DOSSIER : ENVIRONNEMENT : COMMENT RECRUTE LE SECTEUR ?

Filière bio : recrutements tous azimuts

Nouvelles mesures gouvernementales, diversification des productions, organisation des circuits de transformation et de distribution… l’activité bio est foisonnante.



« Tripler d’ici à 2012 les surfaces agricoles destinées aux produits bio »… un an après le Grenelle de l’environnement, le gouvernement s’est engagé à accorder des aides aux producteurs pour atteindre cet objectif. Autre ambition symbolique : faire passer de quasi rien à 20 % la part de ces produits dans la restauration collective (cantines scolaires, restaurants d’entreprise…). Une aubaine pour les agriculteurs qui souhaitent se « convertir » et pour tous ceux qui gravitent autour de cette production.


Compétences métier

Les agriculteurs ne sont pas les seuls à se réjouir. Les industriels qui transforment la matière première comme les distributeurs se frottent aussi les mains. D’autant que les produits alimentaires ne sont plus le seul débouché.

Chic éthique. Des vêtements en coton comme les produits d’entretien ou cosmétiques bio viennent enrichir la gamme pour répondre à la demande des consommateurs de plus en plus sensibilisés. « Au cours des trois dernières années, nous avons ouvert une centaine de magasins », observe Claude Gruffet, PDG de Biocoop, un réseau de boutiques de produits bio qui détient 13 % du marché.

Nouvelles gammes. En plein développement, la filière bio recrute. « Nous devrions proposer entre 40 et 50 postes en 2009 », explique Caroline Vautier, en charge du recrutement chez Léa Nature, une entreprise qui conçoit et fabrique des produits bio. Des chercheurs et ingénieurs sont attendus dans les centres de recherche-développement pour mettre au point de nouveaux produits. Les services marketing et commerciaux cherchent eux aussi à renforcer leurs troupes.

Garanti bio. Au niveau de la production, les industriels sont également intéressés par des profils d’acheteurs qui vont devoir trouver la matière première auprès de producteurs bio en France mais aussi dans le monde entier. Des candidats aux compétences similaires sont attendus chez les distributeurs : Biocoop envisage de recruter une centaine de salariés supplémentaires sur les 600 que compte la coopérative. Un chiffre qui ne prend pas en compte les magasins qui réalisent eux-mêmes les embauches nécessaires à leur développement. L’extension du réseau nécessite en outre de développer les services logistiques (transports, plateformes de stockages).


Cultiver ses convictions

Pour répondre à leurs besoins, les entreprises, ouvertes aux jeunes diplômés, sont à la recherche d’une très grande variété de profils. Les ingénieurs, les techniciens, les diplômés d’école de commerce ou d’université intéressés par le bio sont les bienvenues.

Home made. Les employeurs se chargent généralement de leur donner une « formation maison » dès leur arrivée pour leur expliquer le fonctionnement de la filière bio. « C’est plus un travail de sensibilisation que l’apprentissage de méthodes de travail car mis à part certains métiers comme celui d’acheteurs, travailler dans le bio ne requiert pas de compétences particulières », souligne Claude Gruffet. Mais un état d’esprit avant tout.


Laurence Estival

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