Etudiante et... jeune maman : «Je suis éreintée mais j'ai choisi cette vie et je ne regrette rien»

"Quand nous avons appris que j’étais enceinte, mon compagnon et moi étions les plus heureux du monde. Peu m’importait d’être encore étudiante : j’allais fréquenter les bancs de l’école avec un gros bidon". Alors en première année de BTS assistante de gestion de PME-PMI (après un BEP et un bac pro), Virginie cache pourtant sa grossesse à sa mère. Et d’avouer : "Quand ma maman a vu que ma relation avec mon compagnon était sérieuse ainsi que notre envie d’avoir un enfant, elle m’a vivement conseillé de terminer mes études. L’avis de ma mère est très important. Mon père étant décédé, c’est elle qui s’est occupée de ses 3 filles. J’ai préféré ainsi lui taire ma grossesse".

"La CPE a pris le rendez-vous pour ma première échographie"
La jeune femme se tourne alors vers sa conseillère principale d’éducation (CPE) : "Elle a été adorable avec moi. C’est même elle qui a pris le rendez-vous pour ma première échographie. Le directeur aussi a été très compréhensif. J’avoue que j’appréhendais la réaction des professeurs et des élèves. A part une enseignante qui ne m’a jamais soutenue, tous les autres se souciaient de ma santé, me demandaient si je n’étais pas trop fatiguée. En fait, tout le lycée a été au courant de ma grossesse avant ma mère ! Cela m’angoissait énormément".

"J’ai éclaté en sanglots devant ma mère"
Enceinte de 2 mois, la vérité va pourtant éclater au soir du 31 décembre. Virginie se souvient : "Quand ma mère m’a embrassée pour me fêter la bonne année, elle a ajouté : "Pas de bébé cette année !" J’ai alors éclaté en sanglots. Elle a tout de suite compris, m’a prise dans ses bras et m’a dit qu’elle était heureuse pour moi".

"J’ai dû très vite rester allongée"
Virginie poursuit ainsi sa scolarité plus sereinement mais après les vacances de février, elle est contrainte de rester allongée chez elle pour des petits soucis de santé. Grâce à une amie qui lui amène régulièrement les cours, elle essaye de suivre tant bien que mal. Pour son BTS, elle doit valider un stage de 6 semaines, à raison d’un vendredi par semaine. Sa mère lui donne le contact d’un ami qui a une entreprise pour laquelle elle pourra gérer des dossiers de chez elle. Sa professeure principale lui dit qu’elle ne peut pas prendre en compte ce stage et que son année ne sera donc pas validée.

"Le directeur m’offre un cadeau de naissance"
En juin, Virginie apprend que le conseil de classe a proposé le redoublement. Elle est furieuse et déçue mais a d’autres préoccupations... Le 31 juillet, elle donne naissance à une petite fille, Maëlle. Un mois plus tard, elle reprend les cours et redouble ainsi sa première année de BTS. La jeune femme raconte : "Quelques semaines après mon retour, je me souviendrai toujours de l’entrée du directeur alors que nous étions en cours. Il me dit de venir le voir "tout de suite". Je me lève donc, pas très rassurée, et le suis dans son bureau. Sur place, il me tend un cadeau pour le bébé. Je le remercie et me voilà de retour dans la salle de cours avec mon cadeau sous les bras ! Cela a fait sourire mes camarades et mon professeur".

"J’ai fait une petite déprime"
Et de se souvenir : "J’avais un emploi du temps aménagé. Cette première année s’est plutôt bien passée. Ma maman gardait Maëlle. Certes, il fallait que je me lève tôt le matin mais quand je revenais de cours, je lui faisais le bain, je lui donnais le biberon et je la mettais au lit. Elle dormait très bien. Je n’ai pas trop ressenti la fatigue. Aujourd’hui, elle a 1 an et 4 mois, elle court partout, c’est une vraie pile, elle nous sollicite davantage. D’ailleurs, pour ma rentrée en deuxième année, cela a été très dur pour elle et moi. Elle me boudait. Quant à moi, j’ai fait une petite déprime".

"Je me lève à 6 heures et me couche à minuit et demi"
Mais Virginie reprend très vite du poil de la bête et enchaîne les semaines et leurs rythmes effrénés. Levée à 6 heures, elle fait manger et habille sa fille puis direction l’école jusqu’à 11h15 (une heure avant les autres élèves). Son établissement se trouve à 15 minutes de chez elle, elle rentre donc le midi pour passer un petit moment avec Maëlle. Elle la retrouve vers 17h15 peu avant le retour du papa qui, lui, travaille dans le secteur du bâtiment. Et Virginie raconte : "Une autre journée commence après mes cours avec le bain de Maëlle, le repas que je lui prépare puis le meilleur moment de la journée : les câlins au lit ! Quand la petite est couchée, nous nous retrouvons avec Cédric, mon compagnon, pour souffler un peu. Mais j’enchaîne vite avec les lessives, le rangement de la maison, puis mes devoirs. Je ne suis jamais couchée avant minuit et demi. Il y a des moments où je suis vraiment éreintée mais j’ai choisi cette vie et je ne regrette rien".

"Nous nous privons beaucoup"
La jeune femme avoue qu’il lui arrive de s’endormir en cours sous le regard des professeurs plutôt compatissants. D’autre part, elle se sent de plus en plus décalée par rapport à ses camarades : "La majorité des élèves habitent chez leurs parents et leur souci est de s’acheter le dernier vêtement à la mode. Je suis bien évidemment loin de toutes ces préoccupations. Nous avons, avec Cédric, un loyer à payer, notre enfant à nourrir... Nous faisons attention à tout et nous nous privons beaucoup. Nous sortons par exemple très peu. Même si je bénéficie d’une bourse, les fins de mois sont difficiles. Et je ne vous dis pas quand de belles factures tombent comme la taxe d’habitation, ça fait mal ! Mais on s’adapte".

La jeune femme compte donc bien tenir le rythme et décrocher son BTS. Elle aimerait entrer dans la vie active ou peut-être enchaîner avec une licence en alternance. Mais chaque chose en son temps. Elle finit d’abord son année et avisera après...


Les crèches universitaires
Sachez qu’il existe quelques crèches universitaires comme à Paris (crèche Saint-Jacques pour les enfants d’étudiants parisiens mais aussi à Jussieu, à Dauphine qui reçoivent les enfants des étudiants, des enseignants et du personnel de l’université), à Rennes, Caen, Toulouse III, Lyon II, Lille III... Le tarif est calculé en fonction des revenus des parents. N’hésitez pas à vous inscrire dès le printemps pour la rentrée universitaire suivante. Pour exemple, la crèche de Dauphine est composée de 4 sections pour 26 enfants de 3 mois à 3 ans. L'équipe est constituée de 4 éducatrices de jeunes enfants, d'une infirmière et d'une cuisinière/lingère. Un pédiatre vacataire passe une fois par semaine.


Séverine Tavennec
18.11.09

 

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