1. Ils créent leur entreprise. Lauren : "Un an après en avoir eu l'idée, notre appli est lancée"
Témoignage

Ils créent leur entreprise. Lauren : "Un an après en avoir eu l'idée, notre appli est lancée"

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Lauren et Alex (au centre) et leurs développeurs, lors de la fête de lancement de Whoomies. // © Photo fournie par le témoin
Lauren et Alex (au centre) et leurs développeurs, lors de la fête de lancement de Whoomies. // © Photo fournie par le témoin

ILS CRÉENT LEUR ENTREPRISE. Épisode 4 et épilogue. Voilà un an que Lauren et son associé ont eu l'idée de créer une appli de matching de colocataires. Après le lancement en septembre 2017, l'aventure poursuit son cours avec un objectif : faire de la start-up une entreprise solide.

Le suspense a duré jusqu'au bout… "Deux jours avant le lancement officiel de Whoomies, nous n'avions toujours pas de nouvelles d'Apple pour savoir si l'appli était bien validée pour apparaître dans l'AppleStore", raconte Lauren, cofondatrice de cette appli de matching pour colocataires, qui se confie à l'Etudiant depuis qu'elle a intégrée l'incubateur de l'université Paris-Dauphine, en mars 2017.

Lire aussi :
– Épisode 1. "Je lance une appli qui permet de trouver ses colocataires"
– Épisode 2. "Nous allons ouvrir des bureaux à Londres !"
– Épisode 3. "Nous avons pris du retard dans le développement de l'appli"

Finalement, tout s'est bien passé : le 6 septembre, l'appli a été officiellement lancée ! L'aboutissement de plusieurs semaines de tests et d'ajustements. "La version bêta a permis d'améliorer l'algorithme avec nos développeurs, à partir des retours des testeurs. Nous avons pondéré certains critères afin que le matching soit plus pertinent et personnalisé, explique la jeune femme. On a ainsi reçu une demande pour ajouter le critère "motard", on va le faire !" À l'arrivée, l'appli offre quelque 120 mots-clés, qui permettent à chaque utilisateur de chercher très précisément son coloc idéal.

Partenariat sur un "campus tour"

L'avancée du projet, pour Lauren, a été synonyme d'apprentissage permanent. "Pour sortir une appli, on doit soumettre un dossier à l'Apple Store et au GoogleStore. Il faut répondre à certains critères techniques et marketing, ce qui occasionne pas mal d'allers-retours", précise-t-elle. Parmi les missions qui ont accompagné la sortie de l'appli figurait le fait de la faire connaître le plus possible : "branding" sur le blog et sur les réseaux sociaux, partenariats avec des écoles, bouche-à-oreille… La petite équipe s'est mobilisée.

Jamais à court d'idées, Lauren et son associé ont également réussi à nouer un partenariat avec Lydia, une appli de paiement et de remboursement populaire chez les étudiants, pour monter un jeu-concours permettant de gagner un mois de loyer. "Lydia organisait un campus tour dans 55 écoles en septembre et octobre, c'était l'occasion, pointe Lauren. Nous avons eu l'idée de faire gagner deux jeunes qui auraient trouvé leur coloc grâce à Whoomies."

Se concentrer sur la stratégie

"Pour l'instant, on ne s'est pas encore lancé dans la publicité payante via des posts sponsorisés sur Facebook ou sur Google. Ce sont de gros budgets !, poursuit Lauren. Mais on a suivi une formation sur Google AdWords il y a quelques semaines grâce à un programme d'accompagnement dédié aux start-up."

Pour la jeune société, l'objectif est en effet de se concentrer sur la stratégie. "La partie logement (les annonces de colocations) sont déjà disponibles dans l'appli pour le périmètre Londres, où nous avons noué des partenariats avec les agences immobilières. La question est de savoir quand lancer cette offre en France, mais aussi quels autres services développer à terme." Pour bien s'orienter, la jeune pousse peut toujours compter sur les conseils de son mentor, installé à Londres, qui la suit depuis le début : "C'est un gros avantage de l'incubateur", pointe Lauren.

Lire aussi : Les conseils d'un entrepreneur à succès pour créer son entreprise avant 25 ans

Des ajustements qui apportent aussi leurs lots de difficultés. "Nous n'avons pas pu continuer à travailler avec notre graphiste sur les mêmes bases. Nous n'avions plus les mêmes besoins. Ce n'est pas toujours facile quand les personnes se donnent à fond", regrette Lauren. La jeune femme et son associé ont aussi réfléchi à la façon de fidéliser leurs salariées basées à Londres : "On a pensé à de l'intéressement, mais ce n'est pas très simple d'aborder ces questions quand on n'en a pas l'habitude."

De plus en plus à l'aise dans ses rendez-vous

Entre deux allers-retours en Angleterre, Lauren a initié des rendez-vous avec des sites d'annonces immobilières, afin de capter, sur l'appli, des offres d'appartements à louer en colocation. "Cela s'appelle un programme d'affiliation entre sites Web. Cela nous permettrait d'avoir du volume sur notre appli." Autre travail en cours : préparer une nouvelle levée de fonds, prévue au printemps 2018, pour augmenter le capital. "L'idée est de privilégier des personnes et non des fonds d'investissement."

Pour Lauren, la sortie de l'appli lui a permis de gagner en confiance lors de ses rendez-vous stratégiques. "Je suis dans une vision plus réaliste, puisque mon produit existe et mes utilisateurs aussi. En rendez-vous, je sais de quoi je parle. J'ai pris confiance en moi ces derniers mois, c'est sûr", admet-elle. La multiplication de rencontres sur des salons professionnels ou au sein des écoles a vaincu les derniers restes de timidité. "Je n'hésite plus à solliciter les personnes que je trouve intéressantes, à mettre mes idées rapidement en action. En poussant sa curiosité, on fait de super rencontres, on avance plus vite !"

Encourager les jeunes femmes

Des affirmations qui sonnent comme des encouragements à tout futur entrepreneur… En plus de l'énergie consacrée à Whoomies, Lauren trouve le temps de s'investir pour des causes qui lui tiennent à cœur, comme l'entrepreneuriat féminin. Avec une amie membre de l'association GEF (Grandes Écoles au Féminin), elle est en train de monter un "start-up weekend". "Dix femmes porteuses de projet seront accompagnées par des mentors sur 48 heures, pour booster leurs idées. Beaucoup de femmes n'osent pas se lancer, alors qu'elles n'ont aucune raison de ne pas réussir." Lauren, qui s'est déjà heurtée au fait de ne pas être prise au sérieux parce qu'elle était une femme, aimerait ajouter sa pierre à l'édifice…

En attendant la consolidation de Whoomies, elle se sent toujours aussi motivée : "Je suis partie cinq jours cet automne pour faire un minin break. Je repars sur les chapeaux de roue ! Cela fait un an qu'Alex et moi avons eu cette idée en en discutant sur un canapé… Je réalise à peine." De quoi vous donner envie de vous lancer à votre tour ?