1. Emma, 25 ans : “Mon associée m'a laissé tomber, j'ai repris un job en CDD”
Témoignage

Emma, 25 ans : “Mon associée m'a laissé tomber, j'ai repris un job en CDD”

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Emma continue l'aventure de la création de son entreprise, mais seule. // © Catherine de Coppet
Emma continue l'aventure de la création de son entreprise, mais seule. // © Catherine de Coppet

ELLE CRÉE SON ENTREPRISE. Emma, 25 ans, fait partie des jeunes entrepreneurs que l'Etudiant suit pas à pas dans leur projet. Après plusieurs mois de travail, elle affronte une première déconvenue de taille : son associée s'est désistée. Mais Emma ne compte pas abandonner pour autant.

Épisode 2. Avril 2017. Tout ne s'est pas passé exactement comme prévu pour Emma, 25 ans, qui, depuis quelques mois, s'est lancée avec une amie dans un projet de création de marque de vêtements pour bébés.

"Mon associée s'est désistée du jour au lendemain !, déplore la jeune femme. Nous avions rendez-vous avec une association d'accompagnement à la création d'entreprise, Planet Adam. Elle n'est pas venue et n'a pas donné de nouvelles pendant trois semaines !" Finalement, Anaïs a refait surface, par SMS, en annonçant à Emma qu'elle quittait l'aventure, sans plus d'explications.

Lire aussi l'épisode 1 : "Je veux lancer ma marque de vêtements pour bébés"

Depuis, pour Emma, c'est retour à la case départ, ou presque. "Avant qu'Anaïs s'en aille, nous avions commencé à travailler sur notre business plan. On s'était rendu compte que le marché du vêtement pour bébés est très difficile, explique la jeune femme. À part les maisons anciennes, bien implantées, beaucoup de sociétés n'y arrivent pas. Et si les parents sont prêts à investir beaucoup d'argent dans une poussette, ce n'est pas le cas pour les vêtements…"

Faire une pause pour mieux rebondir

Pour Emma, se retrouver en solo a beaucoup changé la donne. "Nous avions prévu d'investir une petite somme. Avec le départ de mon associée, je n'ai pas assez d'argent", soupire l'entrepreneuse, qui n'a finalement pas eu de nouvelles de la mission locale qui était censée l'accompagner dans son projet.

Elle raconte : "J'ai commencé à me poser beaucoup de questions, mais je n'avais pas de recul. Dans ces cas-là, je préfère faire des pauses. En plus, mes finances commençaient à baisser sérieusement ! J'ai décidé de chercher un job." Objectif : trouver un CDD (contrat à durée déterminée) de 6 mois au maximum pour reprendre son souffle. "Je suis allergique au CDI [contrat à durée indéterminée] de toute façon", sourit Emma.

Fidèle à son dynamisme, la jeune femme a envoyé une vingtaine de CV en 15 jours, pour des postes d'aide comptable. "Il était hors de question que je retourne dans la vente, c'est trop fatigant et contraignant, et je me disais qu'en prenant un poste en comptabilité, je gardais le bénéfice de mon titre professionnel." Convoquée pour deux entretiens, elle réussit les deux et choisit un poste basé à Paris, chez un éditeur de logiciels. "Ils ont compris ma situation."

Poursuivre dans la mode mixte

Embauchée à temps plein pour un salaire brut de 23.000 € annuels, Emma a mis son projet d'entreprise en suspens, au moins concrètement. "Nous avions dessiné les modèles, trouvé les matières, nous recherchions des fournisseurs et des sous-traitants… J'ai tout arrêté."

Pas question cependant de se laisser abattre : "Je réfléchis doucement à la suite. Je pense que je vais me lancer dans la mode adulte mixte, mais je n'ai pas envie de me précipiter."

Envisage-t-elle de retrouver un ou une associé(e) ? "Je sais que la solitude de l'entrepreneur doit être difficile, mais jusque-là, j'ai fait beaucoup de choses seule, cela ne me fait pas trop peur… À l'origine, c'est mon entourage qui m'avait conseillé de m'associer."

Emma, qui ne s'estime pas découragée, projette également de partir à l'étranger pour concrétiser son projet. "Je me rends compte qu'en France, ce n'est pas si évident, notamment pour avoir des financements. Je pense au Maghreb, et aussi à Miami…" Ce qui est sûr, c'est qu'Emma a plus d'un tour dans son sac.

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