Quel avenir pour les métiers du BTP ?
Gérard Charbonnier, directeur emplois et compétences du Groupe Spie Batignolles"Nous apprécions les doubles formations en commerce, gestion ou économies d’énergie"
"Notre secteur reste l’un de ceux où l’on peut commencer avec très peu de diplômes et arriver à des postes d’encadrement. Quel que soit le niveau où l’on travaille, la prise en compte du client est particulièrement importante pour nous. Nous considérons que notre métier ne s’arrête pas à la remise des clés. Cela implique de réfléchir en amont aux types d’utilisateurs, à la manière dont ils vont utiliser le bâtiment. C’est encore plus important aujourd’hui avec la multiplication des normes environnementales qui nécessitent une implication forte de tous les corps d’état et de tous les collaborateurs. Au niveau ingénieur, nous apprécions particulièrement les doubles formations en commerce, gestion ou économies d’énergie, qui sont indispensables aujourd’hui à la bonne réalisation des bâtiments. Nous avons donc besoin de personnes qui non seulement maîtrisent leur cœur de métier, mais qui aient aussi intégré cette approche client et la dimension environnement."
Daniel Van Eslande, directeur de la formation à la FNTP (Fédération nationale des travaux publics)
"On trouve du travail dès la sortie de la formation"
"Les travaux publics sont caractérisés par la diversité de leurs activités : construction mais aussi entretien de routes, de ponts, d’équipements industriels, travaux maritimes et fluviaux, installation de voies ferrées... Le poste d’entrée au niveau BTS [brevet de technicien supérieur] ou DUT [diplôme universitaire de technologie] est celui de chef de chantier, qui intervient à toutes les étapes de la construction. On trouve du travail dès la sortie de la formation, même si en DUT la majorité des élèves choisissent aujourd’hui de prolonger leur scolarité en licence pro (souvent en alternance) ou en école d’ingénieurs. Au niveau ingénieur, on commence par des postes de conducteur de travaux, responsable d’un ou plusieurs chantiers. Les écoles les plus ciblées pour notre secteur sont l’ESTP (école spéciale des travaux publics), l’ENSAM, l’École nationale des ponts et chaussées, l’École nationale des travaux publics à Lyon, l’ESITC... Après une école d’ingénieurs ou un diplôme universitaire, les jeunes peuvent compléter leur formation au CHEC (Centre des hautes études de la construction), créé par la profession."
Jérôme Lebrun, directeur adjoint de l’ESITC (École supérieure d’ingénieurs des travaux de la construction) Caen"Les entreprises recherchent des généralistes, mais aussi des experts"
"Actuellement, beaucoup de nos diplômés sont recrutés pour des fonctions d’ingénieur travaux, l’homme-orchestre du chantier qui doit réunir les compétences pour mener à bien un chantier du point de vue technique, mais aussi de la gestion des équipes et du budget. En croissance, on trouve les métiers de la conception, phase préalable avant d’arriver au chantier. Cette phase de conception prend de l’importance pour répondre aux nouvelles demandes des clients (normes techniques et environnementales, modélisation économique pour justifier la valeur d’un investissement et établir sa rentabilité...). Enfin, les entreprises recherchent des généralistes mais aussi des experts, sur les éco-matériaux par exemple, ou bien les ouvrages maritimes et portuaires (pour les énormes chantiers à venir avec les éoliennes en mer). Dernier secteur en développement, celui de la rénovation et de la réhabilitation. Construire avec les nouvelles normes, on sait faire, mais transformer et remettre à niveau les parcs existants, c’est un chantier colossal."









