Laurence Ferrari : mes 20 ans

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À 20 ans, Laurence Ferrari est étudiante à l’EFAP, une école de communication. Après un bac scientifique et un échec en 1ère année de médecine, elle se tourne vers le journalisme. De ses débuts à la rédaction d’Europe 1 à la présentation du journal de 20H de TF1, retour sur son parcours.

Laurence Ferrari mes 20 ansQuels souvenirs gardez-vous du lycée ?
Mes années au lycée, à Aix-les-Bains en Savoie, ont été plutôt sereines. L’orientation n’était pas source d’angoisse pour moi. Je voulais faire des études de médecine. Et côté relations, j’ai évolué dans un cercle d’amis stable. Le lycée a donc été une vraie suite des années collège.

Avez-vous été marquée par certains professeurs, par des matières ?
Certains profs m’ont effectivement marquée plus que d’autres : le prof d’histoire-géo qui, pour la première fois de ma scolarité, a su rendre cette matière intéressante et interactive. Et puis la découverte de la philo en terminale, avec une enseignante exceptionnelle et brillante. Cela a vraiment été pour moi un choc intellectuel d’entrer dans ce nouveau champ de connaissance, car je ne m’y étais pas intéressée auparavant. Le premier texte philosophique qui m’a passionnée était un texte d’Épictète, adepte du stoïcisme. J’en ai tiré de puissants enseignements qui me servent aujourd’hui encore, je suis désormais une stoïque convaincue, et la maxime "Être libre à l’intérieur de ses chaînes" est présente à mon esprit chaque jour. Je regrette de n’avoir étudié cette matière qu’un an ! Il m’arrive encore de me replonger dans les textes de philosophes (Sénèque et Platon notamment), mais j’avoue que je lis plus d’ouvrages politiques aujourd’hui, en raison de mon métier !

Aviez-vous d’autres passions et d’autres centres d’intérêt que la philosophie ?
J’ai commencé le piano à l’âge de 5 ans. Mon grand-père et mon père étaient violoncellistes. J’ai toujours baigné dans la musique étant petite. C’est une respiration interne magnifique.

Vos parents suivaient-ils vos études de près ?
En tant que fille de profs – de français, latin, grec, d’une part, d’anglais d’autre part –, j’ai été très suivie et aidée pendant toute ma scolarité. Une véritable chance bien sûr, dont je mesure la portée aujourd’hui. Concernant mon orientation, j’ai été totalement libre de choisir ma filière, même si chacun savait dans ma famille que je n’étais pas vraiment scientifique… Pour preuve, j’ai fini par devenir journaliste !

Sur le plan scolaire, étiez-vous en compétition avec vos frères ou sœurs ?
J’ai 2 sœurs plus jeunes que moi. L’écart d’âge étant important, il n’y avait pas de compétition au sein de la famille. En revanche, il existait une vraie entraide, comme dans toutes les fratries.

Vous avez entamé des études de médecine après le bac. Quelles ont été vos motivations pour vous engager dans cette voie ?
J’ai décidé très tôt, à 15 ans, que je voulais être chirurgien. Sans doute par défi, parce que c’était ce qu’il y avait de plus dur et que l’idée d’être une femme chirurgien était doublement séduisante pour moi. Mais aussi parce que je voulais être utile aux autres, aider. Donc, malgré des qualités littéraires beaucoup plus prononcées, j’ai persisté dans la filière scientifique et passé un bac D [devenu bac S option SVT], mention assez bien, à 18 ans, pour pouvoir intégrer la 1ère année de médecine dans la faculté Lyon-Nord. Une année qui s’est soldée par un échec, mais qui m’a permis de n’avoir aucun regret sur cette voie dont j’avais tant rêvé.

Après cette tentative en médecine, vous êtes entrée à l’EFAP, une école qui forme des responsables de communication, attachés de presse, journalistes d’entreprise, directeurs de l’information. Un virage à 180°…
J’ai opéré une réorientation totale avec l’EFAP à Lyon. Cela m’a permis de faire des stages dans la presse. J’étais entrée dans cette école sans aucune idée de ce que je voulais faire, les stages dans les journaux et radios, à Europe 1 notamment, m’ont immédiatement donné le virus du journalisme. Sitôt l’école terminée, j’ai commencé à travailler à Europe 1 comme journaliste et j’ai obtenu, tout en travaillant déjà, un DESS [diplôme d’études supérieures spécialisées, devenu master professionnel] de communication politique et sociale à la Sorbonne en 1993. Il me paraissait indispensable de compléter mon bagage universitaire.

Vous êtes aujourd’hui ambassadrice de SOS Villages d’enfants. À 20 ans, aviez-vous déjà le goût de l’engagement associatif ?
L’engagement associatif n’était qu’un projet et un idéal. La création de Médecins sans frontières ou de Médecins du monde m’avait fait rêver, mais j’avais abandonné médecine et changé d’orientation. Donc il a fallu attendre quelques années et une rencontre avec des membres de SOS Villages d’enfants pour que je passe à l’action. L’idée toute simple de réunir des fratries séparées de leurs parents, pour maltraitance ou abandon, et des mères SOS, m’a paru lumineuse. Et l’engagement d’Anny Duperrey, marraine de l’association, a aussi été un moteur pour moi. Je me suis donc engagée dans l’association en tant qu’ambassadrice, c’est-à-dire en tant que porte-parole dans les médias. Depuis, je me rends aussi régulièrement que possible dans nos villages, que ce soit en France ou dans le monde, puisque nous sommes présents dans 132 pays différents, par le biais de SOS Kinderdorf International. L’idée, c’est de montrer à nos donateurs comment leur argent est utilisé concrètement, sur le terrain, dans les villages où nous recueillons les enfants.

