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Décryptage

6 raisons d'intégrer une Junior-Entreprise et "grandir" professionnellement

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Écoles de commerce, mais aussi écoles d'ingénieurs et universités, abritent des Junior-Entreprises. Ici, ETIC INSA Technologies, la Junior-Entreprise de l'INSA Lyon. // © photo fournie par l'établissement
Écoles de commerce, mais aussi écoles d'ingénieurs et universités, abritent des Junior-Entreprises. Ici, ETIC INSA Technologies, la Junior-Entreprise de l'INSA Lyon. // © photo fournie par l'établissement

Mise en pratique des cours, montée en compétences, découverte du monde du travail... Le passage en Junior-Entreprise peut faciliter votre insertion professionnelle et booster votre début de carrière. Témoignages.

"Rejoindre la Junior-Entreprise de mon école reste à ce jour ma meilleure décision professionnelle !" Laura Lemonnier, 25 ans, diplômée d'un M2 en management interculturel de l'ISIT, en poste en CDI (contrat à durée indéterminée) depuis un an, ne tarit pas d'éloges sur son expérience de vie associative à Junior Isit. Pourquoi tant d'enthousiasme ? Pour plusieurs raisons…

1. Travailler dans une mini-entreprise

Il existe actuellement 180 Junior-Entreprises en France implantées dans les écoles de commerce, les écoles d'ingénieurs mais aussi, de plus en plus, au sein des universités : une Junior-Entreprise sur cinq est universitaire. Ces associations étudiantes font travailler 20.000 étudiants sur quelque 2.900 problématiques confiées chaque année par les entreprises. Une grosse Junior-Entreprise comme Junior ESSEC (la première créée, en 1967) réalise plus d'1,5 million d'euros de chiffre d'affaires annuel. Une Junior-Entreprise de création plus récente, comme Sorbonne Junior Conseil (labellisée en 2013), facture plus modestement 25.000 € de services par an.

La majorité des étudiants effectuent un passage en "JE" quand ils entrent en troisième année de licence, master 1 ou master 2. Dans une JE, on distingue les étudiants administrateurs des étudiants chargés de réaliser les missions. Les premiers gèrent l'association, prospectent les clients, assurent le suivi quand une mission est confiée et recrutent les étudiants junior consultants chargés de faire le "taf" : c'est-à-dire analyser le marché du fitness pour une marque de sport, réaliser une vitrine digitale pour une plate-forme de logement étudiant, concevoir un dispositif de largage installé sur des drones…

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Les demandes des clients sont vastes. Souvent, elles s'apparentent aux missions d'un cabinet de consultants classique. Mais chacune de ces JE a ses spécialités. "Notre Junior-Entreprise est assez "exotique" : nous sommes la seule spécialisée dans la traduction", explique Laura Lemonnier. Beaucoup d'entreprises de toutes tailles nous commandent des travaux de traduction dans les principales langues de travail : l'anglais, l'allemand, l'espagnol… Nous avons même ajouté à nos services le chinois et l'arabe."

2. Mettre en pratique ses connaissances théoriques

"Parmi la multitude d'associations qu'on trouve à l'université, l'aspect professionalisation de la Junior-Entreprise me parlait, confie Marie qui a intégré Sorbonne Junior Conseil en 2016, en troisième année de licence. En licence d'économie, les études sont très théoriques et axées sur la recherche. Or, je souhaitais mettre rapidement en application mes connaissances", précise l'étudiante actuellement présidente de l'association.

"En Junior-Entreprise, on apprend à travailler avec un client, à livrer un résultat final à une entreprise qui attend une prestation de qualité", explique Niels Rolland, 23 ans, en dernière année de master à Audencia Business School qui a passé près de deux ans au sein de Audencia Junior Conseil. "On est dans le réel, avec de vraies missions à réaliser pour de vrais clients. C'est idéal pour la mise en application du bagage théorique."

3. Gagner de l'argent

En Junior-Entreprise, les administrateurs sont bénévoles, mais les étudiants consultants qui réalisent les missions sont rémunérés. Le principal objectif de la JE reste avant tout pédagogique : elle vous permet de gagner en compétences et de faciliter votre insertion dans le monde du travail. Néanmoins, la rémunération de vos travaux, si elle est une conséquence annexe, est toujours intéressante pour le financement de vos études. Surtout, vous êtes rétribué pour des missions en lien avec votre formation, quand beaucoup d'étudiants exercent un job d'équipier fast-food ou de coursier à vélo.

