1. Les débuts d’Audrey, jeune pharmacienne diplômée
Portrait

Les débuts d’Audrey, jeune pharmacienne diplômée

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Qui dit secteur de la santé, dit souvent peu de problèmes de chômage. La pharmacie ne fait pas exception. "On trouve tous types de contrats, partout et tous les jours", assure Audrey Laquintinie. À 25 ans, cette pharmacienne travaille en officine, c’est-à-dire dans une pharmacie de quartier. "Pour le moment, je suis «itinérante». Depuis la mi-octobre 2010, je travaille à mi-temps dans une pharmacie touristique, située à côté de l’Opéra Garnier. C’est un CDD [contrat à durée déterminée] de 3 mois. En parallèle, j’effectue des remplacements dans plusieurs officines à Paris et en proche banlieue", explique-t-elle.


L’officine plus que l’industrie ou l’hôpital

Audrey LaquintinieAprès son bac, Audrey se lance dans des études de pharmacie à l’université Paris-Descartes pour faire de la recherche en chimie. Mais un job étudiant en officine, effectué en fin de 1ère année, lui fait changer d’avis. "J’ai découvert un métier très complet, qui mêle contact avec les patients, conseil, commerce-vente, gestion du personnel, gestion des commandes, etc.". Au moment de se spécialiser, elle préfère donc la branche officine à l’industrie et à la pratique de la pharmacie en laboratoire d’analyses de ville ou à l’hôpital. Les stages obligatoires effectués en 2ème (6 semaines), 3ème (1 semaine), 4ème (1 semaine) et 6ème année (6 mois), confortent son choix.


Une liste de stages offerte par la fac

Pour les obtenir, pas de difficultés. "En officine, l’université fournit une liste de maîtres de stage susceptibles de nous accueillir. Pour ma part, j’ai choisi des pharmacies proches de mon domicile. Je ne voulais pas passer 2 heures par jour dans les transports. Mais le choix du maître de stage est également important. Il ne doit pas vous dégoûter du métier, par exemple en vous faisant ranger des boîtes de médicaments toute la journée". La liste proposée étant commune à toutes les facs de Paris, la concurrence est plus ou moins rude selon les quartiers. "Parfois, on se retrouve à 2 stagiaires par officine car il n’y a pas assez de maîtres de stage". Audrey a également préféré effectuer ses stages dans des pharmacies différentes. "Pour moi, il était important de changer d’employeur, de découvrir différentes visions des choses". A noter : dans la filière industrie, pas de liste. Les étudiants doivent se débrouiller pour chercher eux-mêmes leur stage de fin d’études.


De l’importance du réseau

7 années d’études plus tard (elle avait redoublé sa 1ère année), en juin 2009, Audrey quitte la fac. "Je n’ai été diplômée qu’en juillet 2010 car j’ai pris 1 an de plus pour finir ma thèse", précise-t-elle. Une année où elle ne reste pas inactive. "J’ai effectué des remplacements et j’ai travaillé comme pharmacienne «non thésée» (donc avec moins de responsabilités), à mi-temps dans une pharmacie à Paris". Selon la jeune diplômée, les postes se trouvent facilement. "Il suffit de consulter les annonces presse ou Internet (3S Santé, Adecco Médical, Pharm Appel - Appel Médical) et surtout d’utiliser le bouche-à-oreille. Le réseau facilite la recherche d’emploi. Pour un pharmacien titulaire (c’est-à-dire propriétaire de l’officine), il est très difficile de laisser les clés de son commerce à un inconnu, qui sera responsable de tout ce qui sortira de la boutique". Audrey applique son conseil à son propre cas. "J’ai trouvé mon emploi de pharmacienne adjointe actuel grâce à mon père, lui-même pharmacien d’officine. La propriétaire travaille 70 heures par semaine et cherchait quelqu’un sur qui se reposer un peu".


Formation complémentaire

Audrey, elle, travaille de 10 heures et demi à 11 heures par jour, un jour et demi par semaine. "Je préfère les journées bien remplies, sans cassure. Mais le rythme varie selon les officines. Certaines ne sont pas ouvertes entre midi et 14h". La jeune diplômée est payée 18€ brut de l’heure. En plus de son mi-temps, Audrey a entamé, en octobre 2010, un DU (diplôme d’université) en orthèses et prothèses externes. "Cette formation complémentaire est un plus pour l’emploi car cela permet d’améliorer le service aux patients, de développer un secteur d’activité". Il est également possible de se former en gestion, en hospitalisation à domicile, etc.


Patron à terme

À court terme, Audrey souhaite valider son DU et trouver un 2ème mi-temps dans une pharmacie "classique" qui fait de l’orthopédie. "Je veux mettre à profit ma formation et j’ai besoin d’un complément de ressources. D’autre part, la pharmacie classique, c’est mon métier. Je veux établir un contact régulier avec les patients. J’aime cette organisation – la cumulation de mi-temps – car cela me permet de varier".
À plus long terme, d’ici 1 ou 2 ans, Audrey aimerait tenir sa pharmacie. "Pour être mon propre patron, être un bon manager (j’espère !) et bien former mes employés". Pour devenir titulaire, plusieurs possibilités : acheter une officine, entrer comme adjoint dans une pharmacie et racheter des parts ou racheter celles d’un titulaire partant à la retraite. "Cela dépendra des opportunités, indique Audrey. Dans tous les cas, je préférerais avoir un associé pour partager les charges financières et le travail". Et quant à la possibilité de reprendre l’officine de son père ? "Difficile : un pharmacien travaille déjà avec lui et sa pharmacie est trop petite pour faire de l’orthopédie".  
Sommaire du dossier
Le recruteur : "Pour trouver du travail en pharmacie, cherchez dans les zones géographiques désertifiées"