1. #i4emploi : peut-on vraiment trouver un emploi avec un hashtag ?

#i4emploi : peut-on vraiment trouver un emploi avec un hashtag ?

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Plusieurs influenceurs du Web se sont associés pour aider des personnes à ne pas perdre leur emploi ou à en retrouver. // © Capture d'écran
Plusieurs influenceurs du Web se sont associés pour aider des personnes à ne pas perdre leur emploi ou à en retrouver. // © Capture d'écran

Depuis trois mois, ce hashtag fait tache d'huile sur Twitter. Le principe consiste à soutenir les recherches d'emploi des utilisateurs du réseau social et à donner de la visibilité et de l'impact à leur démarche. Artifice de communication ou vrai plus pour décrocher un job ? L'Etudiant fait le point.

Qui est derrière #i4emploi ?

C'est Alban Jarry, blogueur expert en stratégies de marque et d'influence, qui a lancé cette initiative au mois de septembre dernier. Contacté par un élu corrézien à la recherche de solutions pour reclasser les 35 salariés d'une usine menacée de démantèlement, il a l'idée de demander à son très large réseau d'ajouter ce hashtag dans leur biographie Twitter et de s'engager à relayer les recherches d'emploi des utilisateurs du site.

Le résultat a dépassé ses espérances : le réseau i4emploi regroupe aujourd'hui 500 professionnels et influenceurs et est suivi par 670.000 personnes. "Mon idée était toute simple : créer un groupe pour aider les personnes en recherche à mettre en valeur leurs compétences. Je suis aussi parti du constat suivant : dans une recherche d'emploi le réseau physique joue un rôle essentiel. Là on remplace ce réseau par un réseau virtuel qui a la particularité de se démultiplier", explique Alban Jarry.

Comment bien l'utiliser ?

Pour en profiter pleinement, il ne suffit pas d'ajouter les hashtag #i4emploi et #i4emploiR (dédié à la recherche) à un classique message de recherche d'emploi. Une bonne utilisation suppose un travail préalable. Il vous faut repérer les comptes des professionnels influents susceptibles de retweeter votre message, et ensuite bien cibler les mots-clés qui sont ceux de votre secteur et de la recherche d'emploi.

Le caractère attractif et dynamique du message est également essentiel. En respectant ces contraintes, assure Alban Jarry, un message bien ciblé peut être retweeté jusqu'à 200 fois, un score élevé sur Twitter et qui souligne la puissante viralité du réseau #i4emploi.

Les jeunes diplômés sont-ils concernés ?

Selon un premier bilan de cette opération, "sur les 85 personnes ayant fait appel à #i4emploi, 60 % sont de jeunes diplômés", souligne Séverine Lienard, membre active du réseau. "Ils n'ont pas encore de profils Twitter très professionnels : nous les aidons à améliorer leur présentation, leur photo et la tonalité des messages qu'ils postent, en fonction du secteur dans lequel ils souhaitent travailler", explique Alban Jarry. En terme de secteurs justement, la communication, le marketing, les médias et tous les métiers liés au digital sont les plus représentés.

Est-ce que ça marche ?

À ce jour, 4 personnes ont trouvé un emploi grâce à #i4emploi dont 3 jeunes diplômés. Laura, 23 ans, tout juste diplômée d'un master en communication des entreprises et médias sociaux de l'université de Marne-la-Vallée, pourrait bien venir gonfler ces statistiques. "Je recherche un CDI dans la communication. #i4emploi me permet d'avoir une forte visibilité sur les réseaux sociaux. Je poste régulièrement des messages où figurent le hashtag, un lien sur mon profil Linkedin et les mots-clés CDI, communication, master. J'ai aussi ajouté, sur les conseils de membres du réseau, une photo de l'en-tête de mon CV avec mes compétences et mes coordonnées."

Laura assure avoir répondu à des centaines d'offres d'entreprises postées sur des sites spécialisés, sans jamais recevoir de réponse. "Depuis que j'utilise #i4emploi, j'ai décroché deux entretiens dans des PME où je poursuis le processus de recrutement."


Julien, jeune diplômé de 25 ans, a lui aussi recours à #i4emploi. Il vient de terminer un master de communication au Centre européen universitaire de Nancy, après un BTS d'assistant manager et une licence professionnelle communication publique et numérique. "J'ai commencé à chercher sérieusement un travail depuis le mois d'août."

Très connecté, Julien repère assez vite le hashtag #i4emploi qu'il n'hésite pas à utiliser. Il crée alors deux visuels un peu décalés pour illustrer son profil et ses compétences qu'il poste accompagnés d'un message pour bien cibler sa recherche. "J'ai été retweeté 42 fois pour mon premier tweet et 32 fois pour le second", raconte-t-il.

Parallèlement, Julien travaille activement à son “personal branding” : il crée son blog, peaufine un portfolio et reste actif sur les réseaux sociaux. Grâce au réseau, il est en contact avec des professionnels engagés qui le coachent et l'accompagnent dans sa recherche.

Depuis le mois de septembre, le jeune homme a décroché 5 entretiens à Paris, Strasbourg et Nancy. Une grande entreprise qui recherche un chef de projet l'a sollicité via ce hashtag. "Ce que m'a apporté ce collectif, c'est surtout un réseau. À la différence des grandes écoles, des études à l'université ou des BTS qui ne vous y donnent pas accès. En ce sens, c'est très utile", explique-t-il. Toutefois, tempère Julien, la seule utilisation du hashtag sans une démarche active de veille et de création de contenus sur le Web en lien avec sa recherche ne sert à rien." Je passe mes journées devant mon ordinateur à travailler mon image et mon réseau", souligne-t-il.

Le jeune homme qui espère décrocher un contrat dans les mois à venir compte s'engager dans le réseau. "On m'a aidé, à mon tour d'aider les étudiants quand je serai en poste."