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En moyenne, une étude de Junior-Entreprise est facturée 3.900 €, mais plusieurs étudiants peuvent se la partager et le temps passé pour la réaliser peut varier selon l'importance de la mission, son niveau de difficulté. "Si une étude est facturée 2.000 €, les étudiants seront rémunérés 1.000 à 1.850 €, estime Marie Leone, la présidente de Sorbonne Junior Conseil. Nous tenons à fidéliser les étudiants qui fournissent un travail de qualité".

4. Se créer un réseau

"Grâce à mon investissement en JE, je suis mieux informée de la réalité du tissu entrepreneurial et du monde professionnel en général, remarque Laura Lemonnier. Je ne découvre pas dans mon premier poste ce que c'est que de "dealer" avec un client en négociation." En Junior-Entreprise, vous sortez du campus pour vous confronter directement aux réalités des clients : entreprises petites ou grandes, collectivités locales, start-up en création. Vous constituez ainsi votre premier réseau de contacts professionnels. Vous bénéficiez aussi du réseau Junior-Entreprise. "Le réseau compte 20.000 junior-entrepreneurs. C'est un tremplin pour nos vies professionnelles", confie Éline Achard, 22 ans, qui préside ETIC INSA Technologies, la Junior-Entreprise de l'INSA Lyon.

Beaucoup d'événements régionaux ou nationaux sont organisés toute l'année pour rencontrer des membres d'autres associations, à l'instar du congrès d'hiver à Saint-Jean-de-Monts, qui s'est tenu du 24 au 26 novembre 2017. Vous pouvez à cette occasion accéder de manière privilégiée à des recruteurs et même vous former ! Les gros sponsors de la confédération nationale des Junior-Entreprises (EY, Alten, BNP-Paribas, Engie…) interviennent en effet pour former les junior-consultants au codage informatique ou les initier au "personal branding".

5. Faciliter son insertion professionnelle

"Avoir exercé des responsabilités à 20 ans en JE, cela fait vraiment la différence auprès des recruteurs. Tous m'ont demandé comment je m'y étais prise pour concilier ces responsabilités avec mes études !, sourit Laura Lemonnier, actuellement commerciale en CDI dans une régie publicitaire. Le passage en Junior-Entreprise développe votre capacité de travail : j'y consacrais 30 heures par semaine en plus de mon master à l'ISIT." La jeune femme a fait valoir cette expérience lors de ses entretiens de recrutement.

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"Lors du congrès national d'été en mai, j'ai pu avoir des contacts privilégiés avec des recruteurs de BNP Paribas et déposer mon CV et ma lettre de motivation dans leur CVthèque", se souvient de son côté Marie Leone, qui boucle son master 2 en finance et préside Sorbonne Junior Conseil. "Je cherchais à effectuer un stage en banque d'investissement. Être junior-entrepreneur m'a facilité la prise de contact."

6. Exercer tôt des responsabilités

"J'ai des responsabilités en Junior-Entreprise qu'on ne m'aurait jamais confiées en stage", confie Laura Lemonnier. "Exercer des responsabilités jeune est très enrichissant. Je découvre le secteur des affaires publiques que je ne connaissais pas", confie de son côté Clara Dikita, 22 ans, vice-présidente de la Confédération nationale des JE et élève ingénieure. Cet automne, la jeune femme est même allée plaider la cause des Junior-Entreprises à l'hôtel Matignon ! "En tant que présidente de Sorbonne Junior Conseil, j'exerce un rôle de représentation de la structure en dehors de l'université auprès des entreprises et de différents organismes, je dirige des équipes, je réfléchis à la stratégie à moyen terme", détaille de son côté Marie Leone.

"Durant mon mandat, nous avons structuré Audencia Junior Conseil. Son chiffre d'affaires a triplé et nous l'avons fait certifier Iso 9001", se félicite quant à lui Niels Rolland. Le bureau Veritas, un organisme certificateur extérieur a audité les comptes et les procédures de travail avant de délivrer cette norme de qualité. L'association a gagné ainsi en crédibilité auprès de ses clients : "En fait, le temps que vous passez en JE – souvent 12 mois – vous fait grandir, résume Niels. Vous devenez adulte professionnellement."