1. Jeune diplômé(e) sans expérience : comment me "vendre" sur mon CV ?
Coaching

Jeune diplômé(e) sans expérience : comment me "vendre" sur mon CV ?

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Savoir parler de sa formation et de ses jobs d'été sur son CV : tout un art qui s'apprend ! // © PlainPicture
Savoir parler de sa formation et de ses jobs d'été sur son CV : tout un art qui s'apprend ! // © PlainPicture

"Expérience exigée" : cette mention, trop souvent présente à votre goût dans les offres d'emploi destinées aux jeunes diplômés, vous bloque. Rassurez-vous. Primo, le recruteur sait que vous débutez. Deuzio, en puisant dans votre formation, vos stages et votre vie personnelle, vous avez de quoi étoffer votre CV et séduire un employeur. La preuve.

1. Valorisez votre formation…

"Quand on n’a aucune expérience, il faut évoquer sa formation, ses spécificités et même jusqu’aux notes obtenues dans des matières en rapport avec le poste visé, préconise Michael Moyal, du cabinet Moyal & Partners, à Strasbourg (67). Par exemple, si vous cherchez un poste de chef de projet et que vous avez eu 15/20 en marketing, mettez-le sur votre CV." Adrien Ducluzeau, fondateur du cabinet La Relève, spécialisé dans les jeunes talents (moins de deux ans d’expérience), confirme : "Un 18/20 en marketing digital mentionné sur le CV peut être un bon point pour un stage ou un poste de community manager."

Attention cependant à rester pertinent. Bannissez le remplissage. "À la rubrique 'Formation', inutile de remonter jusqu’à la maternelle ! met en garde Stephanie Delestre, fondatrice du site d’offres d’emplois Qapa.fr. Si vous avez le niveau L3, à quoi bon mettre le brevet sur un CV ? En revanche, mettez en avant les cours ‘clés’ suivis à la fac par exemple, et expliquez ce qu'ils vous ont apporté." Objectif : montrer que ce que vous avez appris peut être utile à l’entreprise : savoir bien rédiger, analyser, synthétiser par exemple sont des compétences recherchées partout. "Et, comme jeune diplômé, vous avez des connaissances dans certains domaines plus à jour que des salariés en place, montrez-le !", conseille Hélène Lafon, consultante mobilité à l’Apec, association pour l’emploi des cadres.

2.… et votre  établissement !

Si votre formation ou votre établissement est régulièrement distingué(e) dans les classements et autres palmarès, mettez-le ! En France, les diplômes rassurent les entreprises. Indiquez son rang s'il se démarque et la source. Autre façon de "vendre" votre école (et donc vous-même !), surtout si vous craignez qu'elle soit méconnue des recruteurs : évoquez ses partenariats avec des universités étrangères. Et si celles-ci jouissent d’une renommée internationale, insistez sur ce point. L’important est de trouver une information qui valorisera votre établissement auprès du recruteur et permettra de le situer.

3. Puisez l’expérience dans votre vie personnelle…

"La rubrique ‘Centres d’intérêt, expérience de vie personnelle’  permet de voir des qualités qu’on ne trouve pas ailleurs sur un CV", remarque Hélène Lafon. Sport, informatique, engagement humanitaire… Vous avez une passion ?  Mettez-la en avant dès lors qu’elle montre des aptitudes en lien avec le poste à pourvoir." Vous avez été membre d’une association étudiante ? Pensez à donner le montant de son enveloppe budgétaire, le nombre de personnes dans l’équipe, le rôle que vous y teniez. Avoir été trésorier d’une association qui gère un budget important est une expérience majeure.

Un argument qui éveillera à coup sûr l’intérêt du recruteur ? Le fait que vous ayez appris à travailler en "mode projet", à  travers la vie associative au sein de l’école, de l’université ou  de votre club de foot.  "C’est ce qui compte le plus aux yeux d’un recruteur. N’hésitez pas à le mettre en avant", conseille Michael Moyal. C'est la preuve que vous avez appris à hiérarchiser les tâches, respecter les délais, travailler en équipe… N'hésitez pas à mentionner aussi les difficultés rencontrées, comment vous les avez surmontées. Autant de détails que le recruteur a envie d'entendre et qui joueront en votre faveur.

