Dossier : Recherche d’emploi : mieux vaut assurer en anglais

“Anglais bilingue exigé” : cette mention est de plus en plus fréquente dans les annonces, y compris pour un premier emploi. Mais que signifie-t-elle vraiment ? Correspond-elle à une exigence réelle des recruteurs ? Ou sert-elle surtout à filtrer les meilleurs candidats ? Avis de pros et conseils pour savoir comment assurer pour être embauché.

Faut-il être bilingue pour décrocher un premier emploi ?

Recherche d’emploi : mieux vaut assurer en anglais

“Vous partez avec moi dans une semaine à New York pour présenter nos nouveaux produits à un gros client.” Première grosse pression à 24 ans, pour Laurent, alors chef de produit tout juste embauché dans une grande enseigne de luxe. “Loin d’être bilingue, j’ai rédigé intégralement mon speech. Mais je n’avais pas prévu les questions très techniques sur les produits”, se souvient le jeune cadre, qui s’est d’emblée inscrit dans un centre de langues à son retour en France.

“Maîtriser l’anglais est aussi important que savoir lire et écrire”

Une telle démarche est assez rare. Jean-Michel Dubedout, directeur de Télélangue, le leader français de la formation linguistique auprès des entreprises s’en inquiète d’ailleurs : “En France, peu de personnes décident d’apprendre par elles-mêmes. À l’inverse, en Espagne par exemple où nous sommes implantés, il y a une demande très forte de particuliers.” Pour Jean-Michel Dubedout, “la maîtrise de l’anglais dans le monde professionnel devient aussi importante que savoir lire et écrire. Aujourd’hui, si à 25 ans vous n’avez pas un bon niveau en anglais, vous pouvez vous poser des questions sur votre avenir.”

Langues : le principal atout pour l’avenir

Des propos exagérés ? La nouvelle enquête Flash Eurobaromètre sur “la perception par les employeurs de l’aptitude à l’emploi des diplômés” va plutôt dans ce sens : pour la majorité des entreprises, tous secteurs confondus, la connaissance de langues étrangères joue un rôle important lors du recrutement des diplômés. Et près de la moitié des sociétés très présentes sur le marché international considèrent les compétences linguistiques comme le principal atout pour l’avenir.

“Nous testons les candidats sur leur aisance linguistique”

Au sein de la direction des ressources humaines du groupe Accenture, on confirme cette exigence : “L’anglais est un outil de travail indéniable. Tous nos collaborateurs sont amenés à plancher sur des projets internationaux. Lors des sessions de recrutement de jeunes diplômés, nous les testons sur leur aisance linguistique. Les candidats ont en majorité un bon score au TOEFL (Test of English as a Foreign Language) [autour de 700, NDLR]”, souligne Sophie Arnould, DRH France d’Accenture. Même discours chez Page Personnel, filiale du Groupe Michael Page International : “Lors de l’entretien d’embauche, nous demandons par exemple au candidat de retracer en anglais l’ensemble des responsabilités qu’il assumait sur son précédent poste”, explique Laurent Juery, directeur de la région sud-ouest du groupe.

“Le salarié sera fatalement amené à parler anglais”

Le ton est donné : dans le monde de l’entreprise, l’anglais, la langue la plus parlée au monde, impose de plus en plus sa loi. Au point que la mention “anglais exigé” figure sur la majorité des offres d’emploi, même si le poste n’a pas d’ouverture immédiate sur l’international. Mais les recruteurs sont unanimes : “Un jour ou l’autre, le salarié sera fatalement amené à parler anglais lors d’appels téléphoniques, de vidéoconférences, de réunions en France ou à l’étranger...” Alors, devez-vous zapper un emploi si vous ne maîtrisez pas parfaitement la langue de Shakespeare ?

“Comprendre et se faire comprendre”

Guillaume Verney-Caron, directeur associé chez Personalis, cabinet de conseil en développement des ressources humaines, est plus nuancé sur la question : “Il ne faut pas non plus mettre la pression sur les jeunes diplômés qui, dans l’ensemble, ont plutôt un niveau très correct en anglais. S’ils postulent dans une entreprise fortement présente sur le marché international (les sociétés énergétiques, pharmaceutiques, les institutions financières, les entreprises de consulting...), il va de soi qu’ils doivent avoir un très bon niveau. En revanche, s’ils sont amenés à parler anglais une ou deux fois dans l’année, il faut calmer le jeu. L’essentiel est de comprendre l’interlocuteur étranger qui est en face de soi ou au téléphone et, surtout, de se faire comprendre de lui. Pour autant, Guillaume Verney-Caron précise : “Aujourd’hui, nous sommes tous amenés à travailler avec des collaborateurs originaires de différents milieux et pays. Quel salarié sait où il sera dans 5 ans ? Une ouverture intellectuelle est donc indispensable et l’anglais est certainement l’un des outils qui peut faciliter une carrière.”

Des moyens de progresser avec les formations sur mesure des centres de langue

Vous n’êtes pas un as en anglais ? Toutes les portes ne vous sont pas pour autant fermées. Vous pourrez toujours suivre une formation au sein de votre entreprise ou faire jouer plus tard votre DIF (droit individuel à la formation). Afin de combler les insuffisances linguistiques de leurs salariés résultant souvent d'un enseignement trop académique sur les bancs de l'école, de plus en plus d’entreprises recourent en effet aux centres de langues. Ces derniers ont ainsi développé des formations sur mesure. Jean-Michel Dubedout constate : “Le manque de disponibilité et le nomadisme des jeunes cadres favorisent les formations à distance. À Télélangue, nous proposons différentes formules. La plus prisée et qui se révèle très efficace est le blended learning (e-learning + cours par téléphone). Nous avons beaucoup de demandes de DIF notamment de salariés qui travaillent dans des petites entreprises qui n’ont pas de budget formation.” L’anglais représente l’essentiel des formations demandées par les entreprises, suivi de l’espagnol, de l’allemand et de l’italien.

“Les candidats sous-évaluent leurs compétences en anglais”

Avant d’être trilingue, la priorité reste donc l’anglais. Mais encore une fois, lorsqu’on parle d’utiliser cette langue dans les entreprises, il ne s’agit pas de la maîtriser parfaitement, mais de comprendre ses interlocuteurs et de se faire comprendre. Cela commencera lors des entretiens de recrutement. Ayez confiance en vous ! D’une manière générale, les candidats sous-évaluent leurs capacités à s’exprimer en anglais. “Nous avons en face de nous des jeunes très à l’aise avec l’anglais”, souligne Sophie Arnould, d’Accenture. Toujours est-il qu’une bonne préparation vous permettra d’être mieux armé le jour J et de gagner en assurance. Et n’oubliez pas : be yourself !
Pour aller plus loin :
Progresser en langues : à chacun sa formule.
Partir à l'étranger pour suivre un stage de langue intensif.
43 leçons d'anglais pour enrichir votre vocabulaire.
Réussir son CV en anglais pour obtenir un stage ou un job.

Séverine Tavennec
Mars 2011

Vendredi 25 Mars 2011

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