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Enquête

Jeunes diplômés : halte aux discriminations à l'embauche

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#LesCompétencesDabord : lutter contre les discriminations à l’embauche. Une affiche de la campagne de sensibilisation du gouvernement. // © Gouvernement.fr
#LesCompétencesDabord : lutter contre les discriminations à l’embauche. Une affiche de la campagne de sensibilisation du gouvernement. // © Gouvernement.fr

Origine, couleur de peau, consonance du nom, lieu de résidence... Avec la crise, les discriminations à l'embauche s'accroissent. Comment surmonter cette injustice ? Letudiant.fr a recueilli conseils d'experts et témoignages de jeunes diplômés.

#Les compétences d'abord ! Tel est le nom de la campagne de sensibilisation aux discriminations à l'embauche lancée au printemps 2016 par le gouvernement. Objectif : lutter contre le sentiment d'humiliation des jeunes diplômés des quartiers populaires. En parallèle, les pouvoirs publics ont mené une grande opération de “testing” auprès des entreprises pour leur faire prendre conscience de leurs pratiques, bonnes ou moins bonnes. Les résultats seront rendus publics à l'automne 2016.

Car les discriminations perdurent en France, voire s'aggravent. “Tout indique qu’avec la crise, dans un contexte de concurrence accrue sur le marché du travail, le phénomène s’est amplifié, jusqu’à devenir systémique”, estime ainsi Myriam El Khomri, la ministre du Travail. “Les stéréotypes attachés aux caractéristiques physiques et sociales des individus peuvent parfois tenir lieu de grille de lecture invisible d’un CV”, ajoute-t-elle.

La diversité, un vrai plus pour l'entreprise

Pourtant, les jeunes diplômés, dans toute leur diversité, sont un vrai plus pour l'entreprise qui a besoin d'innover. “En discriminant les jeunes, les entreprises n'améliorent pas leurs performances, leur compétitivité parce qu'elles se privent d'une partie de la société française”, dénonce ainsi Emmanuel Macron, le ministre de l'Économie. “À diplôme égal, il y a deux fois plus de chômage parmi les jeunes issus des quartiers populaires, déplore Myriam El Khomri. Leurs petits frères et petites sœur peuvent alors se demander à quoi cela sert d'aller à l'école si leurs aînés, avec un bac+4 ou 5, ne trouvent pas de travail.”

10 milliards d'euros : le coût des discriminations

Le coût des discriminations à l'embauche de ces jeunes diplômés est estimé par certains observateurs à 10 milliards d'euros. Pourquoi un tel coût ? “Parce que la collectivité a investi beaucoup d'argent des impôts dans l'éducation et la formation de ces jeunes à un niveau élevé mais qu'ils doivent souvent accepter un poste en deçà de leurs compétences et prennent ainsi la place d'un candidat moins qualifié”, analyse Myriam El Khomri. “C'est un gâchis humain et économique, confirme Saïd Hammouche, qui a créé le cabinet Mozaik RH, spécialisé dans le recrutement de profils issus de la diversité. L'État a investi via le système éducatif et payé des formations publiques. Or, beaucoup de jeunes diplômés bac+5 passent 2 ans au chômage. C'est une perte sèche pour la collectivité.”

Sommaire du dossier
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