4. … mais utilisez vos hobbies à bon escient

"Je reçois 500 CV par semaine, 490 mentionnent les voyages en hobby, avec les noms des pays visités : ça n’a aucune valeur ajoutée", prévient Adrien Ducluzeau, fondateur du cabinet de recrutement La relève. Tout le monde aime voyager. Mieux vaut évoquer ce que ces expériences à l’étranger vous ont apporté et à quoi elles peuvent servir pour le poste visé. Si vous évoquez un loisir, vous devez pouvoir le valoriser : si vous pratiquez à un certain niveau le même sport depuis quinze ans, cela dénote un engagement certain ; si vous mettez la lecture comme centre d’intérêt, vous devez pouvoir parler de votre dernier livre lu. "N’hésitez pas à faire preuve d’opportunisme. "Réorientez vos hobbys en fonction du poste auquel vous postulez et de la personnalité du recruteur ou du chef d’entreprise ! conseille carrément Stéphanie Delestre chez Qapa.fr. Pensez pour cela à regarder son profil sur les réseaux sociaux professionnels."

"Le but de cette rubrique est de tisser un lien avec le recruteur, de créer une certaine connivence", rappelle Isabelle Israël, du cabinet de recrutement Hays, qui appelle à une certaine prudence : "À tort ou à raison, certains hobbys peuvent avoir une connotation défavorable : vous êtes passionné d’horlogerie ? Le recruteur risque de voir en vous une personnalité obsessionnelle. Vous êtes un fou d’équitation ? Cela dénote l’appartenance à un milieu social privilégié…".

Pensez aussi à la cohérence de votre CV : si vous êtes une personnalité extravertie en entretien, le recruteur pourra s’étonner de lire sur votre CV que vous êtes un fou de maquette, un hobby plutôt solitaire. En somme, soyez pertinent... et cohérent.

5. Mettez en avant (mais sans les survendre !) vos jobs étudiants et jobs d’été

"Il n’y a pas de petit boulot, il n’y a que de grandes expériences", assure Michael Moyal. Si vos jobs étudiants ou jobs d’été ne doivent pas occuper dix lignes sur votre CV, ils doivent être l’occasion de montrer en quoi cette expérience vous a grandi. Vous devez assumer ces expériences et vous en servir comme argument.

Faites ressortir les fonctions exercées et les qualités développées à cette occasion. Parmi les compétences transversales à aborder, vous pouvez ainsi mentionner la volonté de réussir, le sens du travail en équipe, la sensibilisation aux réalités du monde du travail…"Même une expérience qui peut paraître ‘bateau’, comme le baby-sitting, compte, rappelle Stéphanie Delestre. Si vous avez dû vous occuper durant deux ans d’enfants en bas âge, cela signifie que vous êtes quelqu’un de régulier, de digne de confiance et que vous avez des compétences pour gérer des tout petits."

De même, n’évoquez pas de manière anecdotique votre expérience d’équipier dans un fast-food : cela dénote toujours un sens des responsabilités, de la pugnacité et une forte capacité de travail…

Par ailleurs, détaillez les missions effectuées : "Vendeuse en magasin n’a pas la même signification chez H&M que chez Chanel, les savoir-faire et savoir-être requis ne sont pas identiques", remarque Isabelle Israël, chez Hays. Si vous avez travaillé en magasin durant la période des soldes signalez-le : savoir gérer une forte affluence et le stress induit sont des compétences recherchées. "Mettez l’accent sur le sens du service acquis durant vos jobs étudiants, notamment dans le commerce", conseille Michael Moyal. Règle d’or en recrutement : ne dénigrer aucune expérience et toujours dégager du positif. Ne dites pas : "C’était un stage inintéressant", mais : "Ce stage m’a permis de comprendre que je n’étais pas fait pour cette fonction." 

