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Décryptage

Réforme du bac et du lycée : comment faire entendre votre voix ?

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Collégiens, lycéens, vous pouvez donner votre avis sur les réformes à venir. // © plainpicture/ballyscanlon
Collégiens, lycéens, vous pouvez donner votre avis sur les réformes à venir. // © plainpicture/ballyscanlon

Le ministère de l'Éducation nationale planche sur une réforme du lycée et du bac. Comment vous, lycéens, pouvez-vous faire passer vos messages, vos envies, vos idées ? L'Etudiant fait le tour des possibilités.

En mai 2017, l'Etudiant vous avait demandé, au travers d'un sondage, quel bac idéal vous souhaiteriez. Résultat : vous voudriez davantage de contrôle continu, plus de poids pour les mentions, la possibilité de choisir les matières que vous passeriez à l'examen

Six mois plus tard, le gouvernement lance une mission sur le lycée et le baccalauréat. Objectif : un nouveau bac pour 2021 et un nouveau lycée dès la rentrée 2018, en commençant par la classe de seconde. La classe de première devrait évoluer à la rentrée 2019 et celle de terminale à la rentrée 2020.

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Dès lors, comment et où pouvez-vous faire passer vos idées et vos envies ? Si ce n'est pas chose facile ni accessible à tous, il existe toutefois plusieurs possibilités.

Au ministère de l'Éducation nationale

C'est le lieu où l'avenir du lycée et du bac va se décider. Le ministre, Jean-Michel Blanquer, a chargé Pierre Mathiot, un universitaire, de mener cette mission de la réforme. Celui-ci va procéder à plus de 60 auditions d'acteurs de l'éducation : enseignants, chefs d'établissement, parents d'élèves, chercheurs… et bien sûr élèves.

Ainsi, les organisations lycéennes seront-elles consultées. "Nous serons reçus d'ici le 13 décembre", explique Ugo Thomas, président du SGL (syndicat général des lycéens), l'organisation majoritaire chez les lycéens.

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D'autres organisations seront également conviées, comme l'UNL et la FIDL. "Les organisations syndicales sont faites pour représenter les lycéens et porter leur voix, explique Valentin Heitzler, président de la FIDL. Il y a une réflexion de fond avant chaque concertation au sein de ces organisations."

Il n'est pour l'heure, en revanche, pas prévu que le ministère lance une consultation destinée à tous les lycéens de France. Ugo Thomas précise toutefois que le SGL portera au Conseil supérieur de l'éducation (l'organe consultatif regroupant les acteurs de l'éducation) la demande d'une consultation qui soit la plus large possible.

Dans les instances de démocratie lycéenne

Le conseil de la vie lycéenne (CVL), le conseil académique de la vie lycéenne (CAVL) et le conseil supérieur de l'éducation (CSE) sont autant d'instances où votre voix peut être portée. Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN-UNSA, le principal syndicat des chefs d'établissement, assure d'ailleurs que les proviseurs comptent "utiliser les CVL" pour évoquer les réformes à venir. Cependant, là aussi, vous devrez vous en remettre à des représentants élus.

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En outre, "ces instances ne sont pas forcément entendues, déplore Valentin Heitzler. Par exemple, le CSE a voté contre le "Plan étudiants" du gouvernement, mais celui-ci peut être adopté tout de même." "Dans ce cas-là, pour nous faire entendre, il reste la rue", poursuit le président de la FIDL.

Son organisation, ainsi que le SGL et d'autres organisations jeunesse, appellent ainsi à manifester le jeudi 16 novembre contre, notamment, la réforme de l'entrée à l'université. Le SGL prévoit également d'organiser des "états généraux du lycée" en janvier ou février 2018 auxquels, indique Ugo Thomas, "des lycéens de toute la France pourraient participer".

En classe

La classe n'est pas un lieu fermé à tout débat, au contraire. Vous pouvez, si vous le souhaitez, demander à parler, à débattre de la réforme du lycée et du bac en classe avec vos enseignants. Claire Guéville, secrétaire nationale du SNES, le syndicat majoritaire chez les enseignants, précise toutefois que, "en classe, il ne s'agit pas de mélanger pédagogie et politique éducative". Autrement dit, les enseignants n'ont pas à prendre parti dans le débat, mais ils peuvent en organiser un.

Par ailleurs, Jean-Rémi Girard, vice-secrétaire général du SNALC, un autre syndicat enseignant, explique qu'ils s'apprêtent à lancer un questionnaire aux enseignants adhérents au sujet des futurs lycée et bac. "Ils pourront faire remonter les idées d'élèves", précise-t-il. Claire Guéville souligne également que le SNES a l'intention de "stimuler le débat dans les établissements". Et d'ajouter : "S'ils veulent vraiment participer, c'est aux élèves de prendre eux-mêmes leur responsabilité."

Un point de vue que partage Valentin Heitzler : "Dans les établissements, les lycéens peuvent toujours, même si c'est un peu vieille école, organiser des assemblées générales pour que chacun puisse donner son point de vue." Si vous souhaitez donc participer au débat sur la réforme du lycée et du bac, c'est à vous de jouer.