1. Bac pro : zoom sur les campus des métiers et des qualifications
Décryptage

Bac pro : zoom sur les campus des métiers et des qualifications

Envoyer cet article à un ami
La ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, présente les nouveaux campus des métiers au lycée des métiers Le Garros, à Auch (32). // © Ministère de l'Éducation nationale
La ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, présente les nouveaux campus des métiers au lycée des métiers Le Garros, à Auch (32). // © Ministère de l'Éducation nationale

La liste des campus des métiers s’allonge. Vingt-six nouveaux projets ont été validés en février 2017 par le ministère de l'Éducation nationale, portant à 77 le nombre de campus. Leur objectif : favoriser l'insertion des élèves de la voie professionnelle sur le marché de l'emploi en mettant en liaison entreprises et établissements du secondaire et du supérieur.

Aéronautique, numérique et design, tourisme et restauration… Le nombre de campus des métiers et des qualifications se multiplie aux quatre coins de la France. Lancés en 2013, ces pôles sont présentés par le ministère de l'Éducation nationale comme une "filière d'excellence" destinée à valoriser l’enseignement professionnel.

Un campus des métiers, kezako ?

Chaque campus regroupe sur un même lieu ou met en réseau différents acteurs de la formation : des lycées professionnels, des CFA (centres de formation d'apprentis), des établissements d’enseignement supérieur comme des écoles d’ingénieurs, des entreprises ou encore des laboratoires de recherche. Cette mixité des offres de formation doit permettre aux jeunes d’adopter divers statuts tout au long de leur formation (scolaire, apprentissage, voire stagiaire de la formation professionnelle). 

À chacun de ces pôles correspond un secteur professionnel, ancré dans la région : l’aéronautique à Toulouse avec l'entreprise Airbus, l'industrie de la mer en Bretagne avec le port de Brest… En mettant en liaison les lycées et les entreprises, l'idée est de faciliter l’accès au stage ou de favoriser par exemple la réalisation de prototypes, en mettant à disposition des plateaux techniques.

Un label à décrocher

Un campus, c’est un peu comme une marque. Au niveau national, un logo permet d'identifier les pôles. Il est décliné en couleurs différentes selon la filière professionnelle qu'il représente. La création d'un campus des métiers suit également un processus précis. Le ministère de l’Éducation nationale lance un appel à projets auquel répondent les équipes qui veulent se lancer dans l’aventure. Elles doivent alors monter un dossier présentant leur projet et ses spécificités.  

Un groupe d’experts examine les demandes et délivre un label "campus des métiers" pour quatre ans. Parmi les critères de sélection : le partenariat avec les entreprises, la diversité de l’offre de formation, la vie du campus, son ouverture internationale…  

Vingt-six petits nouveaux

Le 9 février 2017, 26 nouveaux projets viennent ainsi d’obtenir le feu vert du ministère de l’Éducation nationale. Parmi les campus retenus : "Thermalisme, bien-être et pleine santé" en Auvergne-Rhône-Alpes, "Alimentation, goût, tourisme" en Bourgogne-Franche-Comté, ou encore "Métiers de la mer" en Normandie.

Au total, 77 campus des métiers et des qualifications ont reçu un label au cours des quatre premières vagues de sélection. Et leur nombre devrait encore augmenter. Le 13 février 2017, la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a lancé une cinquième vague d'appel à projets pour sélectionner de nouveaux établissements. Elle visera particulièrement à favoriser l’émergence de projets dans le secteur tertiaire, de l’efficacité énergétique ou encore des filières impactées par les enjeux du numérique.

Les campus, qu'est-ce que ça vaut ?

 

Difficile de savoir ce que valent réellement ces campus car leur création est récente. Aucune évaluation n'est connue pour l'instant. Reste que certains syndicats enseignants invitent à la prudence. Le Snetaa-Fo, majoritaire dans l’enseignement professionnel, regrette "un fourre-tout non attractif" qui "manque de lisibilité". Autre grief : le fait que pour regrouper sur un même lieu toutes les formations d’un secteur, on ferme des sections intéressantes dans certains lycées. Enfin, plusieurs syndicats s’interrogent sur les limites d’une forte mixité des publics et des parcours au sein de ces campus et notamment dans une même classe. Affaire à suivre.