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Coursier à vélo : comment choisir sa plate-forme ?

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Chaque plate-forme de livraison possède ses conditions. Renseignez-vous avant de sauter le pas ! // © John Harris/REPORT DIGITAL-REA
Chaque plate-forme de livraison possède ses conditions. Renseignez-vous avant de sauter le pas ! // © John Harris/REPORT DIGITAL-REA

Malgré les polémiques, être livreur à vélo séduit de plus en plus d'étudiants en quête d'un petit boulot. Comment s'inscrire sur ces plates-formes ? Quel salaire espérer ? Quelles assurances et accompagnements ? L'Etudiant fait le point.

Devenues le symbole, écorné depuis quelques mois, de "l'uberisation" du travail, les plates-formes Web de coursiers à vélo attirent de plus en plus de jeunes, dans les grandes villes. Et ce malgré les contraintes de ce job, particulièrement physique. Si vous souhaitez tenter le coup, voici de quoi y voir plus clair entre les différentes plates-formes, à partir des conditions de travail proposées officiellement par chacune d'elles.

L'inscription est-elle sélective ?

Pas besoin d'avoir un diplôme pour devenir coursier à vélo pour une plate-forme Web ! La plupart de ces entreprises vous proposent de remplir un questionnaire en ligne pour votre inscription, et certaines complètent cette démarche par un entretien et la signature d'un contrat (Deliveroo).

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Conditions sine qua non, cependant : être majeur, se créer un statut d’indépendant (souvent de micro-entrepreneur, mais certaines plates-formes acceptent d'autres statuts), posséder un vélo et un smartphone, car toutes ces plates-formes fonctionnent avec un système d'appli Web. Chez UberEats, on vous demande également un extrait de casier judiciaire vierge.

Suis-je assuré de gagner un minimum ?

Difficile de répondre à la question, car les plates-formes rémunèrent les livreurs selon des systèmes différents… et un tantinet complexe ! Chez Deliveroo, la course est payée 5,75 € à Paris, 5 € en province, et ce, quel que soit le nombre de kilomètres parcourus. Foodora rémunère 7,50 € de l’heure, auxquels il faut ajouter 2 € par livraison.

Chez Stuart, entreprise de Géopost (filiale du groupe La Poste) qui propose de la livraison à domicile de tout type de commandes (restauration ou autres), vous êtes payés 9 € de l'heure si vous vous êtes inscrits à l'avance sur le planning ; si vous vous connectez et acceptez une course dans la foulée, vous toucherez 75 % du chiffre d'affaire de la course.

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Chez UberEats, vous touchez également 75 % du prix de la course, lui-même calculé ainsi : 2,5 € pour la prise en charge de la commande au restaurant, 1 € lors de la remise au client et 1,40 € par kilomètre parcouru entre le restaurant et le client. Soit, pour une course de 3,5 km, 7,05 € pour vous.

Attention cependant ! Pour arriver à votre salaire net, il vous faudra retirer de ces montants les charges sociales que vous payez à l'URSSAF en tant que micro-entrepreneur. Ces charges représentent environ 23 % de ce que vous touchez, mais si vous avez moins de 26 ans, elles ne sont que de 6 % environ pendant votre première année d'activité, et augmentent progressivement sur trois ans (car vous touchez l'ACCRE, l'Aide au chômeur créateur ou repreneur d'entreprise). N'oubliez pas non plus de déclarer ces revenus chaque année, et le cas échéant, de payer des impôts dessus !

À savoir, certaines plates-formes se targuent de vous garantir un chiffre d'affaires minimum. Chez UberEats, en fonction de votre "niveau" (nombre moyen de commandes livrées à l'heure, effectivité des livraison, satisfaction des clients), vous pouvez accéder à des plages horaires de livraison ("shifts") où un minimum est garanti. Même principe chez Deliveroo, qui garantit un nombre minimum de courses sur certains créneaux, en fonction de "la qualité du service, la régularité de la présence effective aux heures réservées, et de la fréquence de participation aux heures de pointe". Bref, un système peu lisible, pour un novice, et qui comprend une dose d'arbitraire…

Quand suis-je payé ?

Chez Foodora, vous êtes payés tous les mois, chez Deliveroo, toutes les deux semaines, et chez UberEats, chaque semaine.

Si je me déplace et que la mission n'a pas lieu ?

Chez Foodora, si vous avez fait le déplacement jusqu'au restaurant et que celui-ci annule la commande, vous êtes payés comme pour une livraison normale. Chez Deliveroo, on assure qu'il est possible de rémunérer partiellement le livreur si celui-ci est déjà arrivé au restaurant quand la commande est annulée, mais que la décision est prise au cas par cas. Les autres plates-formes estiment soit que ce cas est rare (UberEats), soit ne souhaitent pas répondre (Stuart).

Suis-je couvert quand je travaille ?

