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Reportage

Loi Travail saison 2 : à Paris, la mayonnaise lycéenne ne prend pas

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Une poignée d'élèves tentent de bloquer le lycée Fénelon contre la réforme du Code du travail. // © Laura Taillandier
Une poignée d'élèves tentent de bloquer le lycée Fénelon contre la réforme du Code du travail. // © Laura Taillandier

À Paris, seul le lycée Fénelon a répondu au mouvement lancé par les organisations de jeunesse contre la réforme du Code du travail. Et les quelques élèves qui bloquent l'établissement mêlent souvent la baisse de l'APL et les couacs d'APB au sujet.

Yanis*, en 1re ES, remue des poubelles vertes devant le lycée Fénelon à Paris, jeudi 21 septembre 2017. Il aide d’autres élèves à bloquer l’accès à son établissement en cette journée de mobilisation contre la réforme du Code du travail. "La réforme de quoi ? Aucun intérêt !, tranche-t-il en haussant les épaules. Dans cinq minutes, je rentre chez moi. Je suis juste content de ne pas avoir cours. Comme la plupart des lycéens…", lâche en s’éloignant le jeune homme, sac à dos sur les épaules, en tenue de sport noire.

Des lycéens de Fénelon ont empilé les poubelles du quartier pour bloquer l'entrée de l'établissement. // © Laura Taillandier
Des lycéens de Fénelon ont empilé les poubelles du quartier pour bloquer l'entrée de l'établissement. // © Laura Taillandier

"Je crois", "J’ai crû comprendre"

Alphonse*, perché sur une poubelle, n’est pas plus informé sur le mouvement. L'élève est seulement satisfait de participer à ses premières mobilisations lycéennes. "Tout le monde est ensemble. En bloquant, on permet à ceux qui souhaiteraient aller manifester de ne pas être comptabilisés comme absents", expose-t-il. "C’est pour montrer qu’on est là ! Même si je ne suis pas très au courant", reconnaît sa voisine, Rozenn, en seconde.

Blocage du lycée Fénelon à Paris, jeudi 21 septembre 2017 // © Laura Taillandier
Blocage du lycée Fénelon à Paris, jeudi 21 septembre 2017 // © Laura Taillandier

"Je crois que le gouvernement veut réduire les aides au logement, hésite-t-elle. "J’ai crû comprendre qu’ils voulaient arrêter les CDI (contrats à durée indéterminée) et mettre des CDD (contrats à durée déterminée) à la place…", hasarde Raphaël, vêtu d’un long imperméable, tract du NPA (Nouveau parti anticapitaliste) en main.

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Code du travail, APL et … APB !

Il faut passer la barrière des bennes à ordures et se rapprocher de l’entrée pour trouver deux lycéennes qui se sentent plus concernées. Café à la main, Béatrice et Margaux font barrage. "Nous sommes ici pour le soutien. Il est temps qu’on soit un peu unis", revendique la première. "Même si, quand nous serons sur le marché du travail, la loi aura sûrement changé, nous avons tous dans notre famille quelqu’un qui va être touché", explique la seconde.

Margaux et Béatrice organisent le blocage du Lycée Fénelon contre la réforme du Code du travail. // © Laura Taillandier
Margaux et Béatrice organisent le blocage du Lycée Fénelon contre la réforme du Code du travail. // © Laura Taillandier

"La baisse de l'APL, c’est un gros problème pour nous qui allons être étudiants l’année prochaine. On ne sait pas comment cela va se passer surtout pour les familles qui se serrent la ceinture", souligne Margaux. "Il y aussi APB (Admission-postbac). Les terminales sont stressés car ils ne savent pas où ils seront l’année prochaine." Margaux insiste : "Les lycéens ne sont pas des "branleurs". On a des idées politiques qui sont différentes de celles de nos parents."

Les lycéennes laissent passer les élèves de prépa qui voudraient aller en cours. D’ailleurs, Raphaël et Rozenn comptent bien se rendre en cours de physique-chimie, cet après-midi, dans un autre bâtiment de l’établissement. "Il n’y a pas assez de monde. Le blocus ne tiendra pas cet après-midi", prédit leur camarade Fanny. Hormis ce "barrage filtrant", le rectorat n’a recensé aucun autre blocage dans les lycées parisiens.

* Les prénoms ont été changés à la demande des lycéens.