1. Égalité femmes-hommes : il y a encore du travail !
Enquête

Égalité femmes-hommes : il y a encore du travail !

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Selon l'Apec, à poste, compétences et parcours identiques, la différence de salaire atteint 8,5 % en moyenne entre les hommes et les femmes… // © Phovoir
Selon l'Apec, à poste, compétences et parcours identiques, la différence de salaire atteint 8,5 % en moyenne entre les hommes et les femmes… // © Phovoir

Pas franchement réjouissant le bilan côté entreprises si l’on en croit les différentes enquêtes et études parues à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars. Les filles, sachez-le : si vous avez plus d'assurance que vos aînées, le monde du travail reste néanmoins un terrain d’inégalités en votre défaveur…

Jeunes femmes de la génération Y (autrement dit celles nées entre 1980 et 1995), vous êtes plus confiantes dans vos capacités et plus ambitieuses que vos aînées. C'est ce que révèle une étude publiée le 4 mars 2015 par le cabinet PwC (PwC, “The female millennial : A New Era of Talent”, 2015). Un véritable changement d'état d'esprit : jusqu'ici, vous manifestiez plus de retenue que vos collègues hommes en matière de carrière. Pour preuve, près de la moitié des femmes interrogées par PwC pensent pouvoir atteindre les plus hauts niveaux de responsabilité dans leur entreprise, tout en ne mésestimant pas les difficultés qui les attendent. Elles sont ainsi 50 % à affirmer que, là où elles travaillent, les hommes sont avantagés dans le cadre de la promotion interne.

Les dirigeants sont rarement des dirigeantes

De l'ambition, de la confiance en vous et de la combativité, il vous en faudra effectivement pour bénéficier des mêmes opportunités que les garçons de votre promotion, si l'on en croit les différentes enquêtes et études parues à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars. Selon la dernière édition de l'Observatoire Skema de la féminisation des entreprises (Observatoire Skema de la féminisation des entreprises 2015), à de rares exceptions près, les comités de direction des grands groupes français restent la chasse gardée des hommes. Aujourd'hui, seules 10 % de femmes siègent dans ces "codir". Et si la situation est différente dans les conseils d'administration, où l'on compte près de 30 % de femmes, c'est parce que la loi est passée par là en imposant des quotas.

Salaire : des différences qui augmentent au fil de la carrière

Côté feuille de paie, le compte n'y est pas non plus, en particulier chez les cadres, dont 36 % sont de sexe féminin. Selon l'Apec (Étude Apec : Les écarts de salaire hommes-femmes, 2015), à poste, compétences et parcours identiques, la différence de salaire atteint 8,5 % en moyenne entre les hommes et les femmes. Si elle n'est que de 4,2 % en début de carrière, elle augmente insidieusement au fil du temps pour atteindre 12,5 % chez les plus de 50 ans.

Toutefois, plus les cadres ont un niveau d'études élevé, plus l'écart de salaire tend à diminuer. Il se situe au-dessus de 10 % pour les titulaires de diplômes inférieurs ou égaux à bac+2. En revanche, chez les diplômés bac+5 et plus, l'écart se réduit à 7,5 %.

Des discriminations que rien ne justifie, si ce n'est des représentations sociales qui conduisent à sous-estimer l'aptitude des femmes à prendre des responsabilités et à exprimer des prétentions salariales inférieures à celles de leurs collègues masculins. Bref, le combat pour la parité n'est pas encore gagné.