1. Ma vie en lycée agricole : "Le bac STAV est l'idéal quand on aime la nature"
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Ma vie en lycée agricole : "Le bac STAV est l'idéal quand on aime la nature"

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Visite d'une exploitation agricole pour Lohan et ses camarades de 1re STAV // © erwin canard
Visite d'une exploitation agricole pour Lohan et ses camarades de 1re STAV // © erwin canard

Lohan veut absolument travailler dans la nature. En s'orientant en première technologique STAV, en lycée agricole, il estime avoir fait le bon choix : entre visites d'exploitations, cours à l'extérieur, enseignements d'écologie et leçons scientifiques, la filière lui offre les bases nécessaires pour son projet professionnel.

C'est la fin de la visite de l'exploitation et l'heure est à la dégustation. Lohan semble apprécier le fromage produit par l'éleveur de vaches laitières auquel sa classe rend visite, ce mardi 31 janvier après-midi. Lohan a trouvé, en première technologique STAV (sciences et technologies de l'agronomie et du vivant) au lycée Bel-Air de Belleville-sur-Saône (69), ce qu'il recherchait : "Les filières S, ES et L ne m'intéressaient pas, je voulais être dans la nature ! Et, quand on aime la nature, le STAV est l'idéal !"

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Au quotidien et lors des sorties telles que cette visite d'une exploitation agricole, le lien avec la nature est omniprésent pour Lohan et ses camarades. Le lycée est planté au milieu du Beaujolais et de ses vignes, dont quinze hectares appartiennent à l'établissement. Les élèves vont ainsi régulièrement à l'extérieur afin d'expérimenter ce qu'ils étudient en classe. "Nous sommes allés en forêt pour observer différents types d'arbres, dans les vignes pour étudier le sol et nous allons bientôt aller en rivière pour les notions de pH notamment", s'enthousiasme Lohan.

En STAV, beaucoup de sciences et d'écologie

Les rivières, Lohan connaît. Son stage de troisième, déjà, a été effectué chez un technicien de rivière. "J'ai toujours voulu travailler dans la nature, ce sont mes parents qui m'ont transmis cette passion !", raconte-t-il. Après la troisième, Lohan a donc cherché à suivre cette voie. "Mais, au collège, on ne nous parlait que des bacs généraux. Lorsque j'ai découvert l'existence du bac STAV, la principale m'a dit : "Tu as bonnes notes, va plutôt en S !" Mais je ne me sentais vraiment pas d'y aller."

Il a alors intégré la seconde EATDD (Écologie, agronomie, territoire, développement durable) du lycée Bel-Air. "Il y avait des cours d'agronomie, de biologie, ce qui permettait d'être plus près de ce que propose le STAV, explique le jeune homme de 16 ans. Le STAV reste assez général et me convient bien, comme je ne sais pas vraiment ce que je veux faire plus tard". En effet, contrairement aux bacs professionnels, plus spécialisés, les disciplines enseignées en STAV couvrent un spectre plus large et destinent à une poursuite d'études, principalement en BTS ou DUT. 


Ce mardi matin, après une heure d'anglais et avant l'histoire-géographie, Lohan a ainsi enchaîné avec un cours de biologie-écologie et une heure d'agronomie. Ce sont les deux disciplines les plus importantes en STAV, au regard des coefficients au bac. La première consiste en un cours de biologie classique, souvent teinté de notions autour du développement durable. En agronomie, il s'agit de comprendre les phénomènes naturels – ce jour, l'absorption des sels minéraux par les plantes – de manière plus concrète qu'en biologie, notamment en allant les étudier directement dans la nature.

Les cours d'agronomie ont également pour objectif d'enseigner aux élèves comment l'homme producteur, l'agriculteur, doit et peut respecter la nature. Nombre de cours sont ainsi proposés sous le prisme de l'écologie et du développement durable. "Certains disent que, STAV, c'est tranquille, mais ce n'est pas vrai ! explique Lohan. Il y a beaucoup de matières scientifiques et il faut travailler chez soi le soir."

"Les profs sont plus proches de nous et nous aident beaucoup"

Entre les cours de bio et d'agronomie, la récréation a permis à Lohan d'aller au foyer, dans lequel un bar propose café, thé, gâteaux. "Il est entièrement géré par les membres de l'association du lycée, explique Lohan. J'en suis adhérent et cela me permet de bénéficier de meilleurs tarifs pour des sorties organisées, au cinéma, au bowling, etc. La vie associative est très forte au lycée." Celle-ci est favorisée par la petite taille de l'établissement : seulement 170 élèves et 80 BTS. "Il y a un côté convivial, c'est très sympa, se réjouit Lohan. Comme on n'est pas nombreux, les profs sont aussi plus proches et nous aident beaucoup lorsque l'on a des problèmes, scolaires ou personnels." Ainsi, dans la classe de première STAV, ils sont seulement 16 élèves (9 garçons, 7 filles).

Les mardis après-midi, au cours desquels se déroulent donc parfois des visites d'exploitation, Lohan et sa classe ont "pluri", pour "pluridisciplinaire". Ce sont des cours proposés conjointement par deux enseignants de disciplines différentes, une des spécificités du bac STAV. "On voit mieux le rapport entre ce que l'on apprend, ça prend plus de sens", souligne Lohan. La visite d'exploitation de ce mardi est ainsi menée par les enseignants d'agronomie et d'économie.

Une visite, Lohan va en faire une plus longue encore. Courant février, lui et sa classe vont partir plusieurs jours en Camargue, visiter des exploitations et étudier les parcs naturels. Cela tombe bien puisque, si certains de ses camarades veulent faire de l'élevage canin, gérer une exploitation, travailler dans un zoo avec les oiseaux, voire produire du caviar, Lohan, lui, souhaite poursuivre en BTS agricole GPN (gestion et protection de la nature), pour "gérer des parcs naturels".

Le bac STAV en chiffres

- 5.300 élèves en 2016 (54 % de garçons, 46 % de filles)
- 10 matières : français ; agronomie ; biologie-écologie ; mathématiques-informatique ; deux langues vivantes ; EPS ; l'homme et le monde contemporain ; espaces, territoires et société ; le fait alimentaire ; gestion du vivant et des ressources ; matière et énergie dans les systèmes.
- 216 lycées agricoles publics