Quels métiers pour demain dans le paramédical ?
Philippe Tisserand, président de la FNI (Fédération nationale des infirmiers)"La profession d’infirmier devrait évoluer vers un rôle de premier plan"
"Le plein-emploi ne doit pas être votre moteur principal pour vous orienter vers les métiers du paramédical. Ils nécessitent un goût pour les relations humaines, mais aussi d’être prêt à affronter la souffrance, la maladie et la mort. Sans quoi, vous ne tiendrez pas le coup. Une des évolutions principales du métier d’infirmier est l’accroissement de l’exercice en libéral, parce que les conditions de travail dans les hôpitaux sont difficiles (salaires peu élevés au vu des responsabilités, horaires, manque d’effectifs…), mais aussi pour pallier la carence de personnels en médecine de ville, surtout dans les zones rurales. Les métiers paramédicaux sont essentiels pour relever les défis de santé à venir. La profession d’infirmier devrait évoluer vers un rôle de premier plan, comme aux États-Unis, où les infirmiers trient les patients avant qu’ils ne voient le médecin, administrent les premiers soins et assurent le suivi de certains malades chroniques."
Antoine Huron, directeur associé du Groupe IZEOS, éditeur des sites www.emploisoignant.com et www.infirmiers.com "Il existe des disparités selon les territoires et les professions"
"Commencez par vous renseigner sur la réalité de chaque profession. Un kiné fera surtout de la rééducation, le métier d’infirmier évolue vers des compétences pointues pour pallier la baisse des effectifs médicaux, et celui d’aide-soignant est en pleine expansion. Réfléchissez ensuite au niveau scolaire. Sans le bac, vous avez accès aux métiers d’aide-soignant ou d’auxiliaire de puériculture, avec ensuite des passerelles vers le concours et la formation d’infirmier. Avec le bac, quasiment toutes les écoles paramédicales vous sont ouvertes. Le large panel des modes d’exercice (hôpital public ou privé, médecine scolaire, SAMU, libéral…), les besoins croissants d’une population qui vieillit et l’augmentation des maladies chroniques génèrent de nombreuses opportunités. À condition de rester mobile, car il existe des disparités selon les territoires et les professions."
Jean-Paul Rerzki, responsable pédagogique de la préparation aux formations paramédicales de l’UPMC-Pitié-Salpêtrière"La norme tend plus vers deux années de prépa qu’une seule"
"Nos métiers attirent, mais comme le nombre de places aux concours n’augmente pas, les taux de réussite varient de 1 à 5 %. Leur préparation demande donc un fort investissement. Si vous optez pour une prépa, les méthodes de travail seront différentes de la terminale. Il faut une vraie régularité, refaire toujours les mêmes exercices, car la rapidité est importante aux concours : boucler ses sujets un quart d’heure avant la fin permet de se relire. Se préparer seul n’est pas impossible mais reste difficile. On peut utiliser les annales, via une prépa par correspondance – comme celles du CNED (Centre national d’enseignement à distance) – ou des prépas en ligne. Il faut établir un programme précis et le suivre toute l’année, huit heures par jour ! Cela limite les coûts – car une prépa privée coûte entre 3.000 et 5.000 € –, auxquels s’ajoutent les frais d’inscription aux concours (de 100 à 300 € par école, plus les éventuels frais de transport et logement). Ne vous découragez pas, mais gardez en tête que la norme tend plus vers deux années de prépa qu’une seule, surtout pour les kinés."







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