DOSSIER : OPÉRATION PHÉNIX : DES CDI POUR LES DIPLÔMÉS DE MASTERS LITTÉRAIRES

Depuis 2007, l’opération Phénix permet à des diplômés de masters 2 littéraires d’accéder par une voie spécifique à des postes en CDI chez Danone, Renault, L’Oréal, la Société Générale ou encore Coca Cola. Un rendez-vous à ne pas manquer.

Opération Phénix : Aline, de la philosophie de l'histoire à l'audit

Rien ne laissait présager qu’Aline, titulaire d’un master 2 recherche en philosophie de l'histoire, se lancerait dans une carrière d’auditrice. C’était sans compter sur l’opération Phénix, édition 2009, qui lui a permis de décrocher un CDI chez PwC.

Un parcours littéraire
Après l’obtention du bac S, Aline opère un virage à 180 degrés en choisissant d’intégrer une prépa littéraire. "J’avais envie d’élargir ma culture générale", explique-t-elle. Au bout de trois ans, elle décroche l’équivalent d’une licence 3, faute d’être reçue à l’ENS (école normale supérieure). Elle s’envole alors pour Berlin, dans le cadre du programme Erasmus, afin de se perfectionner en allemand et suivre un master 1 lettres et histoire. De retour à Paris, elle s’inscrit à l’université Paris-Sorbonne en master 2 philosophie de l’histoire. Or, elle prend conscience que la recherche ne lui convient pas à 100%. "Je me sentais éloignée du réel, c’est là que j’ai commencé à avoir envie de travailler en entreprise, pour être dans du concret."

Qui ne tente rien n’a rien !
Comme tous les étudiants de son université inscrits en master recherche, Aline reçoit un courrier présentant l’opération Phénix. "En voyant le nom des entreprises participantes, j’étais hyper motivée mais je ne pensais pas du tout avoir mes chances", raconte-t-elle. Si elle a fait beaucoup d’animation et donné des cours à domicile, l’étudiante n’a jamais mis les pieds dans une entreprise. Le jour J, elle assiste aux présentations des entreprises et ressort séduite par celle de PricewaterhouseCoopers. "Certains de mes amis de prépa sont passés par une école de commerce, donc je connaissais déjà l’audit."

Au bout d’un mois, elle est convoquée à un entretien. "Je l’ai énormément préparé en me renseignant sur le fonctionnement de l’entreprise, ses chiffres-clés, le métier d’auditeur et en étudiant les scandales financiers, afin d’être capable de répondre aux questions d’actualité." Une démarche efficace. Pendant l’entretien, quand on lui demande de mettre en relation son expérience des colonies de vacances avec l’audit, elle mise tout sur le travail d’équipe. Banco ! Après deux journées d’entretiens, elle signe un CDI avec une rémunération de 31.000 euros bruts annuels. "Quand j’ai annoncé la nouvelle à mes proches, ils étaient très surpris, ils ne pensaient pas que c’était possible", confie la jeune femme.

Des débuts "impressionnants"…
Après sa soutenance de mémoire, Aline part directement à la Baule pour suivre un séminaire d’intégration avec toutes les nouvelles recrues de PwC. Elle se retrouve au milieu de diplômés d’écoles de commerce et d’ingénieurs. "Que des bons profils", précise-t-elle. S’en suit une formation de 3 mois commune aux 19 jeunes Phénix. "C’était intéressant mais trop général, j’aurais aimé avoir plus de cours spécifiques à l’audit et aussi apprendre à utiliser Excel."

Janvier 2010.
Elle commence à travailler, "en plein rush" à cause de la clôture des comptes fixée au 31 décembre. "A cette période, les auditeurs ne dorment plus", plaisante-t-elle. Elle est propulsée directement dans une mission chez le client. "Je me suis retrouvée dans une salle avec mon équipe, tout le monde savait ce qu’il devait faire, j’étais perdue." Si elle constate un décalage au niveau des compétences, vis-à-vis des juniors qui ont suivi un cursus comprenant de la comptabilité et de la finance, elle rattrape vite le niveau. "Quand on se retrouve face à un directeur financier, ça ne suffit pas d’avoir lu Proust. Je me suis donc formée toute seule, c’est ce qu’on apprend en recherche. Je travaillais de 9h à 20h30 et, le soir, je potassais des bouquins." Un rythme intense. En parallèle, elle assimile les codes de l’entreprise : "Mon premier salaire est passé dans les vêtements. J’étais tout le temps en jeans donc il a fallu que je m’achète des tailleurs !"

Aucun regret.
La jeune femme, âgée aujourd’hui de 25 ans, est ravie de sa reconversion. "Il faut s’accrocher au début mais j’ai trouvé exactement ce que je cherchais." Un an après avoir signé son contrat, son salaire est passé à 35.000 euros.

Marie-Anne Nourry
Mars 2011

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