6. Détaillez vos missions en stage

Pensez à bien détailler les fonctions occupées, les tâches que vous aviez à accomplir, le nom de la société, son secteur d’activité, sa taille, etc.  Décrivez factuellement les missions remplies et, si possible, chiffrez-les. En poste à l’accueil d’une grande société, vous receviez 90 appels entrants par jour et faisiez de la mise en relation ? C’est la preuve que vous savez orienter les gens et gérer un volume important de coups de fil.

Cependant, "opérez une sélection parmi vos stages, préconise Isabelle Israel, du cabinet Hays. Il ne faut pas s’étendre sur une expérience sans rapport avec le poste visé. Mieux vaut valoriser celle qui sera la plus utile pour décrocher le poste." Bref, préférez la sélectivité à l’exhaustivité.

7. Soyez franc sur vos compétences linguistiques

L’expression "Lu, écrit, parlé est un abus de langage : elle ne veut rien dire", observe Hélène Lafon, de l’Apec. Question langues, précisez votre niveau, idéalement votre score aux tests TOEIC, TOEFL, etc. Et pourquoi ne pas essayer le CV linguistique vidéo ? "Filmez-vous avec votre smartphone en train de parler en anglais, allemand, espagnol ou russe durant 30 à 40 secondes maximum, préconise carrément Michael Moyal. Cela donnera une idée au recruteur de votre aisance et de votre accent dans la langue étrangère."

Signalez vos éventuelles immersions dans un pays anglophone, hispanophone ou autre par une section "Séjours à l’étranger". Mentionnez l’objet du séjour et la durée : stages à l'’étranger, échange universitaire, voyages… Montrez que ce n'était pas de simples séjours de vacances mais l’occasion de vous débrouiller et de parler la langue et d’enrichir vos connaissances culturelles.

8. Faites un CV sobre, personnalisé…et honnête !

"Un CV doit tenir sur une page maximum, même chez les plus de 50 ans !" rappelle  Hélène Lafon à l’Apec. Donc a foriori pour vous, jeunes diplômés. "Adaptez-le au poste auquel vous postulez", préconise Isabelle Israël, du cabinet Hays. Plutôt qu’étaler toutes vos expériences, petites ou grandes, mettez en relief celles qui sont le plus pertinentes par rapport au poste que vous visez. "Pour chaque opportunité de poste, faites un CV approprié : un CV pour un poste en marketing, un autre pour un poste de commercial, etc.".

Pensez aussi à utiliser des mots-clés : dans chaque annonce, repérez les mots récurrents et faites-les ressortir dans votre CV, toujours pour attirer l’œil du recruteur. Ils lui permettront de gagner du temps et de s’assurer de la cohérence de votre CV.

N’oubliez pas de donner un titre à votre CV pour multiplier vos chances d’être repéré par un recruteur. Ayez aussi le réflexe de le mettre sur les CVthèques des sites généralistes (Monster, Cadremploi…) ou spécialisés. "Les jeunes diplômés et les stagiaires y ont hélas peu recours, or c’est important pour se faire repérer", déplore Isabelle Israël. 

En-dessous de l’intitulé du poste visé, expliquez en une phrase pourquoi vous êtes la bonne personne pour ce job en mentionnant trois de vos qualités. Ajoutez éventuellement une photo sur votre CV : c’est une information, non une obligation. Cela peut franchement desservir un candidat. Mais pour un poste dans la fonction commerciale – où une excellente présentation compte –, cela peut être pertinent. Pour un poste d’informaticien, c’est moins nécessaire.

N’oubliez pas de procéder à plusieurs relectures de votre CV afin d’y traquer les incohérences et les fautes d’orthographe. Idem pour votre lettre de motivation, qui doit faire comprendre pourquoi vous postulez à cette offre en particulier. Votre prose doit absolument être personnalisée. "Souvent le candidat ne change que le nom de la société, déplore Adrien Ducluzeau. Du coup je reçois des lettres où le candidat déclare avoir très envie de travailler pour ma multinationale… qui emploie 5 personnes." Le meilleur moyen de s'autosaboter !