; • emploi de formules d’indétermination (« Quelque chose », « cela », « on    ne    sait »...)    qui    accentuent    le    caractère    mystérieux    et    donc angoissant de ce qui arrive au héros ; • champ lexical de l’invasion, de l’intrusion (« poussée d’une vrille », « envahi le poignet », « fouillait », « entoura tout le corps », « collées à sa chair», s’y fixa» qui crée le sentiment que le héros est graduellement vaincu, de plus en plus dominé par le monstre... • champ lexical de la sensation (« gluant », « froid », « visqueuses »...) et surtout association de ces sensations à l’évocation de « bouches » ou au fait de « boire son sang » : l’image d’une proie attaquée par un prédateur qui l’immobilise avant de la dévorer s’impose ainsi peu à peu.

Conclusion : un passage magistral, qui démontre tout le savoir-faire de Hugo en transformant un animal objectivement inoffensif en un véritable monstre des mers. Ce texte a connu une grande célébrité, et a donné pour très longtemps une très mauvaise réputation aux pieuvres.

3 – Dissertation.

Quelques pistes... • D’abord, qu’appelle-t-on « un bon personnage de roman » ? Est-ce un personnage auquel on peut s’identifier, dont on peut comprendre les réactions et partager les émotions? Ou est-ce un personnage en position de vivre des événements particulièrement intéressants ?
• Et qu’est-ce qu’un personnage « non-humain » ? Les textes du corpus suggèrent des animaux, mais n’y a-t-il pas d’autres pistes ? Un extra- terrestre, un personnage d’héroïc-fantasy, un spectre, un vampire...
•    Qu’est-ce    qui    pourrait    empêcher    un    personnage    « non-humain » d’être un « bon » personnage de roman ? Après tout, un animal, un vampire ou un extra-terrestre peuvent vivre des aventures palpitantes... Mais en revanche, il est peut-être plus difficile de s’identifier à eux.
• A partir de là, on voit se dessiner deux axes et une possible synthèse :
-    un personnage non-humain peut tout à fait être un « bon » personnage si on s’intéresse essentiellement à l’histoire,    aux    péripéties    (exemples :    l’héroïne    des Fourmis de Bernard Werber est une fourmi ouvrière au sein d’une fourmilière, le héros de Entretiens avec un vampire d’Ann Rice est un vampire, celui du Seigneur des Anneaux de Tolkien est un hobbit... On peut même aller jusqu’à évoquer un héros qui n’est qu’un pantin de bois : Pinocchio de l’italien Collodi) ;
-    mais il est plus facile de s’identifier aux actions et aux émotions d’un personnage humain plongé dans un milieu réaliste : George Duroy (Bel-Ami de Maupassant), Eugénie Grandet (Balzac), Madame Bovary (Flaubert) ou Julien Sorel (Le Rouge et le Noir de Stendhal), par exemple, nous touchent précisément parce qu’ils sont humains, avec leurs qualités et leurs défauts.
-    D’où    la    synthèse :    peut-être    qu’un    personnage    « non- humain » ne peut être un « bon » personnage de roman que s’il n’est qu’apparemment non-humain et qu’en fait, derrière son apparence non-humaine, il est humain par la psychologie et le ressenti. On le voit avec le texte de Joy Sorman : cet ours est en fait un homme changé en
ours, et c’est le décalage entre son apparence non- humaine et l’humanité de son ressenti qui nous touche. (dans le même esprit, on peut citer le roman Truismes de Marie Darrieussecq : une femme changée en truie). Idem pour le texte de Kessel : c’est l’humanisation du lion qui en fait pour nous l’intérêt et qui nous permet de nous attacher à lui jusqu’à être bouleversés par sa mort à la fin du roman.

• En conclusion : Pour de simples aventures, on peut se contenter de héros non-humains. Mais dès qu’il s’agit de rentrer dans une véritable sympathie avec le personnage, celui-ci doit avoir une psychologie humaine. D’ailleurs, dans la mesure où ce personnage est créé par un auteur humain, peut-il véritablement ne pas l’être au moins un peu ?

Ecriture d’invention.

A faire / A éviter Comme toujours dans cette épreuve, il est primordial de bien respecter les consignes données. Ici, elles sont très précises :
- c’est toujours l’ours qui parle. Il faut donc mener le récit à la première personne et rester dans cette logique d’un récit fait par l’animal, en insistant éventuellement sur des évocations physiques :    pattes    nues,    fourrure,    odorat    particulièrement développé, etc. ;
-    le sujet dit « vous narrerez ces épisodes » : il faut donc imaginer et raconter dans quelles circonstances l’ours parvient à s’échapper et à regagner la forêt. Mais il faut aussi raconter ces retrouvailles avec la forêt... ;
-    le sujet insiste sur « les émotions et les pensées » : il faut donc mettre l’accent sur les diverses émotions ressenties lors de ces épisodes : crainte d’être vu lors de l’évasion, soulagement en constatant que l’évasion a réussi, hésitations sur la route à suivre, joie en apercevant la forêt, plaisir de s’y aventurer, etc. ;
- notons aussi que l’auteur transcrit les dialogues d’une façon particulière, dans la continuité du texte. Si on relate dans son récit des phrases entendues, il faudra penser à respecter ce choix typographique ;
- et bien évidemment, ne pas omettre la dernière contrainte : au moins quarante lignes !


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