À quoi sert le BAFA ? Comment l’obtenir ? À qui s’adresser ? Combien coûte-t-il ? Pour en faire un métier ou, simplement, pour un job étudiant, le BAFA (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur) peut vous ouvrir bien des portes dans l’animation. Dans son livre "BAFA mode d'emploi" aux éditions L'Étudiant, Olivier Monod nous donne de précieux conseils. Extraits.
Les différentes étapes pour passer le BAFA : le stage théorique
Pas de panique ! Passer son BAFA n’a rien de terrible et chaque étape est faite pour évaluer des capacités bien précises des futurs animateurs. Globalement, si le stagiaire fait preuve d’investissement et de volonté, il l’obtient. Cela dit, savoir à l’avance ce qui va se passer et ce qui est évalué à chaque étape n’est pas un luxe.
| Le stage théorique : apprendre à vivre ensemble |
1ère étape de la formation, le stage théorique donne à l’animateur les bases qu’il doit connaître sur le développement des enfants et le cadre légal d’exercice de l’animation. Il apprend également à ce moment-là des techniques d’animation.
"Je suis partie 1 semaine à la montagne avec environ 20 personnes, se souvient Cécile. Nous avons eu quelques cours théoriques sur le développement des enfants en fonction de leur âge : ce qu’ils peuvent faire, leur rythme quotidien… Sinon nous avons essentiellement fait de la mise en situation. J’ai dû créer un jeu de piste, monter un spectacle et apprendre une chanson au reste du groupe."
Apprendre par l’échange
Voilà un bon résumé d’un stage théorique BAFA. L’apprentissage est basé sur la parole et l’échange. Ainsi les "cours" sont rarement l’équivalent de ce qu’un lycéen subit tous les jours. Assis en rond, formateurs et stagiaires discutent de différents thèmes. Que faire si un enfant demande de l’aide pour se laver ? À quelle heure coucher les enfants ? etc. Bien souvent ces discussions sont amenées habilement par le formateur après des jeux ou pendant le repas, loin du formalisme des cours académiques. "Chez nous, le stagiaire est acteur de sa formation, assure David, formateur au CPCV. Les thèmes abordés durant les séances sont définis avec les stagiaires." Bien entendu, cette discussion est orientée par le formateur, mais la prise de parole des stagiaires est fondamentale, ne serait-ce que pour les pousser à s’exprimer en public.
Un laboratoire pour se tester
"Le stage théorique, c’est un bac à sable", affirme un formateur. En effet, l’essentiel de la formation consiste à préparer et mettre en place des jeux ou des veillées pour animer le reste du groupe. Les stagiaires sont en situation d’animation face à un groupe de 15 à 40 adultes. L’erreur est la bienvenue car elle est source de discussion. "Il fallait préparer une animation, faire faire des jeux aux autres, réaliser des veillées, affirme Téa qui vient de passer son stage. On était debout de 8h à 2h du matin. Il a fallu apprendre à se gérer les uns les autres, à construire en équipe. On a eu des difficultés."
Au cours d’un stage, chacun va être amené à animer seul un jeu rapide (10 à 20 min), un jeu long à plusieurs, et souvent une veillée à plusieurs également. L’objectif est d’apprendre à travailler en équipe mais aussi de se retrouver seul en situation d’animation.
Une remise en question personnelle
Le stage BAFA touche intimement à la personnalité des stagiaires. Il faut construire des projets avec de parfaits inconnus, prendre la parole en public, entraîner un groupe d’adulte dans des jeux… Cela n’est pas si aisé à 17 ans ! D’autant plus que les formateurs incitent les stagiaires à se poser des questions sur ce qu’ils transmettent comme valeur lorsqu’ils mettent en place un jeu plutôt qu’un autre. Une réflexion sur l’éducation digne de Dolto ! À la fin de chaque animation, les faits et gestes de l’animateur sont décortiqués par le groupe. Même si cette analyse se déroule dans un état d’esprit bienveillant, elle pousse le stagiaire à se remettre en cause, à se critiquer et à être lucide sur sa prestation. Au final, la semaine de formation lui ouvrira beaucoup de portes, sur lui-même !
"L’évaluation était assez discrète, analyse Téa. On débriefait à la fin des jeux. C’était comme une évaluation continue." Elle a tout à fait raison : l’évaluation se fait bien en continu tout au long du stage et pas seulement au moment des jeux. "Notre évaluation est fondée sur les critères du ministère, assure David. Un stagiaire doit participer à tous les temps de travail, prendre en charge une partie du travail, s’intégrer à l’équipe et bien se conduire." Une façon de dire que ce ne sont pas les qualités d’animation proprement dites qui sont évaluées lors de ce stage. Fabrice, formateur, explique : "Les jeunes sont là pour apprendre ! Ils peuvent faire des erreurs et on en discute ! Mais ce n’est en aucun cas rédhibitoire."
Les formateurs s’intéressent plus à la personnalité des candidats. " Concrètement, on va regarder comment le stagiaire s’intègre dans la vie de groupe, renchérit David. Est-ce qu’il fait la vaisselle ? Est-ce qu’il range ? Cela nous donnera des indices sur sa personnalité. Concernant l’animation, nous allons plus nous intéresser à sa progression. Et lui demander de se remettre en cause, de faire son autoanalyse afin qu’il sache sur quels points il doit travailler." Pour résumer, de la bonne volonté, une capacité à travailler en équipe, de l’humilité et une volonté d’apprendre devraient assurer à tous les stagiaires un avis favorable. Abordable, non ?