À quel âge avez-vous été indépendante financièrement ?
J’ai commencé à travailler l’été à l’âge de 16 ans pour gagner mon argent de poche (baby-sitting, vente dans des magasins…). Mais je n’ai été vraiment indépendante financièrement que lorsque j’ai été engagée à Europe 1 pour mon premier job en 1989. Je travaillais alors avec Jean-François Rabilloud [journaliste actuellement présentateur des matinales de la chaîne d’information continue LCI] sur un magazine d’information diffusé le week-end.

Au moment de votre entrée dans la vie professionnelle, quel a été le meilleur conseil que l’on vous ait donné ?
"Si tu y crois, bats-toi pour y arriver. Et même si tu échoues tu n’auras aucun regret, car tu auras fait le maximum." C’est ce que je répète aujourd’hui aux jeunes qui me demandent comment devenir journaliste.

Et le pire conseil…
"Tu n’y arriveras jamais, c’est totalement bouché, tu n’as aucune chance !" Un discours qui me semble tout à fait insupportable pour un jeune de 18 ans.

Si c’était à refaire, qu’aimeriez-vous modifier dans votre parcours ?
Je referais la même chose… Mais en travaillant plus en 1ère année de médecine ! Toutefois, je ne regrette pas une seconde cet échec. Il m’a appris qu’il fallait aussi être lucide sur ses propres compétences et savoir pour quoi on est fait.

Propos recueillis par Isabelle Maradan


Et si c’était à refaire ?
Laurence Ferrari était-elle vouée au journalisme ? Nous lui avons fait passer le T.O.P, le test d’orientation de l’Etudiant. Un bon moyen de voir quels métiers lui correspondaient.

Son bilan T.O.P
Orientation Laurence Ferrari
"Artiste" et "Entreprenant", puis "Social" : voilà les 3 pôles qui dominent le profil de Laurence Ferrari et qui correspondent aux compétences clé de sa personnalité.

> Pôle "Artiste". Imagination, curiosité, créativité, affectif sont les mots clé de la sphère de compétences liée au pôle artistique. Cela se traduit par une grande créativité qui peut s’exprimer par la musique, le dessin, l’écriture, la danse, le théâtre… Passionnées, guidées par leurs émotions et leurs intuitions, ces personnes sont avides de liberté, de découvertes et craignent la routine.

> Pôle "Entreprenant". Agir, décider, diriger, initiative, compétition, sont les mots associés au pôle de l’action. Il caractérise des personnes ambitieuses, motivées par le succès, le pouvoir et la réussite financière. Leurs atouts : dynamisme, réactivité, capacité à décider et à se mesurer aux autres, prise de risques.

> Pôle "Social". Contact, communication, écouter, aider, sont les mots clé du pôle de la coopération. Ce pôle correspond à des personnes ayant un bon sens relationnel, tournées vers les autres, aimant partager et réunir. Elles sont souvent diplomates et n’apprécient guère les situations conflictuelles. Ce pôle peut aussi correspondre au besoin de se sentir utile, d’aider, de transmettre, de guérir…

Son profil, son métier…
> Le profil "AES" qui se dégage chez Laurence Ferrari correspond parfaitement au parcours et à la sphère professionnelle dans laquelle elle navigue depuis de nombreuses années. Ces 3 pôles se renforcent les uns les autres et présentent les atouts nécessaires pour réussir dans de nombreux domaines créatifs de la communication et des médias.

> Se hisser jusqu’au très convoité JT de 20H, face caméra, implique un réel charisme, une envie de transmettre, une grande confiance en soi, un goût pour s’exprimer, une grande disponibilité, un sérieux dynamisme et une bonne résistance au stress. Autant de qualités qui correspondent parfaitement aux résultats que révèle le test T.O.P chez la journaliste de TF1.

> À la fois "entreprenante" et "artiste", intuitive, ambitieuse et déterminée, elle sait réagir vite et les difficultés ne l’arrêtent pas. Et si elle fait preuve d’une grande curiosité, de créativité et d’originalité, ses résultats montrent aussi que cela ne l’empêche pas d’être plutôt pragmatique et d’aimer les résultats tangibles et mesurables. Enfin, son pôle "Entreprenant" adossé au pôle "Social" indique une capacité à fédérer et à motiver les autres, avec enthousiasme et détermination. Un vrai profil de "manageuse".

Clothilde Hanoteau

Les métiers que peuvent exercer ceux qui ont le profil AES
• Antiquaire
Architecte d’intérieur
Attaché de presse
Avocat(e)
Chef de publicité en agence
• Commissaire-priseur
• Conseiller(e) en communication
• Directeur de collection (presse/édition)
• Homme/Femme politique
Journaliste
• Metteur en scène
• Professeur d’enseignement artistique
• Réalisateur
Rédacteur en chef
• Producteur(trice) de spectacles,
• Publicitaire

Biographie express
1966 : naissance le 5 juillet à Aix-les-Bains (73).
1984 : décroche un bac D (actuel bac S option SVT), mention assez bien.
1985 : rate sa 1ère année de médecine et entre à l’EFAP.
1989 : entre à Europe 1, où elle restera 10 ans.
1993 : passe un DESS de communication politique et sociale à la Sorbonne.
1997 : fait ses premiers pas à la télévision sur LCI et dans Combien ça coûte, avec Jean-Pierre Pernaut.
2000 à 2006 : coprésente avec Thomas Hugues l’émission d’information Sept à Huit sur TF1.
2001-2006 : remplace Claire Chazal à la présentation des journaux télévisés du week-end sur TF1.
2003 : devient ambassadrice de l’association SOS Villages d’enfants.
2007 : crée l’agence de presse Story Box, imagine et présente Dimanche +, émission politique sur Canal+.
2008 : prend les commandes du journal de 20H en semaine sur TF1.

 

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