DOSSIER : DIPLÔMÉ DEPUIS 6 MOIS ET TOUJOURS PAS DE TRAVAIL ? NOS PISTES POUR REBONDIR

Rien n’y fait : malgré vos recherches depuis la fin de votre formation, pas l’ombre d’une piste sérieuse d’emploi ne se profile. Pour éviter de creuser un “trou” dans votre CV, vous envisagez d’occuper un job alimentaire, de refaire des stages, de reprendre vos études, voire de partir à l’étranger. Des experts en ressources humaines vous donnent leur avis sur ces stratégies antichômage. Attention, si certaines sont appréciées et pourront doper votre “employabilité”, d’autres comportent une part de risques…

Jeunes diplômés : stratégie antichômage n° 1 : un job d’attente ou un stage

Les recruteurs vous reprochent de ne pas avoir assez d’expérience professionnelle alors que tout ce que vous voulez c’est justement travailler ? Un serpent qui se mord la queue. Si aucun poste en adéquation avec vos compétences ne se profile, plusieurs options sont possibles pour rester dans une dynamique (et renflouer, même un peu votre compte en banque !). Avec leurs avantages… et leurs inconvénients.

Job alimentaire, le bon plan… s’il est provisoire
"Un job alimentaire ne sera jamais mal vu par un recruteur, au contraire !", affirme Denis Simon, responsable du service relations entreprises et carrières de la Faculté libre de droit de Lille. Surtout si c’est pour vous assurer une certaine indépendance financière. Il renvoie l’image d’une personne "proactive". Même s’il n’est pas en adéquation avec votre diplôme.

Trouvez-le à horaires décalés, pour avoir le temps de continuer vos recherches d’emploi et de vous rendre aux entretiens d’embauche. Denis Simon recommande, pour ces raisons, les secteurs de la restauration et de la grande distribution, "qui proposent des postes le soir et le week-end".

Le principal risque qu’il faut cependant avoir à l’esprit ? Celui de s’installer dans cette situation. Si vous prolongez l'expérience plus de 6 mois, vous pouvez vous éloigner de votre projet professionnel et "perdre" en compétences par rapport aux "petits nouveaux" qui arriveront sur le marché de l’emploi. D’où l’importance de rester dans une dynamique de recherche.

Gare au déclassement !
Et si on vous propose un poste, dans votre secteur de prédilection, mais en-deçà de votre niveau d’études ? Tous les experts l’affirment : accepter un poste déclassé en début de carrière, c’est dangereux. "Sur un CV, un poste sous-qualifié peut marquer l’esprit de tout recruteur, qui va surtout s’attarder sur votre expérience la plus récente", prévient Denis Simon. "Il est certes plus aisé de trouver un emploi quand on est en poste, mais une fois qu’on a occupé longtemps un poste à bac+2 par exemple, il est difficile d’être ensuite repéré comme un profil bac+5", confirme Vincent Gailhaguet, directeur développement RH de GrDF.

Cependant, il est un cas où cela peut être judicieux d’accepter un emploi "déclassé" : quand on a déjà mis un pied dans l’entreprise concernée. Denis Simon donne l’exemple d’une ancienne étudiante : "À l’issue d’un stage de juriste dans un établissement public où elle voulait absolument travailler, elle a accepté le seul poste disponible : assistante juridique. Le fait d’avoir pu montrer ses compétences lors du stage lui a permis de négocier la durée du contrat à ce poste pour accéder plus rapidement à des fonctions plus en phase avec sa formation." Pari risqué… mais pari gagné.

Les stages, toujours appréciés des recruteurs
Le stage reste une porte d’entrée classique dans les entreprises. Même après leur diplôme, certains n’hésitent pas à reprendre un statut étudiant pour obtenir une convention de stage (un récent décret – septembre 2010 –, interdit les stages hors cursus pédagogique. "Le stage donne accès à des responsabilités et à des missions en adéquation avec ce que l’on veut faire. Et permet ensuite d’afficher des compétences en phase avec le niveau de diplôme", concède Denis Simon.

Le conseil de Vincent Gailhaguet : ne précisez pas qu’il s’agit d’un stage sur votre CV. "Mieux vaut attendre l’entretien pour en parler, le recruteur verra que le candidat a rusé dans le but de développer son employabilité !" Pour le directeur du développement RH de GrDF, les compétences sont plus intéressantes que la nature du contrat. Et dans le cadre d’un emploi déguisé en stage, il estime que c’est l’entreprise qui est à blâmer, non le stagiaire.

Marie-Anne Nourry
Décembre 2011
 
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