1. Baromètre Trendence 2015 : les étudiants européens veulent travailler moins pour gagner moins
Interview

Baromètre Trendence 2015 : les étudiants européens veulent travailler moins pour gagner moins

Envoyer cet article à un ami

Dans quelles entreprises les étudiants européens envisagent-ils de travailler ? Dans quels types de carrière se projettent-ils ? Quels critères privilégient-ils pour leur premier emploi ? C'est à ces questions que l'Institut berlinois Trendence répond dans son Baromètre européen des entreprises préférées des étudiants (1). Caroline Depierre, directrice de recherche à l'institut, livre son analyse des résultats.

Quelles sont les tendances générales que révèle ce baromètre 2015 ?

Caroline Depierre, directrice de recherche à l'institut Trendence

Nous constatons une forte attractivité des entreprises du Web qui dominent le classement, Google en tête. La communication de Google sur ses produits comme sur ses modes de travail semble très attractive pour les étudiants dans toute l'Europe. Mais les profils recherchés par le groupe sont assez rares : ils combinent une forte expertise technique avec de réelles compétences commerciales et marketing.
Autre tendance que nous avons relevée au niveau européen : l'importance pour les jeunes de la culture d'entreprise. Plus de la moitié des sondés refuseraient une offre d'emploi s'ils ne se considéraient pas en accord avec cette culture. C'est surtout vrai dans les sociétés allemandes, autrichiennes et suisses. Cette tendance est globalement corrélée au niveau de développement économique des sociétés : plus un pays est économiquement développé, plus la culture de l'entreprise sera importante aux yeux des étudiants interrogés.
Conséquence de ces deux tendances pour les entreprises : elles doivent arriver à développer une culture et un environnement de travail de "start-up" pour rester attractives. Cela impacte les organisations internes : développement du travail à distance, des collaborations extérieures, remise en cause des organigrammes pyramidaux et développement du mode projet.

Existe-t-il des particularités par zone géographique ou pays ?

Les différences s'expriment davantage entre les types d'étudiants et leurs formations (commerciaux ou ingénieurs par exemple) qu'entre les zones géographiques. Mais cette année, on constate de grosses différences dans les attentes en termes de salaire. Dans la quasi-totalité des pays européens, les étudiants ont l'intention de travailler moins, quitte à moins bien gagner leur vie. Question niveau de salaires, il existe néanmoins un énorme écart entre le salaire attendu par les futurs ingénieurs bulgares (6.400 € par an) et suisses (67.400 € par an).

Les différences entre pays se concentrent également sur les types d'entreprises recherchées par les étudiants. Pour les ingénieurs allemands, les constructeurs automobiles restent très attractifs. En France, ce sont plutôt les entreprises de l'industrie aéronautique comme Airbus qui occupent le haut du classement chez les ingénieurs. De même, en France, les commerciaux privilégient les entreprises du luxe, alors qu'en Italie ou en Pologne ce sont les banques qui dominent le classement.

De manière générale, les produits sont de forts vecteurs d'image et d'attractivité employeur. Quand un futur ingénieur pense à une carrière chez Microsoft, Volkswagen ou Airbus, il pense aux ordinateurs, aux voitures, aux avions qu'il va contribuer à développer. Cependant, ce lien entre attractivité produit et attractivité employeur n'est pas automatique. Seules les entreprises qui ont une vraie stratégie de communication RH auprès des jeunes cibles, visant à mettre en avant les métiers et les carrières possibles, arrivent en haut du classement.

L'internationalisation du marché du travail pour les diplômés des grandes écoles est une réalité, malgré des systèmes de formation très différents d'un pays à l'autre. Les étudiants européens se projettent-ils dans des carrières en dehors de leur pays d'origine ?

Pour leur premier emploi, environ 20 % des étudiants européens prévoient de postuler à l'étranger. Les futurs ingénieurs sont 37,9 % à envisager de travailler dans leur pays, 18,7 % dans la ville où ils ont étudié, et 23,6 % dans la région où ils ont grandi. La répartition est similaire chez les commerciaux.
Cet attrait pour la mobilité est plus marqué en Espagne, en Grèce, en France, en Italie et au Portugal où plus de 25 % des étudiants envisagent de quitter leur pays pour leur premier emploi. À l'inverse, les étudiants polonais, norvégiens ou allemands ne sont pas très mobiles.


Classement Trendence 2015 des employeurs préférés des étudiants européens en commerce et management (1)

Rang 2015 étudiants européens Entreprise %  d'attractivité 2015
1 Google 11,33%
2 Volkswagen Group 7,1%
3 Apple 6,84%
4 BMW Group 5,87%
5 EY (Ernst & Young) 5,31%
6 PwC (PricewaterhouseCoopers) 4,93%
7 KPMG 4,49%
8 Deloitte 4,37%
9 L'Oréal 4,31%
10 Microsoft 4%
11 Coca-Cola 3,42%
12 Adidas 3,37%
13  LVMH 3,25%
14 Unilever 2,98%
15 EU Institutions - EU Careers 2,96%
16 Ikea 2,88%
17 Procter & Gamble 2,86%
18 Lufthansa 2,85%
19 Nestlé 2,78%
20 European Central Bank 2,69%

Consultez la totalité du classement en PDF.


Classement Trendence 2015 des employeurs préférés des étudiants européens en ingénierie et informatique (1)

Rang 2015 étudiants européens Entreprise Rang 2013
1 Google 14,44%
2 Volkswagen Group 8,77%
3 Microsoft 7,24%
4 BMW Group 7,07%
5 Apple 6,55%
6 Airbus Group 4,34%
7 Siemens 3,95%
8 Bosch 3,73%
9 IBM 3,71%
10 Bayer 3,41%
11 European Space Agency 3,03%
12 Intel 3,02%
13 Daimler/ Mercedes-Benz 2,89%
14 ABB 2,5%
15 Rolls-Royce 2,5%
16 Nestlé 2,36%
17 GlaxoSmithKline 2,32%
18 L'Oréal 2,23%
19 GE 2,07%
20 BASF 2%

Consultez la totalité du classement en PDF.

(1) L'enquête a été réalisée entre octobre 2014 et février 2015 via un questionnaire en ligne adressé à 300.000 étudiants de profils ingénieurs et commerciaux issus de 900 universités et écoles. Les étudiants ont répondu à la question suivante : “Chez quels employeurs ­allez-vous vraisemblablement postuler après votre diplôme ?” Avec la possibilité de choisir jusqu’à trois entreprises.