1. Créer son entreprise avant 30 ans : ce que vous devez savoir

Créer son entreprise avant 30 ans : ce que vous devez savoir

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Monter son entreprise tout juste diplômé : voilà quel serait le souhait de près d'un étudiant sur quatre. Mais par temps de crise, est-ce bien raisonnable de vouloir monter sa boite ? Où trouver des fonds ? Comment bien se faire conseiller ? Dans quel type de business se lancer ? Les conseils de nos experts et les témoignages de ceux qui ont osé franchir le pas.

Toutes les questions à se poser avant de créer sa boîte… et les réponses de nos experts, Aïni Hannachi, responsable de l'OPPE (Observatoire des pratiques pédagogiques en entrepreneuriat) à l'APCE (Agence pour la création d’entreprise), et Philippe Hayat, entrepreneur depuis plus de 20 ans, président de l’association 100 000 entrepreneurs.


Tout juste diplômé ou après quelques années d'expérience : quand est-il préférable de monter son entreprise ?


Une première expérience professionnelle est certes un atout pour monter sa boîte, mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas le faire en sortant de l’école. Pour Aïni Hannachi, "si on a une bonne idée et que tout l’entourage personnel y croit, il faut se lancer, même si on est encore étudiant ou tout juste diplômé. Le plus important est de savoir chercher les informations utiles et être capable de trouver par qui on peut se faire aider. C’est à la portée de tous les étudiants." Pour Philippe Hayat, il n’y ni bon ni mauvais moment pour se lancer : "Plus exactement, il n’y a pas de moment idéal. Cela dépend de chacun : pour certains, ce sera dès la sortie des études ; pour d’autres, ce sera à l’aube de la retraite ! Plus que le bon moment, c'est le bon projet qui importe." A contrario, si l’envie de création est là mais pas l'idée précise d'entreprise, mieux vaut peut-être se constituer une première expérience en poste pour se donner le temps de mieux connaître un secteur d’activité... et de creuser ses premières pistes de réflexion.

Comment savoir si son idée est bonne ou pas ?

 

"C’est le marché qui dit si l’idée est viable ou pas ! tranche Aïni Hannachi. Il est donc difficile, avant de se lancer, de savoir si telle ou telle idée va marcher… Or les jeunes créateurs ont un peu trop tendance à se focaliser sur leur business plan [plan de financement, NDRL] et les aspects juridiques de la création de leur entreprise, au point d’en négliger le marché." Nos experts soulignent qu’un bon projet est un projet qui offre une réponse à une demande. D’où l’intérêt, avant de se lancer, de faire une étude de marché : il faut tester son idée auprès de sa cible potentielle, et avec encore plus de soin si on est inexpérimenté dans le secteur visé.

Quelles questions se poser avant de se lancer ?

 

Pour Philippe Hayat, "il est essentiel de prendre le temps de se demander au préalable quelle vie on souhaite mener." Il faut voir l’entrepreneuriat comme un choix de vie, et pas comme un choix de métier. Il faut être prêt à assurer cette indépendance, avec ses aspects positifs – on est libre –, et négatifs – quand ça ne marche pas, on ne gagne pas d’argent." "Une erreur courante des créateurs d’entreprise, jeunes ou moins jeunes, est de surestimer leurs capacités à assumer un projet de création d’entreprise, avec ses moments de doute et les difficultés qui se présenteront immanquablement à un moment ou un autre", relève encore le président de 100 000 entrepreneurs. D’où l’importance de prendre le temps de se questionner avant de se lancer. Demander l’avis de ses proches, et de ses profs, peut aussi être instructif.

Par quoi faut-il commencer ?


D'abord, confronter son projet à son entourage. "Les parents, les amis, mais aussi les professeurs peuvent apporter un regard critique très enrichissant", souligne Aïni Hannachi. Ensuite, il faut faire le benchmark (étude des performances) de toutes les offres similaires présentes sur le marché. "L’objectif de cette étude est de déterminer combien des clients potentiels seraient prêts à payer le service qu’on souhaite offrir, mais aussi d’évaluer la concurrence, explique Aïni Hannachi. À ce propos, il faut garder à l’esprit que s’il n’y a pas de concurrence, c’est peut-être parce que l’idée est mauvaise… ou qu’il n’y a pas de marché !" Philippe Hayat ajoute qu’une bonne étude de marché suppose de rencontrer au moins une vingtaine de clients, fournisseurs et concurrents potentiels. "Faire une étude de marché en ne consultant que quatre ou cinq personnes, fussent-elles expertes, est insuffisant."
Cette étape franchie, il faut aller présenter son projet dans les réseaux d’accompagnement des jeunes créateurs d’entreprise, qui sont de plus en plus nombreux aujourd’hui.

Où se renseigner et se faire aider ?

 

L’APCE est un bon point de départ de tout créateur d’entreprise : sur son site, elle offre un ensemble d'outils destinés à conseiller et à orienter les créateurs d’entreprise. Autre incontournable, les antennes régionales de France Initiative, qui proposent des services gratuits : prêts d’honneur, accompagnement, parrainage. On peut aussi citer le réseau Entreprendre, le réseau des Boutiques de gestion,  le réseau Entente des générations pour l'emploi et l'entreprise (EGEE).

Quelles sont les erreurs à éviter ?

 

D’après Philippe Hayat, deux grandes erreurs menacent les jeunes créateurs d’entreprise. La première : disperser le capital de l’entreprise. "Pour encourager d’éventuels investisseurs, il est courant de distribuer le capital de son entreprise, mais c’est une mauvaise idée, car quand l’entreprise aura grandi, il sera plus difficile de le reprendre", explique-t-il.
Seconde erreur : se lancer sans avoir un minimum de connaissances dans les domaines juridique et comptable. Maîtriser les rudiments du fonctionnement d’une trésorerie et les grands principes du droit des affaires est indispensable. Ceux qui n’ont pas eu la chance de recevoir une telle initiation au cours de leur formation (de plus en plus d’écoles de commerce, notamment, proposent des cours de sensibilisation à la création d’entreprise) peuvent se tourner vers les réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise pour se renseigner sur les possibilités de se former gratuitement ou à moindre coût.

Qu’est-ce qu’on risque si ça ne marche pas ?

 

On perd l’argent qu’on a investi. C’est le seul risque d’après Philippe Hayat : "Une expérience de création d’entreprise, même si elle se solde par une cessation d’activité, est toujours très riche et donc facile à valoriser vis-à-vis d‘un éventuel employeur. Les responsables de PME [petite et moyenne entreprise, NDLR] notamment, sont de plus en plus intéressés par les profils de jeunes entrepreneurs."


Le statut d’auto entrepreneur


Carton plein pour cette nouveauté qui a séduit plus d’un entrepreneur. Ce nouveau statut fiscal, entré en vigueur le 1er janvier 2009, permet à une personne qui souhaite créer une entreprise individuelle, à titre principal ou complémentaire, de bénéficier notamment d’une exonération de TVA, et d’un régime social simplifié, sous réserve que le chiffre d’affaires 2009 ne dépasse pas un certain seuil de revenus.
Plus d’infos sur ce statut : www.lautoentrepreneur.fr.

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