DOSSIER : LA GUERRE DES EMBAUCHES AURA BIEN LIEU
Pour une partie des jeunes diplômés, la conjoncture est au beau fixe. Résultat : les entreprises redoublent d’énergie pour attirer et fidéliser cette nouvelle génération, pleine d’envies et… d’exigences. Que veut-elle ? Comment répond-on à ses attentes ? Réponses dans notre dossier.
Ce que veulent les jeunes
Il y eut d’abord la génération du baby-boom, puis la génération X, celle des 30-40 ans qui est passée à côté de tout (et notamment de Mai 68). Aujourd’hui, il y a la génération Y ou génération "zapping" ou encore génération "Tanguy" : celle des "jeunes dip" de moins de 25 ans qui arrive sur le marché de l’emploi. Ils ont vu leurs parents s’investir beaucoup pour leur entreprise… sans obtenir forcément de récompenses (le chômage, ça compte comme une récompense ?). Ils sont de plus en plus qualifiés. Ils s’apprêtent à entrer dans le monde du travail au moment où la conjoncture est ultra favorable (lire l’article : "Jeunes diplômés en force"). Alors, forcément, ils sont exigeants. "Les jeunes d’aujourd’hui sont hyper-réactifs par rapport aux évolutions du marché. Quand celui-ci est favorable, ils ont tendance à l’arrogance, ils ne viennent même plus aux forums sur l’emploi. Quand il est défavorable, ils sont capables de devenir le plus lisse possible pour s’insérer", indique Maurice Thévenet, professeur de management à l’ESSEC (École supérieure des sciences économiques et sociales) et au CNAM (Centre national des arts et métiers).Un équilibre entre boulot et vie perso
Pour ces jeunes diplômés, le salaire compte encore mais ne s’impose pas comme le critère essentiel dans le choix d’un employeur. La nouvelle génération montre de nouvelles aspirations. Selon une enquête du cabinet Quatre Vents (1), plus de la moitié des jeunes diplômés interrogés considèrent les missions confiées et les opportunités de carrière internationale comme les principaux arguments pour choisir une entreprise. Viennent ensuite la flexibilité des horaires de travail (49 %), l’ambiance de travail (43,8 %) et la localisation géographique (39,7 %). Le salaire obtient 37 % des suffrages. En revanche, la possibilité de recevoir des stock-options ne semble intéresser que 7 % des sondés. En résumé, ils aspirent surtout à un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. "Les carrières où l’on travaille comme un forcené le week-end et le soir ne font plus recette… La génération Y est idéaliste, elle croit aux valeurs", synthétise Rose-Marie Ponsot, directrice générale du cabinet Mercuri-Urval. Les jeunes d’aujourd’hui recherchent donc des employeurs qui les forment, les encadrent (sans les étouffer), les connaissent, les reconnaissent et leur offrent la possibilité de mener un projet, quelque chose pour se réaliser. Participer à une action humanitaire ? Pourquoi pas… "Ils sont en quête de sens", résume Claire de Franclieu, directrice du développement et de l’animation des ressources humaines du groupe Vinci énergies. Et si leurs desiderata ne sont pas pris en compte, ils passent à autre chose. C’est ça la génération zapping.
(1) Enquête Quatre Vents (cabinet de conseil en marketing et communication ) "Recrutement 2008" sur les attentes des jeunes menée auprès de 20.000 étudiants et jeunes diplômés issus des 120 "meilleures écoles de commerce et d’ingénieurs françaises".
Virginie Bertereau













