DOSSIER : L’ÉTERNELLE CRISE DU LOGEMENT ÉTUDIANT
Un marché de l’immobilier prohibitif, des aides insuffisantes ou mal adaptées, des retards dans les constructions et réhabilitations de logements CROUS… Le point sur la crise du logement à l’heure où quelques avancées sont proposées avec une rallonge de 11 millions d’euros pour le logement étudiant.
« Je suis habitué à la solitude »
Boris Fauchois, 20 ans, en première année de licence de psychologie à Lille 3, occupe une chambre universitaire à Villeneuve-d’Ascq (59).
Originaire de la région de Douai, à une cinquantaine de kilomètres de Lille, et nouvel étudiant en fac de psycho, Boris n’a pas galéré pour trouver son logement en cité U. Sa galère à lui est plus personnelle. "En raison de problèmes de violences familiales, il devenait urgent que je quitte le foyer parental !" Résultat : son dossier de chambre universitaire a été traité en priorité. "Mon problème n’était pas listé dans les critères du CROUS, mais une assistante sociale a appuyé ma demande, et j’ai obtenu une réponse positive en seulement un mois", raconte placidement le jeune homme. Aujourd’hui, le locataire de la cité scientifique (car situé à proximité de Lille 1, la fac scientifique) s’acquitte d’un loyer de 165 € (pour 9 m2), financé entièrement par sa bourse (3 800 € pour l’année). S’il apprécie sa résidence, récemment rénovée et située à seulement trois arrêts de métro de sa fac, Boris n’a pas encore beaucoup de contacts avec les autres occupants. "La plupart étudient à la fac de sciences et nous n’avons pas les mêmes cours." Boris fait un peu de cuisine dans sa piaule (il a une plaque électrique et s’est équipé d’un micro-onde) et ne fréquente pas la salle de télé. Il s’avoue surtout soulagé d’être parti de chez lui. "L’inconvénient d’être ici, c’est la solitude, mais j’y suis habitué !"Pour témoigner et poser vos questions sur le logement, rendez-vous sur le forum consacré.
Propos recueillis par Mathieu Oui









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