DOSSIER : COMMENT JE SUIS DEVENU...

Rencontres avec des personnalités de tous univers (cinéma, mode, musique, littérature, économie...) qui reviennent pour nous sur leur parcours : leur enfance, leur adolescence, leurs premières expériences professionnelles, leurs grandes joies, leurs galères, les personnes qui ont marqué leur vie, etc.

Sanseverino - « Je me comportais comme un ado attardé »

À 20 ans, Sanseverino savait déjà mettre du swing dans sa vie. Rencontre avec un Zébulon qui se passionnait entre autres pour le jazz manouche et le théâtre de rue.

SanseverinoQuelle était votre devise à 20 ans ?

« Faire l’inverse de ce qu’il faut faire. » Je m’achetais par exemple deux paires de chaussettes pour avoir deux paires dépareillées. Mes parents ne m’ont pourtant jamais brimé, mais je découvrais la liberté et j’en profitais à fond.

Vous vous preniez pour un rebelle ?

Je pense plutôt que je me comportais comme un ado attardé. Il y a plein de trucs que je n’ai pas osé faire entre 13 et 19 ans, à cause de ma timidité. Du coup, après, j’ai rattrapé le temps perdu. Aussi bien avec les filles, que j’avais longtemps fuies, qu’avec mes potes. J’ai pris quelques cuites mémorables, j’ai essayé les cigarettes qui font rire. Je vivais quoi !

Vous étiez plutôt du genre glandeur alors ?

Ah non ! Moi, j’étais dans l’action. À 20 ans pile, alors que je venais de terminer mon service militaire, à Dakar, j’ai commencé à bosser. J’avais suivi mes études dans une école hôtelière, et je me suis donc fait embaucher comme cuistot. J’ai changé deux ou trois fois de resto avant de m’apercevoir que ce boulot me déprimait. Les horaires étaient contraignants, et puis servir des glaces durant trois heures, ça devenait insupportable. En fait, j’aimais bien cuisiner, mais pas pour deux cents personnes. J’ai alors filé ma démission. Puis j’ai quitté la Suisse, où je m’étais installé pour ne pas trop m’éloigner de mes parents qui vivaient depuis peu en Alsace. Je suis retourné à Paris pour m’inscrire dans une école de théâtre.

Et vous étiez doué ?

Disons que je débordais d’énergie. Résultat, devant une caméra, j’en faisais des caisses, mais je me débrouillais assez bien dans la commedia dell’arte, où il fallait beaucoup remuer. Je m’intéressais avant tout au théâtre de rue, et j’ai d’ailleurs monté plein de spectacles avec mes copains. Bon, on ne gagnait pas une thune, mais on se débrouillait au moins pour répéter gratuitement dans des squats.

À quel âge avez-vous commencé la musique ?

À 20 ans aussi. Je vivais avec un colocataire qui n’était jamais là, mais qui avait laissé ses instruments : il y avait une sorte de guitare hawaïenne, un banjo, etc. Du coup, le soir, je grattais un peu. N’ayant pas les moyens de me payer des cours, j’ai acheté une méthode. Et j’ai pas mal galéré ! Quand je me suis amélioré, j’ai commencé à inclure de la musique et des chansons dans nos spectacles. Mes copains me donnaient un thème, et j’écrivais vite fait des textes qui avaient le mérite de convenir à peu près à tout le monde.

Quel genre de musique aimiez-vous ?

J’allais dans un café à Montmartre ou près des puces de Saint-Ouen pour écouter des musiciens manouches. Je prenais une bière et j’y restais l’après-midi. J’adorais aussi Pat Metheny, un guitariste jazz, ou David Grisman, un mandoliniste qui jouait des morceaux moitié jazz, moitié folk.

Est-il vrai que vous aviez un look spécial à 20 ans ?

Je ne voulais en effet pas avoir la même dégaine que les autres. Alors je traînais dans les friperies ou aux puces pour dénicher des fringues rétro, genre années 30, 40 ou 50. Niveau coupe de cheveux, grâce à ma tondeuse, j’ai tout essayé. Je pouvais porter une crête durant quatre jours, puis me raser le crâne durant trois mois... Aujourd’hui, je fais toujours attention à mon look, mais je me suis quand même vachement assagi.

Ses cinq dates
1961 : naissance de Stéphane Sanseverino à Paris.
1981 : il s’inscrit dans un cours de théâtre. Plus tard, il créera sa propre compagnie de théâtre/cirque, qu’il baptisera « les Frères Tamouille ».
1992 : il monte son premier groupe, « les Voleurs de poules ».
2001 : son premier album, le Tango des gens, se vend à 250 000 exemplaires.
2006 : il enregistre Exactement,
son troisième album, avec un big band.

Ses prochains concerts :
15/03 à Nantes, 16/03 à Fougères, 17/03 à Quéven, 21/03 à Caen,
22/03 à Bagnolet, 23/03 au Mans, 24/03 à La Ferté-Saint-Aubin,
28/03 à Chartres,
29/03 à Livry-Gargan,
30/03 à Argentan.

Laurent Dijan

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