DOSSIER : LES SECTEURS QUI RECRUTENT
- Rentrée emploi : de la place pour les jeunes
- Top ten des métiers de demain
- Le BTP (bâtiment et travaux publics)
- La santé
- L'industrie
- Les services aux particuliers
- L'informatique
- L'hôtellerie et la restauration
- Marc-Antoine Estrade, chargé de mission prospective métiers et qualifications au Centre d'analyse stratégique
Place aux jeunes ! Les prévisions en matière de recrutement se veulent en effet plutôt optimistes en cette rentrée. Jusqu'en 2015, 600 000 à 750 000 postes seraient ainsi à pourvoir chaque année, avec des secteurs particulièrement demandeurs de jeunes diplômés comme la banque, l’informatique, les services à la personne ou l’hôtellerie-restauration. Départs à la retraite, élévation des compétences requises, tertiarisation de l’économie… les recruteurs recherchent surtout des spécialistes, de plus en plus qualifiés.
Marc-Antoine Estrade, chargé de mission prospective métiers et qualifications au Centre d'analyse stratégique
"Demain, ce ne seront plus les entreprises mais les jeunes diplômés qui seront en position de choisir."
Quels sont les principaux enseignement de votre étude sur les métiers en 2015 ?
Globalement le taux de chômage des jeunes pourrait baisser un peu. Mais surtout les disparités vont se creuser : le marché de l'emploi va devenir particulièrement favorable aux jeunes diplômés, à partir du niveau bac+2. Les sans diplômes auront, eux, beaucoup plus de mal à se faire une place. Par ailleurs, on relève une augmentation de la mobilité : les diplômés du supérieur auront davantage d'opportunités de changer de métier au cours de leur vie professionnelle.
Les évolutions du marché de l'emploi pourraient-elles avoir un effet sur les pratiques des entreprises en matière de recrutement ?
L'une des caractéristiques du marché de l'emploi français est le haut niveau d'exigence des entreprises. Il suffit de parcourir les offres d'emploi pour s'apercevoir qu'elles multiplient les critères de sélection, en matière de diplôme, d'ancienneté ou de capacité à s'investir. Demain, comme c'est déjà le cas aujourd'hui dans certains secteurs, ce ne sont plus les entreprises mais les candidats qui seront en position de choisir. Les pratiques des recruteurs pourraient de ce fait évoluer : ils pourraient devenir moins exigeants sur les profils recherchés et, en particulier dans les grands groupes, chercher à séduire davantage les candidats en leur proposant par exemple des perspectives d'évolution de carrières attractives.
Dans le secteur de l'action sociale, on prévoit de très nombreux recrutements pour les années à venir. Mais dans le cadre de la maîtrise des dépenses et de la réduction des effectifs de la fonction publique, ne pourraient-ils pas être remis en cause ?
En matière d'action sociale, notamment pour les enfants, les handicapés et les personnes âgées, il existe des besoins manifestes et qui iront en grandissant. Les financements nécessaires seront mis en balance avec d’autres dépenses, mais ces besoins sont socialement prioritaires. Par ailleurs, si l'on parle des personnes âgées, il faut penser au rôle des ménages eux-mêmes : les retraités qui seront dépendants dans vingt ans auront eu des carrières professionnelles plus complètes, notamment les femmes et donc une meilleure santé financière : certains d’entre eux pourront contribuer de manière plus importante au financement des services dont ils auront besoin.
De manière générale, comment faut-il prendre les résultats de cette étude ?
Il faut les prendre avec prudence. L'étude s'appuie sur des hypothèses tendancielles. En clair, voilà ce qui se passera si les tendances actuelles se confirment. Mais différents éléments peuvent venir apporter des correctifs : la conjoncture internationale, la croissance ainsi que les actions menées par les entreprises, les branches professionnelles et le service public de l’emploi.
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