1. Ils créent leur entreprise. Lauren : "Nous avons pris du retard dans le développement de l'appli !"
Témoignage

Ils créent leur entreprise. Lauren : "Nous avons pris du retard dans le développement de l'appli !"

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Lauren (au centre) et Alex, entourés de l'équipe de stagiaires de Whoomies. // © Photo fournie par le témoin
Lauren (au centre) et Alex, entourés de l'équipe de stagiaires de Whoomies. // © Photo fournie par le témoin

Épisode 3. C'est un été bien chargé qui s'annonce pour Lauren, son associé et son équipe qui sont en train de lancer Whoomies, une appli de matching de colocataires. Le développement de l'appli a pris un léger retard, au grand dam de Lauren, mais sans pour autant mettre en péril le projet.

"Nous avions prévu de lancer la version bêta de l'appli. Cela n'a pas été possible pour des raisons techniques. Nous avions fait un 'teasing' vis-à-vis de notre groupe de 300 testeurs. Finalement, nous n'avons pu la lancer que le lendemain, un délai rapide grâce à nos développeurs qui sont très impliqués. Mais cela n'a pas été évident à gérer !"

Lauren le dit elle-même, elle "découvre". Découvrir la tension entre les échéances annoncées et les échéances réelles, découvrir comment communiquer, comment ajuster la stratégie quand un projet prend du retard... Pas de doute, la jeune femme et son associé sont bien lancés pour faire aboutir Whoomies, leur projet d'appli de "matching" entre colocataires. Un parcours de fond !

Tester le "matching"

Depuis le mois de mai 2017, beaucoup de choses ont avancé. Désormais, l'équipe basée à Londres dans les locaux du Google Campus compte trois personnes, dont une stagiaire. "Les deux autres sont en contrat court, le 'fixed-term contract' du droit anglais", précise Lauren. Les premiers contacts avec les agences immobilières anglaises sont positifs. "Nous ne pouvons pas encore accueillir les annonces des agences tant que l'appli n'est pas prête", explique Lauren.

Côté technique, la version bêta est donc actuellement en phase de test auprès d'un groupe de volontaires. "Nous testons la partie matching de colocataires. La partie annonces de colocation se fera dans un second temps", poursuit la jeune femme. Si le développement de l'appli a pris du retard, c'est qu'une foule de questions techniques et ergonomiques se posent. "L'algorithme est difficile à développer, car on doit réfléchir par exemple au poids de chaque critère dans l'association qui sera suggérée entre deux profils : est-ce qu'être fumeur doit avoir plus d'impact que d'aimer la lecture ?"

Lire aussi :
Épisode 1. Lauren : "Je lance une appli qui permet de trouver ses colocataires"
Épisode 2. Lauren : "Nous allons ouvrir des bureaux à Londres !"

L'algorithme se basera ainsi sur une centaine de critères à disposition des utilisateurs et indiquera une icône de compatibilité, déclinée en cinq niveaux. "Rien n'empêchera la personne de se connecter à un potentiel colocataire en ignorant les recommandations de l'algorithme, si les critères de la personne lui plaisent", précise Lauren. Si l'appli devrait être prête fin juillet 2017, son lancement se fera vraisemblablement à la rentrée... Une déception pour Lauren, mais qui ne devrait pas avoir de conséquences trop pénalisantes.

Ouvrir le capital et lever des fonds

Forts des échanges positifs avec le studio de développement, Lauren et son associé Alex envisagent de faire entrer au capital de leur société les développeurs. "Ce serait de petites parts, mais cela nous permettrait d'internaliser des ressources, de faire entrer un peu d'argent et de nous apporter un réseau que nous n'avons pas", souligne Lauren, qui évoque dans la foulée l'éventualité d'organiser un lancement en avant-première de l'appli... chez Apple. Pas n'importe quel réseau, donc !

Lire aussi : Cette étudiante crée un outil de survie pour les SDF

Sur le front financier, lever des fonds continue d'être un enjeu important. "On ne pense pas qu'on sera rentables la première année, il faut anticiper. On devrait pouvoir bénéficier d'un 'prêt d'amorçage' de la BPI (Banque publique d'investissement), soit 150.000 € environ avec un différé de remboursement de deux ans. C'est une chance !", explique Lauren, qui vit grâce à son chômage, tandis que son associé touche le RSA. "Il faut reconnaître cela au système français, qui est unique au monde, et qui nous permet de créer notre activité assez sereinement même si on se serre la ceinture", commente-t-elle.

Tenir le rythme

Au quotidien, Lauren se rend presque tous les jours dans les locaux de l'incubateur de Paris-Dauphine, qui héberge Whoomies. "Il m'arrive régulièrement de faire du 8 h – 22 h... Nous avons recruté de nouveaux stagiaires, ils seront cinq en tout pour l'été." Un rythme important qui pèse sur la vie personnelle, mais que Lauren ponctue de moments conviviaux. "On a organisé un escape game avec toute l'équipe."

Au mois d'août, l'incubateur fermera ses portes pour trois semaines. "On va s'organiser, on travaillera chez les uns et les autres." Pas question de relâcher la pression, si près du but.

Dans la série "Ils créent leur entreprise", suivez également le parcours d'Antonin, qui crée son entreprise de livraison de petit-déjeuners, d'Emma, qui veut lancer sa marque de vêtements, et de Marine, artisan peintre.