1. Ils ont créé le réseau des anciens de leur lycée à Saint-Denis
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Ils ont créé le réseau des anciens de leur lycée à Saint-Denis

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David Chhean, à gauche et Ali Aliche, à droite, veulent épauler les élèves de leur ancien lycée dans leurs études supérieures. // © Aziz Oguz
David Chhean, à gauche et Ali Aliche, à droite, veulent épauler les élèves de leur ancien lycée dans leurs études supérieures. // © Aziz Oguz

Ali Aliche et David Chhean, 23 et 24 ans, n'oublient pas d'où ils viennent. Les deux étudiants ont créé l'association des anciens du lycée Suger de Saint-Denis (93) : un réseau solidaire, destiné à guider les plus jeunes dans le dédale de l'enseignement supérieur.

"On est très peu à avoir eu la chance de réussir de longues études supérieures." Amis depuis le lycée, Ali Aliche et David Chhean, ont obtenu leur bac ES au lycée Suger à Saint-Denis (93) en 2010. À l’époque, à peine la moitié de leur classe de 30 élèves est parvenue à décrocher ce diplôme. Et, parmi les lauréats, seuls quelques-uns ont ensuite pu accéder au niveau master. "Aujourd'hui, on veut être utiles en tant qu'anciens", assure le duo qui mène de brillantes études.

De Saint-Denis à Paris, un fossé à combler

Âgé de 23 ans, Ali finit un master à l'ENSAE (École nationale de la statistique et de l'administration économique). David, 24 ans, est en alternance à l’École supérieure de commerce de Grenoble, l'une des meilleures de France. "On ne veut pas seulement profiter du réseau que l'on a intégré. On veut aussi faire éclore un réseau dans notre milieu d'origine pour s'entraider", poursuit David.

Comme la grande majorité des élèves de Suger, tous deux ont grandi dans des familles modestes de quartiers populaires. "Entre l'école à Paris et le quartier à Saint-Denis, il y a un gap", renchérit Ali. Ils veulent ainsi agir "à [leur] niveau" pour combler ce fossé.

Des anciens au parcours exemplaire

Lancé l'été dernier, le réseau réunit d'autres jeunes anciens aux parcours exemplaires (ENS Cachan, études d'expert-comptable ou encore de biologie). Grâce à leurs expériences accumulées, les banlieusards veulent guider leurs benjamins en leur apprenant les codes et les rouages des études supérieures. "Pour intégrer une classe préparatoire ou une école, on demande souvent un CV et une lettre de motivation", indique par exemple Ali. Ils ont déjà organisé des ateliers pour bien préparer un entretien ou s'orienter sur APB (Admission-postbac).

Un échec à Sciences po Paris

D'autant que les étudiants ont eux-mêmes connu des parcours sinueux. Tous deux n'ont pas réussi à intégrer Sciences po dans le cadre de la convention mise en place par l’école de la rue Saint-Guillaume, à Paris, avec leur lycée. David, lui, a redoublé sa classe de première puis sa deuxième année de licence d'économie-gestion à l'université Paris I. "On devait être 1.500 étudiants. Les deux premières années, j'ai à peine vu Ali alors qu'on faisait la même licence, confie-t-il. Mais ma volonté m'a permis de tenir. Il était hors de question d'abandonner."

"J'ai eu mon prêt à la dixième banque"

Avant d'intégrer sa formation en alternance, David a également dû batailler pour financer son école de commerce. "J'ai eu mon prêt à la dixième banque", en sourit-il. Avec leurs moyens, les deux étudiants aimeraient que les lycéens évitent de connaître les mêmes embûches. À terme, le duo veut que l’association devienne une "référence" dans leur établissement. "On doit s'institutionnaliser, estime Ali. On veut que les élèves viennent nous voir comme ils iraient au bureau du conseiller principal d'éducation."

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