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Reportage

Loi Travail saison 2 : "Le monde du travail est assez éprouvant comme ça"

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Des lycéens et étudiants sont venus grossir les rangs des cortèges contre la réforme du code du travail, mardi 12 septembre 2017. Rencontre avec certains d'entre eux dans la manifestation parisienne.

Loi travail : lycéens et étudiants dans la manifestation parisienne du 12 septembre

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  • Clément : "Je réclame le droit de parler politique au lycée"

    "Je manifeste contre les ordonnances ultralibérales d'Emmanuel Macron mais aussi pour certaines revendications lycéennes", clame Clément, 17 ans, en terminale au lycée autogéré de Paris. "Par exemple, je réclame le droit de parler politique au lycée et d'avoir des lieux de réunion pour parler politique." 

    Pour Alexandra, élève de première au lycée Racine (VIIIe arrondissement de Paris), "les ordonnances constituent la suite de la loi Travail votée en 2017... en pire".
    "C'est ma première vraie grande manif, se réjouit Maëlle, en première au lycée Jules-Ferry (IXe arrondissement de Paris), l'an dernier j'avais juste manifesté au moment de l'affaire Théo."

  • Julie : "Le monde du travail est assez éprouvant comme ça"

    Pour Julie (au centre), 27 ans, titulaire d'un M2 et hôtesse d'accueil en entreprise : "Le monde du travail est assez éprouvant comme ça pour ne pas en rajouter".

     Pour Margaux (à droite), 25 ans, "la manière de faire passer les réformes par ordonnances n'est pas démocratique". Pour Roméo, 23 ans, étudiant en géographie à Paris 8, "il est important de montrer qu'il y a une mobilisation forte des jeunes contre Macron".   

  • Martin : "Il serait lâche de notre part de ne pas descendre dans la rue"

    Pour Martin (à gauche), étudiant en L2 humanités à Paris Nanterre, "des gens sont morts pour défendre les droits contenus dans le code du travail. Il serait lâche de notre part de ne pas descendre dans la rue pour les défendre".

  • Georgi : "On n'arrive pas à mobiliser dans notre lycée alors je suis venu tout seul"

    Georgi, 17 ans, lycéen en arts plastiques dans le XIIIe arrondissement constate : "On n'arrive pas à mobiliser dans notre lycée alors je suis venu tout seul", explique ce jeune militant du parti communiste français (PCF). "Mais dans les prochaines manifs, il y aura davantage de jeunes", espère-t-il.

  • Lila : "Il y a une mobilisation contre la casse du droit du travail"

    Qui dit manif dit slogans et affiches. Classique : "Ordonnances Macron = précarisation". Revendicatif :  "Pénicaud touche pas à nos acquis sociaux". Ou ironique : "Les fainéants en marche contre la loi Travail". 

    "Il y a une mobilisation contre la casse du droit du travail, mais aussi contre ce que Macron représente, la façon dont il parle et le mépris de classe", dénonce Lila, 19 ans, étudiante en arts plastiques : "Emmanuel Macron est jeune mais n'est pas le président des jeunes".

  • Camille : "On est solidaires des jeunes manifestants français"

    "Nous sommes un collectif de jeunes belges organisés et combatifs (JOC). On est solidaires des jeunes manifestatants français", explique Camille, 26 ans, travailleuse sociale. 

    "En begique la loi Peters s'applique déjà. C'est l'équivalent de la réforme Macron : elle permet le retour aux 45 heures hebdomadaires de travail et augmente la flexibilité."    

Après les manifestations contre la loi Travail au printemps 2016, des lycéens et étudiants effectuent leur rentrée sociale mardi 12 septembre 2017. Ils se mobilisent cette fois contre les ordonnances réformant le code du Travail publiées à la fin de l'été et dénoncent une "loi XXL". Parmi les organisations de jeunesse appelant à manifester : le syndicat étudiant UNEF et le syndicat lycéen SGL.

Quelques blocus de lycées ont eu lieu en début de matinée. "Nous n'avons pas réussi à bloquer notre lycée ce matin", déplore Alexandra, en première L au lycée Racine. "La proviseure a appelé hier les policiers pour nous en empêcher", dénonce la jeune fille. "Si on ne bloque pas le lycée, les élèves ont peur de sécher les cours", ajoute Boris.

Pour certains, c'est la poursuite de la lutte, pour d'autres c'est au contraire la première grande manifestation : "L'an dernier je ne m'étais mobilisée qu'au moment de l'affaire Théo, c'est ma première vraie grande manif !", confie Maëlle, élève en première L au lycée Jules-Ferry de Paris.

En tout, entre 223.000 et 400.000 personnes ont manifesté en France ce 12 septembre.