Certaines plates-formes proposent gratuitement une assurance responsabilité civile professionnelle qui vous couvre pendant les courses : c'est le cas de Stuart, mais aussi de Deliveroo. Foodora indique être en discussion avec un assureur pour en souscrire une. Chez UberEats, on vous conseille de souscrire certaines assurances chez des compagnies partenaires, pour mieux assurer votre protection sociale en général.

De fait, une assurance responsabilité civile ne couvre pas tous les cas d'accident, et ne remplace en rien une complémentaire santé… Comme micro-entrepreneur, si vous êtes malade, c'est l'assurance maladie du RSI (régime sociale des indépendants) qui jouera, une protection beaucoup plus faible que quand vous êtes salarié. Deliveroo vient d'ailleurs d'annoncer la mise en place d'une complémentaire santé gratuite pour tous ses livreurs… Stuart propose de son côté une complémentaire santé non obligatoire, à 19,90 € par mois.

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Mais gardez bien en tête que comme micro-entrepreneur, vous cotisez de façon beaucoup plus faible pour les droits à la retraite et vous ne bénéficiez pas d'assurance-chômage… À vous de peser le pour et le contre !

Sachez également que certaines plates-formes octroient des "primes" en certains cas. ll y a une prime de pluie qui s'élève à 15 € et qui peut s'appliquer jusqu'à deux fois par jour (une fois le midi et une fois le soir)." Chez Deliveroo, en cas de mauvaise météo ou d'événements exceptionnels, une prime "peut éventuellement être accordée aux livreurs".

Quel accompagnement ?

Certaines plates-formes disposent d'espaces d'accueil pour les livreurs (UberEats) ou assurent des permanences pour un accueil physique (Deliveroo). En fonction des plates-formes, des équipes sont disponibles pendant les heures de courses pour répondre à vos questions.

Pour tout ce qui est administratif, les plates-formes proposent des réunions d'information sur le statut de micro-entrepreneur (Foodora), ou une hotline mail et/ou téléphone (Deliveroo), ou dans les espaces d'accueil (UberEats). Certaines génèrent automatiquement vos factures, ou éditent des récapitulatifs de votre activité (Deliveroo). Aucune formation n'est prévue par ailleurs, mais toute une panoplie de tutoriels vidéos et autres FAQ est généralement proposée sur les consignes de sécurité, entre autres.

Côté matériel, cela varie là aussi en fonction de l'entreprise. Chez Foodora, le sac-à-dos isotherme et les vêtements siglés sont fournis, ainsi qu'une batterie externe pour smartphone. Chez UberEats et Stuart, le matériel peut vous être prêté moyennant une caution (150 € chez Stuart), pris sur votre paye. Chez Deliveroo, chaque livreur peut acheter le matériel. Si vous utilisez votre propre équipement, vous devez généralement respecter un cahier des charges précis. Bonne route !

Livreurs pour une plate-forme de restauration, une variante intéressante ?

Popchef, Foodchéri, Frichti… Les entreprises de restauration qui proposent uniquement des plats à la livraison sont moins connues, mais commencent à tisser leur toile dans le paysage urbain. Présentes sur le Web, leur fonctionnement ressemble aux plates-formes de livreurs à vélo, à ceci près qu'elles produisent et fabriquent leurs propres plats. Travailler pour elles comme livreur suppose de créer votre statut de micro-entrepreneur. Chez Popchef, vous êtes payés 3 € la course, puis 4 € au bout de 5 courses effectuées dans le mois. Ici, l'avantage est que les livraisons se font sous la forme de tournées (plusieurs commandes à la fois), à partir des points-relais de l'entreprise (une dizaine en Île-de-France), uniquement le midi (11 h 30 – 13 h 30) : "Les points-relais, gérés chacun par un manager sur place, desservent les clients à 3 kilomètres maximum à la ronde, ce qui limite la durée des trajets pour les livreurs", explique François Raynaud de Fitte, cofondateur. À noter, l'entreprise propose un package assurance responsabilité civile professionnelle et complémentaire santé aux livreurs, à raison de 25 € par mois.

Indépendant et salarié, la solution coopérative !

Si le micro-entrepreneuriat est de plus en plus pointé comme l'évidence en termes de travail indépendant, il ne constitue pas l'unique solution pour travailler quand vous le voulez. La forme de la coopérative, qui a pour principe de salarier des personnes tout en les faisant propriétaires de leur entreprise, est en train d'être expérimentée pour les coursiers à vélo, à Toulouse. Baptisé CoopCycle, le projet est le fruit de la réflexion d'un développeur, Alexandre Segura, et de Jérôme Pimot, cofondateur du Collectif des Livreurs Autonomes Parisiens (CLAP). Le principe : partager la force de travail sous forme de coopérative, via une appli commune en open source, et moyennant le respect de certaines règles d'éthique.