1. Pour la génération Y, l'envie d'un travail qui ait du sens
Enquête

Pour la génération Y, l'envie d'un travail qui ait du sens

Envoyer cet article à un ami

Vous êtes nés entre la fin des années 70 et le milieu des années 90 ? Alors vous faites partie de la génération Y. Moins riches mais plus diplômés, vous êtes aussi moins indépendants mais plus autonomes, moins collectifs mais plus interconnectés, moins intéressés par les partis politiques mais plus mus par le désir d’être utiles socialement… Portrait de votre génération qui ne manque pas d’atouts pour affronter la crise.

Quitte à travailler, autant s’y épanouir… Portés par une envie de reconnaissance et de quête de sens, les jeunes de la génération Y, surnommés les "Why" affichent leurs engagements dans leur emploi. Témoignages.


Geénération Y - Floriane Rieu - 26 ans

Floriane Rieu, 26 ans : "Mon travail doit avoir une utilité sociale"


Avec son diplôme de l’EM Lyon Business School, Floriane Rieu pouvait prétendre à une "belle" carrière dans une grande entreprise. Mais la jeune femme a choisi de mettre ses compétences au service d’une cause humanitaire et sociale. Depuis le début de l’année, elle travaille à Marseille pour La Table de Cana, une "entreprise citoyenne" spécialisée dans le traiteur et l’organisation de réceptions. Elle emploie des personnes en phase de réinsertion, recommandées par les assistantes sociales, pour une durée de deux ans. Elle a aussi pour mission de trouver des financements. "Durant ma recherche d’emploi, un critère a été primordial : l’utilité sociale du poste. Je voulais un travail qui ait du sens et qui contribue à rendre le monde un peu plus juste." 

Ses convictions se sont forgées lors d’un séjour humanitaire en Argentine et en Bolivie qu'elle a effectué alors qu'elle était en cours d’études à l’EM Lyon. Floriane ne regrette pas son choix de carrière. "Il est vrai qu’après avoir fait des études aussi chères, le retour sur investissement peut paraître faible, car mon salaire n’est pas très élevé. Mais mon engagement résonne comme une évidence. Je suis convaincue que les jeunes ont envie de changer la société individualiste dans laquelle ils vivent."


Geénération Y - Nicolas Dahan - 28 ans

Nicolas Dahan, 28 ans : "L’urgence environnementale guide mes choix"

Nicolas Dahan est à la tête de l’association Les Connexions, à Viviers (en Ardèche). Avec les 80 bénévoles de la structure, il collecte et trie les déchets produits lors de manifestations comme Le Printemps de Bourges, Garorock, le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême…, en vue de leur recyclage.
L’association est née en 2003. À l’époque, Nicolas fréquente de nombreux festivals, dont la propreté des sites en fin de festivité laissait à désirer. "Avec des amis, nous avons commencé à faire des propositions aux organisateurs, raconte Nicolas, diplômé d’un bac pro maintenance des équipements industriels. À chaque fois, la réponse était la même : c’est impossible. Il fallait leur prouver que la situation pouvait changer."
Élevé dans une famille "écolo", la question environnementale a toujours fait partie de ses préoccupations. "La notion d’engagement est importante pour moi, précise-t-il. C’est une façon de trouver sa voie et de prendre conscience que nous avons tous des compétences et des forces utiles aux autres."


Génération Y - Aymeric Marmorat - 26 ans

Aymeric Marmorat, 26 ans : "La vie personnelle et la vie professionnelle sont les faces d’une même pièce"


Il y a quatre ans, Aymeric Marmorat a créé avec deux amis une association baptisée Entrepreneurs sans frontières. L’idée a germé durant ses études, d’abord en BTS (brevet de technicien supérieur) action commerciale, devenu BTS MUC (BTS management des unités commerciales), puis à l’École de management de Normandie. Son projet est de mettre en relation de jeunes créateurs d’entreprises dites sociales avec des étudiants en formations commerciales. Les binômes ainsi formés travaillent pendant quatre mois à la création de business plans, dans le but de décrocher des financements et des subventions pour toutes sortes de projets : une entreprise qui développe une soie éthique et écologique, un projet de location de véhicules pour personnes à mobilité réduite, ou encore un espace culinaire labellisé bio et équitable.

Si dans sa promo, rares sont ceux qui ont choisi la voie d'Aymeric, ils sont nombreux à se poser des questions sur leur rôle dans la société. "Pour ma part, il était important que mon métier soit en adéquation avec mes convictions, explique le jeune homme. La vie professionnelle et la vie personnelle sont les deux faces d’une même pièce, indissociables. J’appartiens à une génération qui ne peut plus se contenter d’un travail qui lui apporte uniquement un salaire. La rémunération passe aussi par le développement et l’épanouissement de soi."

Sommaire du dossier
Retour au dossier Génération Y : diplôme et expérience pour lutter contre le chômage Les réseaux, la force de la génération Y Pour la génération Y, l'envie d'un travail qui ait du sens Ces entreprises qui misent sur la génération Y Génération Y - Avis d'expert : Olivier Galland, spécialiste des questions de jeunesse Génération Y - Témoignage - Élisa : "Facebook pour les amis, Twitter et LinkedIn pour le boulot"