1. Aéronautique : un monde de normes et de rigueur
Témoignage

Aéronautique : un monde de normes et de rigueur

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Dans le monde de l’ingénierie, l’aéronautique civile est un domaine très porteur et pourvoyeur de nombreux emplois. Florie-Anne Mélis, responsable de Lot Logiciel chez Alten, décrit ce secteur, où les normes et la rigueur sont les maîtres-mots.

Florie-Anne Mélis - AltenL’informatique et l’électronique embarquée sont des spécialités très prisées qui assurent de nombreux débouchés aux jeunes diplômés. Pilote automatique, commandes de vol, trains d’atterrissage, systèmes de freinage... Ces produits sont tous pilotés par des calculateurs avioniques embarqués dans les appareils. Alten participe à plusieurs grands projets dans ce secteur d’activité.

Pour l’Airbus A350 par exemple, la société intervient dans le développement de différents calculateurs : trains d’atterrissage, systèmes de freinage, data loader, memory loader. Elle travaille également sur l’électronique et le logiciel embarqués pour les moteurs développés par le groupe Safran. Enfin, nos ingénieurs se penchent aussi sur le développement des calculateurs embarqués dans l’Embraer KC390 et l’Airbus A400M.
  

Cycle en V et norme

Quel que soit le projet, le travail est toujours réalisé selon un même cycle, appelé le cycle en V : la société assure les phases de conception et de développement, puis les phases de tests et validation. Concrètement, une équipe projet – ou plateau – est scindée en deux. Une partie s’occupe de la conception et du codage, tandis que l’autre se charge de la validation de l’exécutable afin de vérifier que tout est cohérent avec les partenaires industriels.

Tous ces projets répondent à une norme très stricte, spécifique au milieu de l’aéronautique : la norme DO-178B. Cette norme contraint les équipes à tout documenter, alimenter et vérifier, à la fois par le personnel technique et par les qualiticiens. Les logiciels produits doivent tous être conformes à cette norme pour espérer être certifiés et, en fin de chaîne, exploités.
 


À la tête d’une équipe de validation

Je travaille actuellement sur ce qu’on appelle le “Data Loader and Configuration System” (DLCS) du nouvel avion Airbus A350 XWB. En tant que responsable de Lot Logiciel de la phase montante du Cycle en V, je gère une équipe – jusqu’à sept personnes – de validation. Nous vérifions que l’exécutable est correct. Pour cela, différents niveaux de validation sont nécessaires : tests unitaires, de validation, d’intégrations, systèmes et de performances. À partir du résultat de ces tests, on peut connaître la maturité du logiciel (une sorte d’état des lieux) et savoir s’il répond aux besoins du client (SAGEM et AIRBUS).
 


Rigueur et organisation

Afin d’évoluer plus rapidement vers le rôle de chef de projet, il est très important de présenter certaines qualités et compétences pour montrer sa capacité à progresser. La rigueur, l’organisation et la prise d’initiative sont des qualités très recherchées pour devenir chef de projet. Il faut également avoir les bases techniques nécessaires à la compréhension du métier et des facultés de pilotage d’équipe.

Si le jeune diplômé s’en donne les moyens, il est possible d’évoluer rapidement vers de nombreuses fonctions techniques. Il faut compter environ deux ans pour pouvoir prétendre à un poste de chef de projet. Moitié moins que dans un grand groupe industriel où les possibilités d’évolution prennent plus de temps. Les ingénieurs peuvent aussi devenir polyvalents en acquérant rapidement des compétences sur différents métiers du logiciel embarqué (architecture, conception, développement, validation, intégration), ou se tourner vers le métier d’expert.
 
Enfin, nos ingénieurs peuvent s’orienter vers des fonctions commerciales (business manager, par exemple) ou vers les fonctions supports (telles que le contrôle de gestion ou les RH).


En bref
Les avantages
De très bonnes opportunités d’évolution.

Les contraintes
De grosses périodes de stress, beaucoup d’implication dans le travail.