1. Lycée : plus vous retrouvez d'amis du collège en seconde, plus vous réussissez
Décryptage

Lycée : plus vous retrouvez d'amis du collège en seconde, plus vous réussissez

Envoyer cet article à un ami
Retrouver ses camarades de collège aide à gérer la transition avec le lycée. // © Phovoir
Retrouver ses camarades de collège aide à gérer la transition avec le lycée. // © Phovoir

Les anciens camarades de classe : un facteur de réussite au lycée ! Une récente étude montre que retrouver en seconde des élèves de sa troisième booste la scolarité.

L’entrée au lycée est pour certains d’entre vous un moment difficile. Le niveau scolaire est plus élevé et l’environnement est très différent du collège. Tout y est plus grand : l’établissement, le nombre d'élèves – qui viennent de plusieurs collèges –, les classes… C’est d’ailleurs en seconde générale et technologique qu’il y a le plus de redoublements au cours de l’enseignement secondaire.

Lire aussi : lycée, réussir votre rentrée en seconde

Dans une étude de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance), organisme rattaché au ministère de l’Éducation nationale, parue en septembre 2016, deux chercheurs ont démontré qu’un facteur plutôt inattendu permet de mieux réussir sa seconde : se retrouver dans la même classe que ses camarades de troisième au collège. Malheureusement, le phénomène est rare... En seconde, vous retrouvez seulement 1,7 élèves de votre classe de troisième en moyenne. Rien à voir avec le collège, où huit camarades de classe vous accompagnent d’une année sur l’autre. Soit près de quatre fois plus !

Effet renforcé chez les élèves en difficulté

Les chercheurs ont comparé le parcours scolaire d’élèves de seconde d'un même lycée et aux caractéristiques similaires (même établissement d’origine, même classe, moyennes générales proches, moyennes scientifiques et littéraires proches, même sexe, âge et origine sociale…). Mais certains retrouvaient dans leur classe des camarades de troisième, d’autres non. Entre 2004 et 2011, l'étude a concerné plus de 13.000 paires d’élèves.

La seconde est la classe où vous retrouvez le moins d'anciens camarades de classe


Résultat : plus vous êtes, en seconde, avec des camarades de classe de troisième, moins vous avez de risques de redoubler et plus vous avez de chances d’accéder à la première générale.

L’effet est plus fort encore pour les élèves en difficulté et pour les élèves de classes populaires. Pour ces derniers, l’étude indique que "chaque camarade conservé réduit la probabilité de redoubler de 1,5 point". Un élève de classes populaires qui retrouve donc trois camarades de troisième dans sa seconde aura 4,5 % de risque de moins de redoubler. Selon les chercheurs, cette différence peut s’expliquer notamment par le fait que, pour ces élèves, "la population en lycée est en moyenne beaucoup plus d’origine aisée qu’au collège. On comprend alors que ces élèves puissent ne pas se sentir "à leur place" et que la présence de visages familiers compte d’autant plus pour eux".

Lire aussi : Comment se faire un max de potes en un minimum de temps

Trop de camarades peut nuire aussi

Cet effet de "familiarité" vaut uniquement pour les élèves qui appartenaient à la même classe de troisième. Ainsi, si vous retrouvez un élève de votre collège mais que celui-ci n'était pas dans la même troisième que vous, l'effet est nul. En outre, l’effet est le même que les camarades retrouvés soient de même sexe ou non.

Les chercheurs concluent leur étude en incitant les chefs d’établissement à prendre en compte ce critère dans la composition des classes. Mais attention : selon eux, il ne faut pas qu’il y ait trop de camarades de troisième dans une même classe de seconde. Cela pourrait créer des groupes au sein de la classe et "menacer la cohésion" de celle-ci.

Comment votre classe est-elle constituée ?

Le jour de la rentrée, vous découvrez votre classe. Comment se fait-il que vous soyez intégré à ce groupe ? Durant l’été, après les inscriptions des élèves, le chef d’établissement compose les classes. Il prend en compte plusieurs paramètres : l’équilibre entre filles et garçons, le niveau scolaire, des contraintes liées à l’emploi du temps, aux disponibilités des salles, etc.
L’exercice est complexe, d’autant que les chefs d’établissement ne connaissent pas tous les élèves. A fortiori en seconde. Toutefois, ils ont à disposition les dossiers d’inscription, avec l’établissement et la classe d’origine, les moyennes annuelles par matière, l’âge, le sexe, l’origine sociale...