1. Oraux du brevet et du bac : les conseils des champions de l'éloquence
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Oraux du brevet et du bac : les conseils des champions de l'éloquence

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Sofia, au moment de sa plaidoirie pour le concours du Mémorial de Caen. // © 2018_LeMémorialdeCaen_D.Commenchal
Sofia, au moment de sa plaidoirie pour le concours du Mémorial de Caen. // © 2018_LeMémorialdeCaen_D.Commenchal

Sofia et Martin ont tous deux remporté des concours d'éloquence en janvier et février 2018. Comment se préparer à un oral ? Comment gérer son stress ? Comment faire bonne figure devant un jury ? Ils vous donnent leurs conseils.

Le brevet et le bac, ce ne sont pas que des épreuves écrites. L'une des quatre épreuves du brevet est un oral, et, pour le bac, le français et les langues vivantes vous offrent aussi ce passage obligé. La tendance est même à développer ce type d'épreuves, puisqu'une des propositions les plus décisives de la réforme du baccalauréat, qui sera mise en œuvre en 2020–2021, prévoit la mise en place d'un grand oral de 30 minutes.

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"Il faut être conscient que vous allez avoir peur"

Pour la plupart d'entre vous, l'oral est un moment effrayant. Et c'est normal : "Le stress est naturel, inhérent au passage en public", assure Martin, étudiant en deuxième année à Sciences po Paris et vainqueur, le 1er février 2018, du Prix Mirabeau, un concours d'éloquence auquel participent des étudiants de dix IEP (instituts d'études politiques) de France. Il devait, pendant six minutes, déclamer une plaidoirie devant 600 personnes et un jury composé, notamment, de l'ancien Premier ministre Laurent Fabius. Martin l'avoue sans peine, il était "extrêmement stressé". "Mais, une fois sur scène, ça se déroule tout seul."

De son côté, Sofia, en terminale S au lycée français Lyautey de Casablanca (Maroc), a gagné, le 26 janvier 2018, le concours de plaidoiries des lycéens du Mémorial de Caen. Avant de faire son entrée devant un public de 3.000 personnes, le constat était le même que Martin : "J'étais en panique totale, je tremblais, j'avais peur d'oublier mon texte", se souvient-elle. Et, comme pour Martin, le stress s'est atténué petit à petit : "Le plus difficile, ce sont les premiers mots. Après, si on comprend ce qu'on dit, on est dedans et le stress s'estompe, même s'il est toujours là."

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Autrement dit, si vous ressentez une montée de stress avant de passer l'oral, ne paniquez pas pour autant. Mieux : utilisez-le ! "Quand on le prend de manière positive, le stress est stimulant", explique Martin. "Même si vous êtes mort de peur, faites semblant d'aller bien !, sourit Sofia. Il faut être conscient que vous allez avoir peur, mais c'est important de donner l'impression qu'on va bien s'en sortir même si on est hyper stressé !"

"Sourire et se tenir droit, c'est déjà 50 % du travail !"

Ainsi, au-delà de ce que vous allez raconter, la posture que vous adoptez lors d'un passage à l'oral a son importance et vous ne devez pas la négliger. "Il faut faire attention aux signaux que nous renvoyons, mêmes involontaires : les gestes, la posture, le visage, les tics (si on se gratte, on se touche les cheveux…), etc. Sourire et se tenir droit, c'est déjà 50 % du travail ! Et regarder ses interlocuteurs dans les yeux, être poli et avenant", estime Martin.

Martin, lors de sa plaidoirie au Prix Mirabeau 2018, concours d'éloquence annuel auquel participent des étudiants de tous les IEP de France. // © Déclics Sciences Po Lyon
Martin, lors de sa plaidoirie au Prix Mirabeau 2018, concours d'éloquence annuel auquel participent des étudiants de tous les IEP de France. // © Déclics Sciences Po Lyon

Maîtriser le fond

Si la manière dont vous parlez a son importance, ce que vous dites est bien entendu primordial. "L'éloquence, on pense toujours que c'est la forme, mais il est essentiel de maîtriser le fond. On ne travaille la forme que lorsque l'on connaît très bien le message que l'on veut faire passer", explique Martin. Selon lui, il a remporté le concours – avec deux de ses camarades de Sciences po Paris – grâce à la maîtrise qu'il avait du contenu de sa plaidoirie.

"Vous devez bien comprendre ce que vous dites, assène Sofia. Quand c'est du par cœur, apprendre son texte est la base. Mais il y a toujours des blancs, et pour pouvoir rebondir, il faut savoir de quoi on parle. Et, plus généralement, dans tous les oraux, bien maîtriser le sujet permet d'être plus à l'aise, donc il faut bien travailler en amont." "Nous maîtrisions le fond de notre propos, nous pouvions donc nous concentrer sur la forme, estime Martin. Nous lisions peu nos feuilles, ce qui est une bonne chose car la feuille constitue toujours une barrière avec les interlocuteurs."

Le théâtre, meilleur terrain d'entraînement

Comme pour tous les examens, l'une des clefs réside évidemment dans l'entraînement. Vous ne devez pas arriver à un oral sans vous être exercé. "Je conseille de s’entraîner devant ses parents, devant des amis, de multiplier les simulations, indique Martin. Avant notre passage, nous avions répété 10 à 15 fois chacun. La manière dont on écrit une idée n'est pas forcément la meilleure des manières de l'exprimer à l'oral. S'entraîner permet de voir ce qui ne passe pas très bien, en termes de diction par exemple, d'intonation. Vous pouvez aussi vous enregistrer : vous vous rendrez compte immédiatement si ce que vous dites est clair ou non."

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L'un des meilleurs moyens de progresser est donc… la pratique. En ce qui concerne l'oral, rien de mieux que le théâtre. Sofia et Martin en sont les preuves. "Il ne faut pas hésiter à en faire ! C'est certain que cela a joué pour moi, estime la gagnante du concours du Mémorial de Caen. S'habituer à un public, cela donne confiance en soi. Il faut parler devant des gens le plus souvent possible." "Le théâtre m'a appris des techniques de respiration notamment", complète Martin.

Être à l'aise à l'oral ne vous aidera pas uniquement lors du brevet ou du bac. "L'expression orale est un atout dans le monde professionnel, mais aussi dès les études supérieures. À Sciences po par exemple, les exposés oraux ont une grande importance", prévient Martin qui trouve que la perspective d'un grand oral au bac est "une bonne chose. À condition, prévient-il, "que les élèves soient bien entraînés".