BAFA : existe-t-il des techniques de base de l’animation ?

Vous avez votre BAFA, et vous vous lancez dans vos premiers jobs d’animateur. Comment appréhender les enfants ou ados que vous allez encadrer ? Que faut-il préparer ? Voici une série de conseils extraits du livre "BAFA, Mode d’emploi" d’Olivier Monod, publié aux éditions L’Étudiant.

Publié le , mis à jour le

Il existe différentes "écoles" dans le milieu de l’animation. Chacune a ses préférences et ses règles propres. L’échange entre animateurs est donc primordial pour ne jamais cesser d’apprendre de nouveaux trucs et pour être en mesure de proposer aux enfants une palette d’animations la plus large possible. Des organismes comme les CEMÉA ou l’UFCV publient des livrets d’animation dans lesquels des activités et des réflexions sont proposées aux animateurs.

Le "grand jeu"
À la simple évocation de ce nom, les animateurs chevronnés relèvent la tête, le regard brillant de souvenirs. Les novices, eux, angoissent. Dans beaucoup de colonies et certains centres d’accueil, une journée entière est banalisée pour un "grand jeu", une série d’animations organisées autour d’un fil conducteur suffisamment solide pour tenir du lever au coucher. "Les définitions divergent, nuance un animateur. Pour certains, cela doit durer toute la journée, pour d’autres, toute animation de 2 ou 3h est un grand jeu…"

"Le but est de développer une histoire sur toute une journée, explique Claire. L’animateur prépare plusieurs jeux autour d’une seule thématique. L’objectif est de casser la monotonie qui peut s’installer dans une colonie. On organise le grand jeu à la moitié ou aux 2/3 du séjour. Cela permet de relancer l’ambiance et de renforcer la cohésion du groupe car on vit tous ensemble une même chose." Avec les enfants, il est fréquent de monter le grand jeu dans un univers particulier. Par exemple, dès le matin, les enfants voient tous leurs animateurs déguisés en cow-boys qui leur expliquent que les Daltons ont volé la réserve de bonbons du camp. Les voilà embarqués dans une série d’épreuves pour retrouver leurs friandises.

Une animation qui se prépare
Quand on demande à un directeur de séjour de loisirs comment organiser un grand jeu, il se fend d’un borborygme mystérieux : "PSAADRAFRA. C’est un acronyme qu’on m’a appris lorsque je passais mon BAFA il y a quelques années, explique-t-il. Il s’agit de se souvenir des étapes importantes pour organiser une animation."

Avant l’animation
Le "PSAA" de PSAADRAFRA.
Avant toute chose, l’animateur doit Préparer (P) son animation. Réfléchir à l’avance à ce dont il aura besoin et à quel moment. Envisager différents scénarios, bref anticiper un maximum de choses. Ensuite il devra Sensibiliser (S) les animés. Le but est double. Donner envie aux futurs participants de participer – "Les Daltons vous ont volé vos bonbons" – mais aussi leur expliquer ce qu’il faudra faire durant l’animation et où celle-ci se déroulera. "Il faut leur apprendre les règles mais aussi les faire entrer dans le jeu, détaille Mathilde. Cela passe aussi par l’énergie qu’on déploie et la qualité des déguisements !"

Bien entendu, ce lieu aura été Aménagé (A) au préalable. Enlever les éléments qui pourraient être dangereux, mais aussi décorer l’endroit si cela se révèle nécessaire pour l’ambiance de l’animation font partie intégrante du rôle de l’animateur. "Il faut adapter les vêtements que portent les enfants à l’animation et aux conditions climatiques", explique notre jeune animatrice. La sensibilisation est bien souvent concomitante avec une autre étape importante, l’Accueil (A). Le but est bien évidemment de faire plaisir aux participants. Il convient donc de porter une attention particulière aux tout premiers moments, afin que chacun se sente dans de bonnes dispositions pour se laisser aller à jouer.

Pendant l’animation
Le "DRAF" de PSAADRAFRA. Le principal écueil à éviter est la baisse de régime. Pour cela, l’animateur doit veiller au bon Déroulement (D) de son animation ainsi qu’à son Rythme (R). Il doit savoir où en sont les participants et ce qui leur reste à faire. "Il faut savoir garder la tête froide pendant le jeu, ne pas se laisser griser, explique une stagiaire. L’animateur doit respecter un timing mais aussi savoir réagir en cas de problème ou de mauvais geste de la part d’un enfant." Ménager des temps plus calmes, afin que chacun puisse se reposer. L’encadrant doit être présent à tous moments et faire appel à ses qualités d’Animation (A) pour maintenir son histoire sur les rails et la mener jusqu’à sa Fin (F) logique. Eh oui, rien de pire qu’une belle histoire qui finit en queue-de-poisson. Il faut prévoir la fin du jeu pour que chacun connaisse l’objectif et accepte de s’arrêter quand il est temps.

Après l’animation
Le "RA" de PSAADRAFRA. Les enfants se sont bien amusés et vaquent maintenant à leurs occupations, mais pas l’animateur. Il faut maintenant Ranger (R) – activité peu ludique mais qui peut être exercée avec les participants – et puis Analyser (A). Sans être trop sévère sur son autocritique, il est toujours bon de se prévoir un temps pour revisiter l’animation dans sa tête et revoir ce qui a bien marché, ce qui a moins bien fonctionné et surtout pourquoi. L’animateur progresse grâce à une perpétuelle remise en question.

Un acronyme très utile
Si l’on résume, PSAADRAFRA est l’acronyme des mots suivants : Préparer, Sensibiliser, Aménager, Accueillir, Déroulement, Rythme, Animation, Fin, Ranger, Analyser.

Comment faire une bonne veillée ?
Moment crucial et classique des colonies de vacances : la veillée. On se raconte des histoires au coin du feu, accompagné par quelques accords de guitare… les vacances, quoi ! Pour les animateurs, ce moment est autrement plus crucial ! "Une mauvaise veillée est une veillée sans retour au calme, tranche une directrice. Sans cela, il faudra 2h pour coucher les gamins, au lieu d’une demi-heure. Tout le planning sera décalé, la réunion finira plus tard et les animateurs feront une nuit trop courte et seront épuisés (et donc moins disponibles) le lendemain !" Le scénario cauchemar, en quelque sorte.

Le but principal de la veillée est donc de préparer les enfants à aller se coucher. D’ailleurs, certains directeurs s’en passent. "Je ne fais pas de veillée sur mes colos, confie Fabrice. Pour moi le soir est un temps calme pendant lequel chacun fait ce qu’il veut et va se coucher quand il le sent. Cela permet d’empêcher les batailles d’oreillers dans le dortoir puisqu’ils ne vont pas se coucher en même temps !" Une bonne veillée doit donc respecter une courbe en forme de "U" inversé. Un début calme pour faire une bonne transition avec le repas. Un pic d’excitation au centre quand tout le monde est bien pris dans le jeu. Et un retour au calme progressif afin de préparer le coucher.

Une animation colporte des valeurs
L’animation s’inscrit dans le cadre de l’éducation populaire. Même si l’animation occupationnelle se développe, la plupart des structures gardent une forte mission pédagogique. L’animateur doit donc s’inscrire dans le projet pédagogique de son directeur et réfléchir aux valeurs qu’il transmettra lors de ses animations.

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Ces informations sont extraites du livre d'Olivier Monod "BAFA mode d'emploi" aux éditions L'Étudiant, que vous pouvez commander sur notre librairie en ligne letudiant.fr

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