1. Décrochage : êtes-vous un profil "à risques" ?
Décryptage

Décrochage : êtes-vous un profil "à risques" ?

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Qui sont ceux qui décrochent de l'école ? // © Fotolia
Qui sont ceux qui décrochent de l'école ? // © Fotolia

Qui sont les décrocheurs, ces jeunes qui sortent du système scolaire sans diplôme ? Une étude dévoile les caractéristiques de ces élèves : souvent absents, issus d'un milieu social défavorisé, multipliant les difficultés scolaires... Analyse.

Environ 100.000. C'est le nombre de jeunes français âgés de 15 à 24 ans qui sortent, chaque année, du système scolaire sans diplôme. Ils sont plus connus sous le nom de "décrocheurs". Leur nombre a toutefois tendance à diminuer d'année en année grâce à des politiques éducatives qui tentent de comprendre et de réduire ce phénomène. En effet, le décrochage scolaire est, notamment, l'un des facteurs les plus importants du chômage de longue durée.

Lire aussi : Décrochage scolaire : les dispositifs pour prendre un nouveau départ

C'est également dans ce but que le CNESCO (Conseil national d'évaluation du système scolaire) a organisé une conférence de comparaisons internationales dont l'intitulé est : "Comment agir plus efficacement face au décrochage scolaire". En plus de donner des préconisations pour lutter face au décrochage, l'organisme a dévoilé des indicateurs et des facteurs qui peuvent déterminer un certain profil d'élève davantage soumis aux risques de décrochage.

Ces indicateurs ne sont pas à considérer comme des "déterminismes" : autrement dit, ce n'est pas parce que vous répondez à une ou plusieurs de ces caractéristiques que vous allez décrocher. Il s'agit uniquement de caractéristiques que le CNESCO a retrouvées dans la majorité des profils d'élèves décrocheurs.

En majorité scolarisés dans les Hauts-de-France ou le sud-est

Le CNESCO note "une forte disparité du décrochage scolaire selon les académies". Les académies de Lille, Amiens, Créteil, Aix-Marseille, Montpellier et Corse ont un taux de décrocheurs bien plus élevés que la moyenne française. C'est également le cas, mais dans une moindre mesure, des académies de Rouen et Nice.
A contrario, celles de Rennes et Nantes ont une proportion d'élèves décrocheurs bien plus faibles que la moyenne nationale.

Les décrocheurs sont présents de façon majoritaire dans le nord et le sud-est de la France. // © Cnesco
Les décrocheurs sont présents de façon majoritaire dans le nord et le sud-est de la France. // © Cnesco

Des parents souvent séparés et/ou au chômage

Les académies particulièrement touchées par le décrochage scolaire "ont une part élevée de familles monoparentales et un chômage plus élevé", note le CNESCO. D'autres "facteurs de risques" ont également été identifiés : des parents non diplômés, un faible revenu ou encore une famille nombreuse. Globalement, "les recherches sont unanimes (…) : le risque est plus élevé pour un enfant issu de milieu populaire que pour celui issu de milieu favorisé".

Le décrochage est souvent lié à des caractéristiques sociales. // © Cnesco
Le décrochage est souvent lié à des caractéristiques sociales. // © Cnesco

Le redoublement pointé du doigt

Le redoublement est considéré par le CNESCO comme l'un des "plus forts prédicateurs" de décrochage. Autrement dit, les risques de décrochage sont plus élevés pour un élève ayant redoublé, en primaire ou au collège, que dans le cas contraire. Alors que le ministère de l'Éducation nationale a décidé de faciliter le redoublement, le CNESCO rend ainsi compte que "les systèmes éducatifs qui donnent une grande place au redoublement ont un taux de décrochage plus élevé". En outre, plus les difficultés scolaires sont précoces, plus ce risque est élevé. Un faible niveau en français et en mathématiques est aussi un facteur de risque.

Le CNESCO a identifié 4 profils de décrocheurs. // © Cnesco
Le CNESCO a identifié 4 profils de décrocheurs. // © Cnesco

Absents à l'école

L'absentéisme est "un des indicateurs tangibles du processus de désengagement scolaire", souligne le CNESCO. Le fait d'être souvent absent de l'école est "un des signes visibles qui peut traduire les premiers pas d'un élève dans l'engrenage du décrochage scolaire". S'il y a plusieurs types d'absentéisme – arrivées en retard, manquement de certains cours… – le plus préoccupant est lorsque l'élève manque volontairement une journée entière. Une enquête de 2015 estime à 11 % le taux d'élèves français qui sont dans ce cas.

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Plusieurs facteurs influencent l'absentéisme scolaire : le fait d'être un élève issu de l'immigration, le sentiment d'être traité injustement par ses professeurs, des faibles résultats scolaires, ou encore si l'absentéisme scolaire est déjà élevé dans le collège ou le lycée. En revanche, prendre du plaisir à apprendre, par exemple, limite les risques d'absentéisme…

Se sentir traité injustement par ses professeurs est un facteur d'absentéisme. // © Cnesco
Se sentir traité injustement par ses professeurs est un facteur d'absentéisme. // © Cnesco

Une orientation forcée

Enfin, "l'orientation contrainte semble être un facteur de décrochage scolaire", indique le CNESCO. 30 % des décrocheurs auraient ainsi subi leur orientation. Avec notamment deux semaines dédiées à l'orientation, deux professeurs principaux par classe en terminale et des "attendus" à l'entrée en licence, le gouvernement tente de remédier aux choix par défaut. Cela sera-t-il suffisant ?