1. Cette jeune diplômée aide les femmes du monde entier à créer leur entreprise
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Cette jeune diplômée aide les femmes du monde entier à créer leur entreprise

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Soazig Barthélémy, une Bretonne de 27 ans, aide les femmes à réaliser leurs potentiels. // © Photo fournie par le témoin
Soazig Barthélémy, une Bretonne de 27 ans, aide les femmes à réaliser leurs potentiels. // © Photo fournie par le témoin

ELLE VA FAIRE LA UNE. Soazig Barthélémy, 27 ans, a cofondé Empow’Her, une association pour former les femmes à la création d'entreprise. Forbes France l'a classée cette année parmi les 30 entrepreneurs sociaux de moins de 30 ans les plus influents d'Europe.

Soazig Barthélémy, une Bretonne de 27 ans, se destinait à travailler dans des banques d’investissement. C’est d'ailleurs ce qu’elle a fait pendant un an et demi, en sortant de son école de commerce. Mais aux introductions en bourse, la jeune diplômée a rapidement préféré l’entrepreneuriat social et le partage de ses connaissances.

L'idée d'Empow'Her lui est venue progressivement au cours de ses études. Après deux ans de prépa, Soazig entre à l'ESCP Europe. L'établissement propose une simulation des négociations des Nations unies. L'étudiante s'investit alors dans le comité sur le statut des femmes. "Je me suis ennuyée. C'était intéressant, mais je me sentais beaucoup trop loin des préoccupations concrètes des femmes." L'expérience lui permet de se recentrer sur sa véritable motivation : aller sur le terrain, pour y agir concrètement.

Du projet d'étude à l'action

Avec une petite équipe d'étudiants, elle prépare un projet d'étude sur les femmes micro-entrepreneures. En 2012, ils partent "au Cambodge, au Sénégal, au Burkina Faso et au Pérou pour aller à la rencontre de ces femmes, comprendre quelles sont leurs difficultés et leurs besoins". Sur place, Soazig et ses camarades réalisent que leur formation en finance et en gestion pourrait aider celles-ci à développer rapidement leur activité.

"Je me souviens d'une Cambodgienne, quasiment illettrée, qui travaillait chaque jour dans une usine de vêtements. Nous lui avons donné quelques bases de gestion d'entreprise. Au bout de deux mois, elle avait ouvert sa propre épicerie. Et cela a eu des résultats concrets : son activité lui a permis de servir plus souvent de la viande à ses trois fils et de permettre à l'aîné de poursuivre sa scolarité."

"J'ai construit mon propre métier"

En 2013, marqués par cette expérience, Soazig et ses camarades montent l'association Empow'Her, basée sur le bénévolat. L'idée est de proposer des parcours de formation auprès de cibles choisies dans des pays en développement : des coopératives, des associations, que ce soit au Maroc, au Burkina Faso ou encore en Côte d'Ivoire. "Il faut savoir qu'en Côte d'Ivoire, il y a une majorité de femmes entrepreneures, explique Soazig. Pour elles, c'est une activité de survie."

À l'origine, la jeune Bretonne ne rêvait pas de monter son entreprise. "Je me voyais plutôt comme humanitaire ou diplomate. Un métier en rapport avec les questions de développement, mais pas nécessairement à la tête de ma propre structure." Pendant un temps elle gère Empow'Her bénévolement, en parallèle de son premier emploi. Puis les rencontres, les opportunités et l'envie de développer son activité l'emportent. En septembre 2015, la jeune femme quitte son employeur, la Société Générale, pour transformer l'association en une structure rentable. "J'ai construit mon propre métier", lâche-t-elle dans un sourire. Un job repéré par Forbes France, qui lui a valu d'être classée en janvier 2017 parmi les 30 entrepreneurs sociaux de moins de 30 ans les plus influents d'Europe.

Se développer aussi en France

Aujourd'hui, Empow'Her a créé une filiale en Côte d'Ivoire, déployé une autre au Niger et organise des missions ponctuelles dans plusieurs autres pays. L'association développe aussi son activité en Île-de-France, en Bretagne et en Loire-Atlantique, où elle propose des actions de formation et de sensibilisation à l'égalité femmes-hommes. Avec, à terme, l'idée de s'étendre sur l'ensemble du territoire. Car ici aussi l'entrepreneuriat féminin a besoin d'un coup de pouce : selon la récente étude du cabinet Occurrence pour BNP Paribas, seulement 30 % des entrepreneurs français sont des femmes.